‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 60 sur 89 · RSR AUS LD" E. LA SCA AC ARR · texte numérisé non relu

RSR AUS LD" E. LA SCA AC ARR

tresse, mon cher;

roles-ià ;

Jousou. — Enfin, vous avez des raisons...

LE CERTIER. — Oui, j'ai des raisons. des raisons à côté... D'abord, jusqu’à quarantetrois ou quarante-quatre ans, il est décent pour un célibataire d'entretenir un petit collage... C’est bien vu, ça permet aux gens de dire : « Le Certier, il a une maiil ne s’en cache pas, une petite femme très chic, du reste. » Jai fait ce sacrifice aux convenances, et puis... et puis...

JouJou. — Et puis?

LE CERTIER, résolument.

chose; voyez-vous, ma petite Joujou, je n’ai jamais eu, moi, ce qu'on peut appeler de grands succès auprès des femmes, je n’en ai même pas eu de petits,snon, je ne crois pas. je ne me rappelle pas qu’une femme ait Jamais été amoureuse de moi...

JOUJOU. — Allons donc, toutes les femmes vous adorent!

LE CERTIER. — Oui, oui, justement, elles m’adorent, elles m'ont toujours adoré, ça été mon malheur... Je n’avais pas trente ans que déjà leur adoration m'avait baptisé :

« notre oncle », et, n’est-ce pas, lorsque les femmes appellent un monsieur « notre oncle », c'est qu’elles n’ont pas très envie de faire l’amour avec lui.

JouJou. — Voulez-vous bien vous taire !...

D'abord, je ne suis pas du tout de votre opinion, un homme qui inspire de la sympathie

=. IL y: a autre

réussit à tout ce qu’il veut.

LE CERTIER. — Quelle erreur, ma paurie Joujou! Tenez, Maurice et moi, nous avons toujours été des inséparables, en dépit de més cinq ou six ans d’aînesse; eh bien, chaque fois que sur notre chemin s’est rencontrée une femme désirable et que je désirais, par conséquent, il ne se passait pas quarante-huit heures sans qu’elle se prît pour moi d’une sympathie... mais d’une sympathie !.… « Notre oncle par-ci, notre oncle par-là.….

Notre oncle, vous êtes tout bonnement en train de devenir mon meilleur ami! Par exemple, je n’en dirai pas autant de votre camarade Maurice! avec ses airs de se ficher du monde, il ne me revient pas du tout! »

Je savais trop ce que me réservalent ces pa-: quelques semaines plus tard, j’entendais : « Notre oncle, je vous aime tant que je vais vous faire un aveu; vous savez, votre ami Maurice, eh bien, il me semble que je commence à en être un peu amou-

reuse... oh, un tout petit peu! » Et c’est.

comme ça que, l’une après l’autre, elles m'ont passé sous le nez... A la fin, j'ai fini

par m'y faire... ou presque.

Jougou. — Ce Maurice, il est donc si terrible ?

LE CERTIER, avec Jérouragement. — Ah!

vous ne vous imagl.ez pas!

Un temps.

JOUJOU. — Pauvre notre encle!.. Je ne vois pour vous qu’un moyen de salut, dans

MATE A PRE) Où Le AT T RS De NE dE, i Fu} Vo CR Et AUS

ces. occasions-là, vous deviiez ‘vous faire guider, demander des conseils... oui, femme, à une amie...

LE .CHRTEÈR.. — Je n’en ai pas.

JOUJOU, — Voilà un mot qui n° est guère gentil.

LE CERDIER, troublé.

ne m’avez:pas Con pris...

= Non, non, vous Je ne voulais pas

dire ça: Vous, c’est... Vous, ce n’est pas la même chose.

JOUJOU. Oui, sans doute, je manque

ungjeu d'expérience pour les affaires galanteë, du reste Je ne: me proposais point...

Mais jy pense, il doit'y avoir une raison pour que vous me confessiez comme ça toutes vos petites misères. [Est-ce que, par hasard, vous seriez amoureux en ce moment?

