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« Si au contraire le suffrage est donné surtout dans l'intérêt général, qui se fractionne d’ailleurs en intérêts individuels, si le but est d'obtenir un bon gouvernement dont tous profiteront, alors le droit de l'électeur dérivera de son devoir, et en aura l’étendue et les limites » (1).
M. Paul Lafitte combat ainsi la théorie du droit : « Il semblerait, dit-il, à les entendre, que l'électeur fût propriétaire de son vote, comme il l’est de sa maison et de son champ. C'est jouer sur les mots que d’assimiler ainsi les droits civils aux droits politiques. Je dispose à mon gré de ma maison ou de mon champ, je les loue, je les vends : puis-je vendre mon vote ? puis-je même le déléguer à un tiers ? Quand j'use de mes droits civils, j'ai en vueunintérêt particulier ; mais je dois voter suivant l'intérêt public, ou ce que je considère comme tel ».
Il est nécessaire d'établir une distinction très. nette entre les droits publics et les droits privés. Les droits privés peuvent être aliénés, car ils sont susceptibles d’une évaluation. D'ailleurs lindividu seul subit les conséquences de leur exercice ou de leur aliénation. Si je vends, par exemple,des valeurs