‹ Le Vote ObligatoireChapitre 36 sur 74 · L 7 RIVE · texte numérisé non relu

L 7 RIVE

temps que l'intérêt général, seront mieux défendus par les citoyens, de qui on exige certaines capacités, que par eux-mêmes. Or, voici que ces citoyens oublient la mission qui leur est confiée, s’affranchissent de leur devoir. Dans ces conditions un véritable préjudice est causé à tous, et particulièrement à ceux qui sont privés du droit de vote; dès lors, autant vaudraitlaisser aux femmes et aux mineursle droit de participer par leur vote au gouvernement de leur pays.

Jusqu'ici nous avons vu ce qu’il fallait penser de cette opinion, d’après laquelle l’abstention est un droit pour les minorités, le droit de protester contre les majorités triomphantes, et nous avons repoussé, par ses conséquences mêmes, le système d’après lequel les minorités devraient s’isoler dans un silence dangereux. Nous avons fait voir en même temps les autres dangers de l’abstention.

Nous devons signaler un dernier argument en faveur de l’abstention ; cet argument a, comme on va le voir, toutes les apparences d’un paradoxe. Certains politiciens, trouvantsans doute que l’abstention, ainsi présentée comme un droit pour les minorités de protester contre le triomphe d'un parti, d’une forme de gouvernement, d’un homme ou d’une idée, n'était pas suffisamment légitimée, ont poussé le paradoxe jusqu’à prétendre que c'était le meilleur, le plus efficace ou même le seul moyen de protester.

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