‹ Le Vote ObligatoireChapitre 7 sur 74 · Rousseau. Le Contrat socral, liv. IV, ch. I · texte numérisé non relu

Rousseau. Le Contrat socral, liv. IV, ch. I

par tous les membres composant la nation. Tous devront être consultés, tous devront voter ; car si un seul était exclu de cette consultation générale on ne pourrait plus dire qu’on a réuni toutes les opinions. Dans ces conditions, la souveraineté nationale n’aurait pas été manilestée, ou plutôt l'expression qui en aurait été donnée à la suite d’une consultation partielle aurait été faussée, comme serait faussée l’opération arithmétique dans laquelle on oublierait un chiffre.

C'est la « Volonté générale » qui fait la loi. Or la Volonté générale n’est que la réunion des volontés individuelles ; il faut donc que tousles individus concourent au vote de la loi. On sait d’ailleurs que pour Rousseau, la souveraineté n’est que l'exercice de la « Volonté générale » : « Comme la nature, dit-il, donne à chaque homme un pouvoir absolu sur ses membres, le pacte social donne au pouvoir politique un pouvoir absolu sur tous les siens, et c’est ce pouvoir qui, dirigé par la Volonté générale, porte le nom de souveraineté » (1).

Les idées de Rousseau préparèrent la Révolution française ; aussi on ne doit pass’étonner d’en retrouver l'expression dans les discours des orateurs révolutionnaires. Cette doctrine, qui voit dans le suffrage un droit individuel, fut exposée à plusieurs reprises à

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