VALLE
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mandez rien, même pas un baiser; il ne . faut pas m'en garder rancune, Maurice, . c’est histoire de m’épargner une humilia- | = kion et quelques remords de plus; vous pou- vez appeler cela de l'hypocrisie ou bien...
. maurice. — Ce n'est pas de l’hypocrisie, » v’est de la superstition.
gousou. -— Ou bien de la superstition, ou
le dernier préjugé d’une petite bourgeoise... mais ne m'accusez pas d’avoir été coquette.
. Je n’ai niême pas montré cette coquetterie élémentaire, cette pudeur de vous faire
. prêter serment que demain vous me respec- beriez, — le parjure devant avoir lieu à qua- tre heures et demie... J’ai trouvé que ces
traditions galantes étaient piètres, indignes de ce que j'éprouve et puis surtout... c’est la première fois, je n'ai pas l’habitude.. je ne sais pas, et je me prends à le regretter... Un instinct obscur m'’avertit qu'il ne faut
pas être trop loyale avec les hommes et que vous aussi, Maurice, vous avez vos préjugés.
maurice. — Que vous me connaissez mal, Joujou! Oui, sur cent femmes, quatre-vingtdix-neuf eussent gâté la-beile attente que voici par une de ces manœuvres frelatées.
Comme je préfère la franchise de votre geste,
. et quelle volupté unique elle présage! Vous en rendez-vous compte, au moins?
main, nous qui étions aéjà riches, ‘élégants,
de taupe
__ fneurercwe ic', dans cette maison, ae me de
Re. % MAURICE. — QUE vous ME
De-.
FA
jalousés, heureux, nous serons les deux être les plus heureux du monde; demain, à la barbe des bons père de famille et des mé.
chantes grosses dames, secrètement, super:
bement, nous nous appartiendrons, au cœur de Paris! Tout autour de nous, battant comme un océan les murs de notre cachette, ce sera le turn ulte de la cité et le trafic, et les passants, et tous les idiots qui nous connaissent et qui mourraient d’apoplexie s'ils se doutaient qu’à dix mètres d’eux, nou nous aimons à cœur joie... Voilà de l’émo tion, voilà de la fierté! que pensez-vous «le cela ?
JouJou. — Je suis heureuse, Maurice, que vous soyez heureux.
GONNA'SSEZ MAL, JOUJOU !
MAURICE. —— Et vous-même, Joujou ?
gougou. — Moi, j'ai peur.
MAURICE: —— Peur?
souJou. — Il faudra que demain vous
soyez très bon... Non, ce n’est pas bon que je voulais dire... très indulgent.…
MAURICE. — Mais, Joujou..….
gousou. —— Rappelez-vous combien lheure sera grave pour moi; de l'impression que
vous laissera cette journée, de 1’impression
que je vous laisserai, dépend tout mon bonheur à venir.
MAURICE. — Voyons, Joujou!
JouJou. — C’est ainsi, pourtant, et Je sens cruellement mon inexpérience; ces mi-
De :
oces-là doivent être désar antageuses pour une petite bourgeoise... |
MAURICE. — Vous me taquinez.
. Jousou. — Depuis que je me suis mise À vous aimer, Maurice, j'ai ressenti en votre
présence un trouble, une timidité que je ñe m'expliquais pas; je me l'explique à pré- “sent...
MAURICE. — Oh! Joujou, ici je vous arrête; de la timidité, vous, vous qui vous moquez de moi du matin au soir!
gourou. — Ce n’est pas la même chose, je vous assure... Dans les derniers temps, vous m'intimidiez beaucoup... oui, quand vous me parliez de vos aventures, de vos femmies, de votre passé. Hnfin, vous comprenez, vous m'intimidiez... Vous m’intimidiez pour les choses d'amour,
MAURICE. — Je vous aime, Jouiou... Si le mystère de demain vous effraie, Jaissez-moti y penser seul, et ne songez, vous, qu'aux longues années qui vont suivre, d’un bonheur moins fougueux et plus profond... J’en réponds, de ces années-là.
JOUJOU. Vous oubliez, Maurice, que j'ai été votre confdente:; à combien d’autres femmes avez-vous dit les mêmes paroles?
MAURICE. Que vous importe, puisque cette fois je suis sincère, que je serai fidèle, et que vous me croyez?
JOUJOU, prête aux larmes, C’est vrai c'est vrai, je vous crois aveuglément, comme elles vous ont cru toutes, et cela aussi me fait peur!
MAURICE. —— Soyez persuadée que je vous me de toute mon âme!
JOUJOU. — Chut!