LE CERTIER. — Moi? En voilà une idée!

Vous ne. voudriez pas... J'ai assez r1!:Mor,

amoureux! Ah, là, là, quand on m'y reprendra!

JouJou. - Hubert:!

LE CERTIER. — Joujou!

JOUJOU. — ea en. face.

LE CERTIER. -—— Mais..

JOUJOU. — Regardez-1 moi en face! Etes-

vous amoureux en ce moment? (Un. temps.) Vous ne dites rien; qui ne dit mot...

LE CERTIER. —— Amoureux... amoureux...

(A | 1 L d + dr, Comment l'entendez-vous:

JOUIOU. — Comme vous. {Une pause.) Du

reste, Je suis fixée, vous êtes amoureux.

Pourquoi ne me l’avez-vous pas avoué tout

de suite? Il y a longtemps que... que ça vous à pris, dites ? KR LE CERTIER. — Assez longtemps... (Un

temps.) longtemps... (Un temps.) très long-

temps.

JouJor. — Une femme du monde, naturellement. AS

LE CERTIER, — Oh! oùi, une femme du monde. :

“JOUJou. ——-Je la connais ?

LR CHRTIER. — Je crois..…..Oui, où, Vous lx connaissez! vous la connaissez beaucoup.

JouJou: -— Beaucoup! Elle est mariée ?

LE CERTIER. — Elle a été mariée.

JOuJou. «— Ah! veuve ou divorcée ?

LE CERTIER. — Oui, c’est ça, veuve ou divorcée

JOUJO". Voyons, notre oncle, répoudez-moi; si vous vous troublez à ce point,

rien qu’en parlant d'elle. Est-ce une divorcée ? LE CERTIER. — Non.

JouJou. — Une veuve, et je la connais

beaucoup. C’est que je n’en connais pas des

masses de veuves... qui cela peut-il bien être? Oh! je ne vous le demande pas, je ais trouver... (Elie s’absorbe.) Maïs pi suis! parbleu, J'aurais dû comprendre immédiatement! Eh bien, notre oncle, vous ne vous ennuyez pas | J'ai deviné, vous savez | Faut-il que je la nomme?

LE CERTIER. — Non, ne la nommez pas; je voüs en supplie, ma chère Joujou, ne la nommez pas.

fai Los

A nu es :

‘à une m'y autorisez.

“cent lieues,

type! (Un temps.) Oh! une idée. La veuve

> & à LA ae - Sd t: = mis ec

de

JOUJOU. — oh! je ne cle forai que si vous Æ +. 2

LR CERTIER. nn bien, be iae FRA Jougou: :— C’est Me Vernot. AR | LE. CÉRTIER, désappointé. —— Mme Ver-, not! Mais jamais de la vie! Pourquoi vou-.

lez-vous que Jaime Mr° Vernot ? | JOUJOU. — Parce qu’elle est a ë “1e corrige. — S'il fallait que j'aime toutes les femmes qui sont charmantes! ss Jousou. — Ce. n’est pas : Me Vernot Pin vous m'étonnez bien! Ce serait ns Medef:

Pelletret ?

LE CERTIER. — Tncoré moins, vous êtes à je la trouve affreuse, Mne dé, Pelletret. | PARTS x Pè JouJou: — Elle a de très beaux yeux!" LE CERTIER. — Non, n’insistez pas, même:

pour vous faire plaisir, je ne peux pas. EN JOUJOU. —: Alors, vraiment, je ne: vois | pas. Une veuve, une veuve... nous n’en con< naïissons pas d’autres. Dieu que ça m’agace ! Si au moins Je savais la -couleur.de ses “che veux.

LE CRREIRR. — Tenez, ma æetite Joujou,

ne vous ecassez pas la ‘tête davantage, je

vais vous dire là. vérité : tout à: l’heure, pour vous intriguer, Je vous ai avoué une chose qui n'existait pas; c’est une blague, je ne suis amoureux de personne, pas ee as d’une veuve que: d’une jeune fille, ou aie d’une négresse. Je vous assure...

