IV PRÉFACE
comme le dit M, Louis V/a/i, mais au mois de. juillet 1J22, comme le raconte Voltaire dans une lettre écrite de Forges à la présidente de Bernières, lettre qui commence ainsi : « La mort malheureuse de M. le duc de Melun vient de changer nos résolutions, » Ce n'est donc pas U comte de Melun. qui fut victime d'un accident de chasse, mais son père, le duc de Melun. Voltaire dit, dans sa lettre : « Dès qu'il fut morty le roi partit pour Versailles et donna au
comte de Melun le régiment du défunt. Il est plus regretté qu'il n était aimé. C'était un
homme qui avait peu d'agréments, mais beau-'
coup de vertu, et qu*on était forcé d'estimer. i^ U
est donc bien évident que Vamant déclaré etre^
connu de W^ de Clermont n'était pas ce duc
de Melun, « qui avait beaucoup de vertu d^
mais bien son fils, le comte de Melun, qui avait
peut-être moins de vertu et plus d'agréments, et
^ qui certainement vivait encore à Vépoque oà
Montesquieu composa le Voyage a Paphos.
a Ce Voyage a Paphos, dit M. Louis
PRJÊFACE V
Vian, célèbre U cynisme de l'amour et du vin, et raille l'hypocrisie du plaisir, représentée par Diane courant après Endymion dans les bois.
La principale scène, montre Vénus avec Adonis, et Bacchus avec Ariane, à table, unissant la volupté à t ivresse. Montesquieu paraît s' appliquer surtout à faire voir que les dieux viennent quelquefois sur la terre goûter les, plaisirs des mortels, et qu'Adonis, tué à la chasse par une bête fauve, comme M, de Melun, a été changé, à la demande de sa maîtresse y en une fleur, qui reprend sa première forme à Paphos : telle l'image d'une personne se ravive quand on y pense de tout cœur.
« Ce poème, d'une exécution supérieure au Temple de Gnide, parut dans le Mercure de France de décembre 1727^ et dut concilier à l'auteur les amis puissants dont disposait M^ de Clermont, »
Il est incontestable que le Temple de Gnide a été composé, en 1724, pour M^ de Clermont; mais, en lisant avec soin ce poème tel