On l'appelle aussi parfois : La Prairie fleurie
Il a été écrit longtemps avant le reste de la partition.
Au cours de ce suave et placide épisode, pendant lequel Gurneraanz explique à son nouveau roi comment ce jour, que tous considèrent comme néfaste et maudit, est au contraire envisagé au Montsalvat con^me celui de la suprême bénédiction, nous retrouvons dans la trame orchestrale : L'Expiation, plusieurs fois répétée; La Cène, le Vendredi Saint, La Lance, L'Appel au Sauveur, Le Graal, la Plainte des Filles-Fleurs (plainte de Kundry , et finalement La Promesse. Mais ce qui est particulièrement intéressant, c'est qu'on y trouve aussi cet emploi, si caractéristique du style wagnérien, de la marche harmonique et mélodique qui forme le milieu des deux Chœurs des Pèlerins dans « Tannhauser », sur lequel j'ai déjà appelé l'attention page 295.
Il ne faudrait pas croire à une ressemblance fortuite ou à une simple réminiscence; en présence de sentiments identiques, il était rationnel d'employer un mode d'expression identique, et c'est ce que l'auteur a fait sans hésiter.
GUR.VEMAXZ
Les Cloches du Montsalvat nous rappellent vers le saint lieu. Comme au l®*" acte, un décor mouvant nous y conduit. Nous y pénétrons même avant l'arrivée des personnages.
Là, dans le même décor qu'au 1" acte, nous voyons d'abord deux cortèges se croiser, portant, l'un le cercueil de Titurel, l'autre la litière d'Amfortas, et de nouveau ce dernier est mis en demeure par tous les Chevaliers d'accomplir encore une fois ses fonctions sacerdotales; mais ni L'Appel au Sauveur, ni La Foi, ni La Cène et Le Vendredi Saint ne peuvent l'y déterminer; La Souffrance à endurer le remplit d'épouvante.
C'est alors qu'apparaît Parsifal, suivi de Gurnemanz et de Kundry, encore mieux escorté par les divins motifs du Graal et de La Lance, qu'il tient dans sa main. De la pointe de l'arme sainte, il touche la cruelle blessure, et La Souffrance vient s'évanouir dans le thème de La Promesse, désormais réalisée.
Le motif de Parsifal résonne alors triomphant, suivi de La Foi, de La Lance, et à son tour il commande « qu'on découvre le saint Graal ». Entre ses mains alors, le miracle se renouvelle ; au milieu d'étincelants arpèges se font entendre les thèmes du Graal, de La Cène, de La Foi, et les trois chœurs étages, cette fois marchant ensemble, chantent en un puissant alléluia: « Rédemption au Rédempteur ».
Puis les motifs de La Foi, et finalement de La Cène, terminent grandiosement l'épilogue symphonique. « Fort est le Désir; mais plus puissante est la Résistance. » [R. Wagner.)
On peut encore, dans le courant de l'œuvre, relevei un certain nombre de thèmes secondaires ayant plus ou moins caractère de Leit-motifs, mais dont la connaissance n'est pas indispensable pour l'intelligence de l'œuvre, PU raison de l'emploi purement épisodique qui en est fait. J'en signale ici quelques-uns seulement, dans le seul but de faciliter les recherches, en répétant qu'une (ois entré dans cette voie, on peul^ ici comme ailleurs, en découvrir un bien plus grand noiïibre :
L'Ardeur, qui n'apparaît que daufi la deuxième partie du Duo entre Kundrv et Parsifal, a:r 2^ acfe :
L'ARDEl'B
KLWDRY
La Résignation, seulement esquissée quelques pages plus loin, mais qu'on retrouve dans la forme exacte où je la donne ici, dans la V^ scène du 3^ acte, lorsque Kundry apporte de l'eau à Parsifal défaillant :
LA RESlGI\ATIOi\
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JjXU P
La Bénédiction, qui succède immédiatement au motif précédent :
LA F^EISEDICTIOPi
Les Lamentations de Gurnemanz sur la mort de Titurcl, qui ne sont séparées de la Bénédiction que par 26 mesures, et se retrouveront aux premières paroles du chœur des Chevaliers (dernier tableau) :
LES LAMEMATIOyS
Les Cloches du Montsalvat, dont le grave et solennel tintement accompagne ou annonce presque toujours les cérémonies religieuses,