‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 47 sur 89 · DT NE RS · texte numérisé non relu

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MAURICE. — Dont trop loin.

Jougou. — Et la belle Mme de Nalin ?

MAURICE. Voyons, Joujou, elie m'est sacrée, c’est 14 maîtresse de tons mes amis.

Non, non, croyez-moi, atücune occasion de polissonner, et, du reste, je n’y, songe guère... Je me range depuis quelque temps, je me range énormément. C'est l’âge qui veut cela.

JouJou. — Dieu! que vous m’amusez, Maurice! vous êtes menteur comme un autre serait chauve.

MAURICE. — Je n’ai jamais été plus véridique; j'approche de la quarantaine, ma chère amie, et, du reste, je n’en éprouve pas trop de mélancolie : tenez, tantôt, en me regardant dans cette œlace, je me suis aperçu que j’engraissais….

JouJou. — Vous, ve du tout!

MAURICE. — $S1, Si, Ma figure engraisse...

très peu, mais, AS l'engraisge Sur le premier moment, la chose m'a taquiné, et puis, à la réflexion, j'en ai été ravi. Je me suis dit : « À la bonne heure! enfin! Tu vas cesser d’être un grand gamin ridicule, dans un an, tu auras du ventre, comme tout le monde, tu éviteras l’adultère par peur de te fatiguer et tu trouveras savoureux de prendre tes repas à la maison et de passer tes soirées avec ta femme. »

JouJou. — Voilà qui ferait l'affaire de ma pauvre Blanche!

MAURICE. — Bien sûr, mais je vais tra-

verser tout d’abord une période de dangereux regards en arrière; ce n'est, fichtre pas le moment pour la directrice de conscience de m’abandonner à mes propres ressources! Si vous allez vous promener en Normandie, je ne réponds plus. de moi; oh, je deviendraïi obèse tout de même, mais je demeurerai noceur. Pour servir à des fins utiles votre gentille affection tutélaire ne:

doit pas s'éloigner de quelque temps.

JOUJOU. — Farceur, farceur! C’est presque mal d’être aussi peu sincère que vous!

MAURICE. — Enfin, Joujou, vous savez très bien que vous êtes ma meilleure camarade, ma confidente, je ne vous laisse rien ignorer de ma vie.

JOUJOU. — A la campagne.

MAURICE. — Et pas à Paris?

TOUJOU. — Oui, les jours de pluie et parce que j'habite Pentresol.

MAURICE. — Vous êtes d’une injustice!

Je vous raconte mes petites histoires parce qu’elles vous amusent énormément, (Un temps.) N’est-ce pas qu'elles vous amusent?

JouJou. — Oui.

MAURICE. — Parbleu! Et je vous les raconte aussi parce que vous ne me répétez pas du matin au soir, cette phrase sacramentelle: « Quel abject personnage vous êtes .de tromper Blanche qui est charmante et qui vous adore! »

JOUJOU. — À quoi cela servirait-il mom Dieu ?

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