‹ Le Vote ObligatoireChapitre 48 sur 74 · Deploige. Op. cit, p. 12. | 2. 14 Dia · texte numérisé non relu

Deploige. Op. cit, p. 12. | 2. 14 Dia

gatoire, dans le canton de Soleure, lui a été plutôt défavorable, jusqu’au jour où on l’a fait disparaitre de la législation.

Il fut introduit dans la législation par la Constitution du 1° juin 1856, dont l’article 17 décide : « Les électeurs sont tenus de prendre part aux élections et votations fédérales et cantonales. »

Cen'’est que le 20 décembre 1860, que fût votée la loi annoncée par la Constititution de 1856. Elle punit, de l’amende minime de 70 centimes, l’absent qui ne peut fournir des excuses, dont la nature est déterminée, et parmi lesquelles se trouve l’âge de 65 ans.

Parmi les causes du peu de succès du vote obligatoire dans ce pays, il faut citer celle qui tient à ce que le bureau électoral, chargé du contrôle des absences, était élu sous l'empire des passions les plus violentes, et n'offrait pas les conditions dé’ quité désirable ; puis le canton appartient en entier à un seul parti, celui des libéraux, ceux-ci, se sentant sûrs du succès, ne sont pas entraînés vers les urnes ; leurs adversaires, n'ayant aucun espoir de vaincre, croient inutile de tenter le moindre effort. D'ailleurs, comme le remarque M. Deploige (1), la principale cause de l’échec du vote obligatoire, est que : « le législateur s’est heurté ici à une indiffé-

FA ODRCUe, pers:

rence et à une force d'inertie invincibles. Les Soleurois se sont montrés obstinément rebelles à la contrainte ; la menace d’une amende n’a eu sur eux aucune prise ; leur tempérament s’est trouvé réfractaire à l’obligatoire. »

En 1887, le vote obligatoire a été supprimé par la Constitution.

« À ne consulter, dit M. Deploige (1), que les referendum cantonaux de 1887 à 1892, on serait tenté decroire que cette suppression a augmenté le nombre des abstentions, puisque sur 17.890 inscrits, il n’y a plus eu qu’une moyenne de 6.854 votants, soit 38 0/0. Mais on se tromperait, car le vote obligatoire était tombé en désuétude longtemps avant sa disparition du texte constitutionnel. Les abstentions plus nombreuses doivent être attribuées à d’autres causes, au peu d'intérêt que présentaient ces derniers referendum pour la masse du peuple, et sur-

tout à la lassitude qui s'empare d’un corps électoral.

surmené. « En 1892, me disait récemment, un électeur soleurois, nous avons eu des votations toutes les trois semaines?... »

« Ce qui montre d’ailleurs que la suppression du vote obligatoire n’a exercé aucune action, c’est qu'il y aeu plus de votants aux élections des Conseillers nationaux, et des députés au Conseil des

Page 1