JOUJOU. — Taratata! ça ne prend pas, mon bon ami, ce que vous m'avez raconté est la stricte vérité et Je veux trouver, je :. veux trouver! Ah! ahf Oh non, ce serait © trop drôlei NN Nos

LE ‘CRRTIER, troublé. — Drôle... mais pourquoi? de qui voulez-vous parler? A

JousOU. — De la petite Ivorin.

LE CÉRTIER, furieux. — La petite Ivorin, à présent, la petite Ivorin qui a de fausses dents! Ma chère amie, si vous voulez vous payer ma tête, rien n est plus facile, seulement vous me Hs

“Il prend son chapea.

JOUJOU. — Mais, notre. oncle... HSE LE CERTIER. — Ah, j'ai eu bien tort de me RATS laisser aller à des confidences.

JouJou. — Vous êtes fâché?

LE CERTIER. — Je ne suis pas fâché du tout, mais il y a certaines plaisanterie.

I] se dirige vers la porte.

JouJou. — Enfin, notre oncle, je vous as. sure... Voyons, ne partez pas comme ça.

LE CERTIER. — Excusez-moi, j'ai à faire, je reviendrai vous REGRETS pour. aber à da gare. ; a Ter

| Exit. SES

JouJou, appelant. — Née. Gnclel Quel

qu’il aime

depuis longtemps,

ser ait-ce.

na} EAN ATEN das NS ARE RAM S De RES DATA Sr RE: At ALL ARRET DROLE ETS vu PR Le CR AIT PART GED EL D one QT 8 RER ET RAR ee ‘à . :

; " ee à * “ j Joujou 8; LUCE se dus M EIRE PRES è > ae : | Ê » Kerait-ce moif Impossible! Et ‘pourtant... tience et lPémoi d’un gamin, et si vous sa- 4 a: ' x

=. mon, impossible! Notre oncle, moil Non, non, non! (Regardant l’heure:) Neuf heures vingt. (Dépliant un: petit morceau de papier … quelle tenait dans sa main et parcourant … Les lignes qui y sont. inscrites.) « Si vous êtes seule à neuf heures et demie... » ÆEn- + core dix minutes à attendre. (Promenade.

Fmpatience.) Ah-ce Maurice ! Qu'est-ce qu'il

D" peutubien avoir :à me dire? (Méme jeu.

| Brusque décision. Elle va vers :le piano.) + Tant pis, je vais le faire descendre tout de … suite! D'abord, je retarde et puis, je suis

… seule à présent et tout à l'heure on ne:sait * + pas. (Elle s'est installée :au piano. Après deux où trois arpèges préparatoires, chante en s’accompagnant :) : Tu n'es pas beau, tu n’es pas riche Tu manques tout à fait d'esprit les gestes sont ceux d’un godiche D'un saltimbanque dont on rit.

à " A; | Un regard au plafond et crescendo.

TS Le talent c'est une autre affairé, FR Tu n'en as guère de talent .. De ce qu'on doit avoir pour plaire + . Tu n'as presque rien et pourtant...

Elle s'arrête et écoute.

. (Parlé) Je me demande s’il entend...

Elle reprend fortissimo.

ECS “Et pourtant?

-Je t'adore, brigand, j’ai honte à l’avouer Je t’adore et ne puis, vivre sans t’adorer!

Frs, Je ne haïs pas la bonne chère...

. : On dinait chez ce vice-roi.

Tandis que toi, toi pauvre hère,

Je mourais de faim avec toi!

J'en avais chez lui de la joie

J'en pouvais prendre tant et tant; J'avais du velours, de la:soie,

“De For, des bijoux, et pourtant...

“1 DRQNEESS .... “Æt:pourtant?...

" Je t'adore, brigand, j'ai.

ter

Page 1