LES CLOCHES DU >/OAT SALVAT
8^^bassa.
lequel, par une transformation toute naturelle, devient le rythme de marche sur lequel défilent les Chevaliers du saint Graal, etc.
En terminant par la sonnerie des cloches du Montsalvat cette brève analyse du style créé par Wagner, je ne puis manquer de placer ici une remarque (qui vient à l'appui de ce que nous avons déjà dit, pages 263, 269, 270, 275, 276, 296, 298, 371 et autres, et qui sera mieux compris maintenant) sur ce qu'on pourrait appeler les racines de la langue musicale wagnérienne.
Si on compare entre eux certains motifs bien caractéristiques, notamment : Les Cloches du Montsalvat. qui fournissent la marche des chevaliers,
L'Amour naissant j -J? r> J^
des « Maîtres Chanteurs »,
La Bastonnade
du 2°^® acte du même ouvrage, '^
La Valse des apprentis , , . . f^ du 3™« acte, ir--<. i".
L'Amour de la vie ...,.,, , iû'"2%^srf^
dans « Siegfried «, J '^'
et La Décision d'aimer j:
également dans « Siegfried », 3™^ acte, < on est frappé par l'analogie de structure qu'ils présentent, avec leurs descentes régulières par quartes justes successives, comme de la similitude des sentiments exprimés par les uns et par les autres : c'est toujours l'idée du mouvement volontaire et de la décision, d'une résoluti(?n prise
Il est donc indiscutablement certain que cette, forme particulière et énergique se présentait naturellement à Tesprit de Wagner cliaque fois qu'il s'agissait d'exprimer l'idée de l'action vo'cntaire, du mouvement libre, sans contrainte, et qu il 1 i inployait ainsi. Que ce soit de parti pris ou inconsciemm Mit, peu importe: c'est un fait.
Et cette remarque devient encore plus intéressante si l'on constate que Beethoven, qui est à coup sûr un des ancêtres géniaux de Wagner, le plus indiscutable de ses précurseurs, avait déjà employé une formule identiquement semblable dans le but d'exprimer un acte de laborieuse décision : la \sol ^^''"^fa.
a Der schwer gefasste Entschluss*.
Grave
-fi^
Muss es sem?
Allegro
J H .1 ' Il ^Mnv
Es
muss sem!
Es muss sein!
Voilà une racine. — Il y en a d'autres, il y en a beaucoup d'autres, dont quelques-unes seulement ont pu être indiquées par des rapprochements, au cours de ce cha^ pitre. — C'est toute une mine inexplorée à exploiter pour les savants chercheurs musicographes qui voudront pénétrer plus profondément les mystères de la philosophie "svagnérienne, où tout n'est pas encore découvert.