SCÈNE I
Les Mêves, HUBERT LE CERTIER
Le Certier, quarante-cinq ans, de l'allure.
LE CERTIER, se cachant la figure dans
son ehapeuu. — Oh! pardon! je ne savais pas, jé n'ai rien vu, je repasseral.
BLANCHE. — Mais, entrez donc notre oncle.
LE CERTIER. "Non, non, Je vous dérangé.
BLANoumE. — Notre onele, vous ne nous dérangez jamais!
LE CERTIER., — C’est que je m'ai tout
l'air d Fa hr 0 un fiüirt:
BLANCHE. Oh! de vieux martés comme nous... | MAURICE. — De vieux mariés. de vieux
mariés. Si Hubert était pas arrivé fort mal à propos.
LE CERTIER. — Je peux m'en aller.
BLANCHE. — Ïl serait trop attrapé!
LE CERTIER. — Alors, Ia sage Blanche se livre entre chien et loup à ces petrts jeux conjugaux !
BLANCHE, -— Bien rarement, notre oncle, bien rarement !
MAURICE, vivement à Le Certier. — D'où sors-tu, toi?
LÉ CERTIER. — Mais de mon petit pavil-
lon, de mon logement. MAURICE. — ÀÂh! tu n’es pas un invité encombrant, on ne te voit jamais!
BLANCHE. — Vous savez qu’en septembre, 11 y fera très froid, dans le petit pavillon!
MAURICE. — Ïl n’y à pas de cheminée.
BLANCHE. -— Venez habiter le château, je vous donnerai la grande chambre de la rotonde.
MAURICE. — Viens donc, tu seras tout aussi isolé.
LE CERTIER. — Mes chers amis, si vous avez pour moi ça d'affection, il faut me
laisser dans votre pavillon où je vis si heu-
eux.
MAURICE. — Elles te tiennent à cœur, tes petites habitudes, hein, vieux maniaque?
LE CERTIBR. —— Parfaitement; et puis làbas, mon valet de chambre habite au-dessus
de chez moi, je n’ai qu’à frapper au plafond
avec ma canne pour le faire descendre, j’adore ça.
MAURICE. — Encore un ani doit avoir la
vie gaie, ce valet de chambre!
BLANCHE, — st-il vrai que vous Jui donhez vos ordres par signes ?
MAURICE. — Oui; il Lee que té ne lui as pas ndrossé Ja paro!c depuis douze ans.
LE CERTIER. — Il exagère.
reste du temps?
LE CERTIER. — Le reste-du temps, je rêvasse; je fais de l'hygiène, je lis, écris.
tenez, je viens d’écrire longuément. à mes ‘neveux...
MAURICE. — Tous les hommes sont es neveux.
BLANCHE. — Puisque vous êtes notre oncle à tous.
LE CERTIER. -— Eh bien, non frère, si vous préférez.
MAURICE
en es content ?- LE CERTIBR.
aux fils de feu
le plus
Assez content:
jeune s'est fait refuser à Saint-Cyr, mais l'aîné à été reçu au cercle.
MAURICE. — Tu ne peux rien dire.
LE CERTIER. — À propos, je Jui cherche un
conseil pers à l’aïné: j'ai pensé-à toi.
MAURICE. — Tu es vraiment bien gentil.
pe