‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 67 sur 107 · Scène v. — La scène v ne comporte pas de motifs nouveaux · texte numérisé non relu

Scène v. — La scène v ne comporte pas de motifs nouveaux

Quoique très courte, on peut la considérer comme divisée en quatre parties : 1, les adieux de Siegmund, partant pour le combat, à Sieglinde endormie ; 2, la poursuite des adversaires pendant le Rêve de Sieglinde ; 3, le combat, avec la double intervention de Brimnhilde et de

Wotan; 4, la malédiction lancée par Wotan à la Walkyrie.

Pendant la première partie dominent les motifs tendres de L'Amour et de Freïa, troublés par ceux du Sort et de La Poursuite. — Dans la deuxième, l'appel sauvage ■de Hu/ullng, L'Épée, et La Poursuite, qui devient de plus en plus pressante (çà et là, des éclairs, pareils à ceux qu'on a vus dans le l®"" Prélude). — Dans la troisième, le combat; en quelques secondes, on perçoit le galop du cheval de Briinnhilde, venant encourager Siegmund à la lutte, La Chevauchée; puis arrive Wotan, qui, contraint par Le Traité, brise L'Épée ; la mort de Siegmund est accompagnée de quatre douloureux rappels de La Servitude, suivis de L' Héroïsme des Wàlsu/igs, du Sort, et du Courroux de Wotan; enfin Briinnhilde enlève sur son cheval la malheureuse Sieglinde, d'où un retour de la Chevauchée, puis toujours du Sort. Tout cela se passe avec une ra})idité extrême, en moins de temps qu'il n'en faut pour le lire ici. — Dans la quatrième partie de la scène enfin, Wotan, tout en foudroyant Hunding d'un regard, considère qu'il a loyalement accompli son engagement envers Fricka, ce que nous fait connaître le motif du Traité, qui, on s'en souvient, s'applique à tout pacte, à tout contrat, de quelque genre qu'il soit; d'ailleurs, aussitôt reparaît le Courroux, loin d'être apaisé, et W^otan, éclatant dans une fureur soudaine, maudit la Walkyrie désobéissante et la voue à une vengeance cruelle. Le rideau se ferme rapidement pendant que l'orcliestre nous rappelle La Détresse des dieux, ainsi que divers épisodes de l'acte, les éclairs qui l'ont sillonné, et La Poursuite, dont c'est la dernière apparition.

o'»^ Actft.

Prélude. — Le Prélude du 3^ Acte se passe de tout commentaire. C'est La Chevauchée dans son développement complet, avec ses hennissements sonores, ses piaffements, ses cris sauvages et joyeux, son infatigable activité, ses appels et ses rires farouches.

Scène i. — Dans toute la première partie de cette scène, tant que règne le ton de si mineur et le rythme à 9/8, tout est emprunté à La Chevauchée, dont ce n'est, à vrai dire, que la continuation, sauf une courte allusion au Walhalla, lorsque Rossweisse demande s'il est temi)S de s'y rendre, 23 mesures avant le 3/4 en wMnineur qui annonce l'arrivée de Brûnnhilde. Là, bien que le rythme en soit changé, on reconnaît le dessin de basses de La Détresse des dieux; peu après, en ré mineur, c'est le chant de La Mort, puis La Fuite. Aucun autre motif ne se manifeste d'une façon importante jusqu'aux paroles de Schwertleite dépeignant Le Dragon veillant sur l'anneau.

Dans le Ç^j^ de Briinnhilde apparaît avec toute son ampleur le thème grandiose de Siegfried gardien de l'Épée, seulement entrevu dans la scène iv de l'acte précédent,

SIEGFRIED GARDIEy DF L'EPEE BRUXXHILDE , CHS-

VOYAGE A BAYRt:UTH

immédiatememt suivi de L'Epée ; puis, lorsque Sieglinde reprend la parole, apparaît le motif enthousiaste et sublime de La Fiédeniption par l'amour

LA REDEMPTION PAB L'AWUR

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[Celui-là ne reparaîtra plus que dans la scène finale du « Crépuscule des Dieux ». où il acquerra une importance prépondérante, et fournira l'émouvant couronnement de l'œuvre tout entière.]

Aussitôt après reparaissent La Tempête avec La Servie îude, puis un ensemble très court des huit Walkyries termine la scène.

Scène ii. — La scène ii (les admonestations de Wotan à BriJnnhilde devant ses soeurs, qui cherchent d'abord à la cacher, puis à la défendre) est assez expressive dramatiquement pour se passer de motifs conducteurs ; pourtant, au Ijout d'un certain temps, on y retrouve, fréquemment renouvelé, Le Courroux de Wotan, puis La Mort, superbement développée, Le Traité, et enfin, au moment de la dispersion des Walk3'ries, La Chevauchée, qui ressemble alors à une déroute, et dont se dégage une large phrase qui s'élève, et n'est pas sans quelque analogie avec le chant de La Mort.

Scène m. — Le début de la scène ne met en jea, pendant assez longtemps, que deux motifs typiques, dont l'un estZe Courroux, que nous connaissons. L'autre, qui apparaît, par un dessin de violoncelle, dès la 4^ mesure, représente ici la soumission résignée de la pauvre Briinnhilde à la volonté paternelle qui va lui imposer une nouvelle vie, une existence humaine ;

il se reproduit de la même manière 7 mesures plus loin, puis, modifié, à la 102^ mesure, cette fois aux violons.

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Il faut la considérer comme une forme préparatoire, une sorte d'acheminement vers un motif très important qui paraîtra sous peu, à l'arrivée du ton de mi majeur, L'Art' nonce d'une noui-elle vie.

C ANNOISCE D 'UNE mUVELLE VIE

BRLXNHILDE

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mais n'atteindra son plus complet épanouissement que dans la partie symphonique qui précède les adieux de Wotan, cette fois à 4/4, presque à la fin de l'acte.

A partir de ce moment on retrouve plus souvent des Leit-motifs : Le Regret de l'Amour, La Malédiction de l'Anneau, Le Sort, Le Traité, L'Amour, L'Héroïsme des Wàlsungs , Siegfried gardien de l'Épée, puis L'Épée; enfin, lorsque ^Yotan dicte son inflexible sentence, nous entendons résonner pour la première fois l'harmonie mystérieuse du Sommeil éternel.

LE SOMMEIL ETEH.yEL

WOTAN

90 qc

[qui reparaîtra souvent, tant dans la fin de cet ouvrage que dans les suivants, sans s'appliquer plus à un personnage qu'à un autre, et parfois accompagnée dun dessin emprunté aux Flammes.]

Ici nous l'entendons deux fois de suite, séparées par un très court rappel du Walhalla.

Presque aussitôt se fait pressentir, à plusieurs reprises, et d'abord en mineur,

le motif saisissant par son calme imposant qui deviendra bientôt Le Sommeil de la Walkyrie.

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