‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 2 sur 107 · CHAPITRE PREMIER COMMENT ON VA A BAYREUTH · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER COMMENT ON VA A BAYREUTH

« Qui veut compreadre le poète doit aller dans le pays du poète. »

Gœthe.

On va à Bayreuth comme on veut, à pied, à cheval, en voiture, à bicyclette, en chemin de fer, et le vrai pèlerin devrait y aller à genoux. Mais la voie la plus pratique, au moins pour les Français, c'est le chemin de fer.

Tout d'abord, il faut avoir retenu, assez longtemps à l'avance, ses places pour le théâtre et ses billets de logement. On peut faire cela de deux manières, soit en écrivant directement à M. A. von Gross, banquier à Bayreuth, soit par l'intermédiaire de la maison Durand et fils, 4, place de la Madeleine, à Paris. En principe, les meilleures places comme les meilleures chambres sont données aux premiers demandeurs; pour en être assuré, ce n'est pas trop tôt de s'inscrire dès le mois de février des années de floraison wagnérienne. Si l'on est nombreux, on fera bien de demander que toutes les places ne soient pas sur le même rang, mais distribuées en nombre égal

sur deux ou plusieurs rangs voisins, tout en restant Lonliguës. Pour les chambres, il est utile de spécifier si on les désire à un ou deux lits, aussi s'il est nécessaire qu'elles communiquent entre elles; faute de cette précaution, on serait exposé à se voir réserver des logements en nombre voulu, mais séparés, à des étages différents, ou même dans des immeubles entièrement distincts.

Peu de jours après avoir écrit, on reçoit du comité d'organisation les billets de théâtre, dont le prix invariable est de 20 marks (25 francs) par personne et par représentation, qu'on doit payer de suite. Puis le comité des logements vous envoie à son tour les billets de logement portant votre nom, le nom et l'adresse de l'habitant, le nombre de chambres et de lits, les dates de l'occupation et le prix de location; les meilleures chambres, très suffisamment confortables, coûtent 5 marks (6 fr. 25) par personne et par nuit, mais on peut être logé très convenablement à partir de 3 marks (3 fr. 75); ce compte ne se solde qu'à la iin du séjour, de la main à la main, avec le proprié taire qui a mis à votre disposition une partie de sa maison.

L'inconvénient qui pourrait résulter du fait de retenir ainsi ses places longtemps d'avance n'est pas si grand qu'on pourrait rimaginer, car, même plusieurs mois après, si quelque circonstance obligeait à renoncer au voyage, on trouverait aisément à céder tout ou partie de ses billets, le nombre des demandes excédant toujours celui des places disponibles.

Toutefois, s'il est bon pour un groupe nombreux, tenant au confortable, de s'inscrire de bonne heure, il est certain que ce n'est pas indispensable au même degré pour une personne voyageant seule, encore moins pour un jeune homme s'accomraodant d'un gîte quelconque ; celui-là peut même espérer trouver une stalle et un lit en arrivant à

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