Article du journal Z’Æclair, n° du 23 novembre
peuple, soit sa représentation vraie, qu’il n'existe pas de l’une à l’autre le même abîme que jadis, au temps de la monarchie censitaire, entre le pays légal et la nation !
« L'abstention est une plaie qui devient, d'année en année plus apparente et plus vive. Comment la fermer ? Sera-ce en rendant le voie obligatoire ? ». Et il conclut dans ce sens.
Malgré toutes les raisons théoriques et pratiques qui justifient l'introduction dans nos lois du vote obligatoire, on peut prévoir que cette innovation ne sera pas acceptée par tous sans résistances.
En Belgiqueeten Suisse ces résistances n'existent guère ; mais en France, elles se produiront sans doute. Cela tient à ce que nous avons moins qu'ailleurs le respect de la loi, pour elle-même, à ce que l'électeur a plus l’orgueil de son droit, que la conscience de son devoir.
Mais quelle est la loi qui en France ait été votée et appliquée sans protestations, lorsqu'elle paraissait toucher à ce que les préjugés considéraient comme un droit ? On parlera de droits méconnus, d’arbitraire, de tyrannie,mais ce ne sont là que des mots, ils passeront, la loi restera, et avec elle, sera entrée dans l'esprit du peuple cette idée, que le suffrage politique, s’ilest un droit, est avant toutun devoir ; car suivant l'expression de Bluntschli «les droits publics