‹ Le voyage au ParnasseChapitre 25 sur 49 · CX XVII · texte numérisé non relu

CX XVII

dans la profession des lettres. En ce tempslà, les auteurs faméliques ou affamés de popularité, présentaient leur manuscrit aux amis et connaissances, aux complaisants, aux confrères et récoltaient ainsi leur gerbe d'éloges. Le public se laissai! prendre a ces certificats, si bien que l'approbation mutuelle entre écrivains était devenue une coutume ayant force de loi. J'aï compté jusqu'à vingtquatre pièces de vers laudatil's en tète du Voyage amusant (Viage entretenido) d'Augustin de Rojas.Dans un recueil de poésies de Lope de Vega (Rimas, Barcelone, 1604) on en compte vingt-huit. II faut ajouter que Cervantes lui-même était du nombre de ces vingt-huit panégyristes. C'est Clemencin qui en a fait la remarque dans son savant commentaire; mais il s'esi trompé en cet endroit, en citant inexactement un passage de la préface du faux Avellaneda.

Les dix pièces de vers qui précèdent la première partie de don Quichotte, et que Cervantes attribue à des personnages fabuleux, sont la meilleure satire qu'il pût imaginer de cet usage auquel sacrifiaient ses contemporains les plus célèbres. Il en est de même des éloges burlesques qui la terminent, et que l'auteur met sur le compte des académiciens de l'Argamasilla, ce bourg de la Manche dont il ne voulait pas se rappeler le nom, en commençant l'histoire du valeureux hidalgo. Il n'y a pas une ligne de la préface qui ne fronde les mœurs littéraires de l'époque. La critique perce jusque dans ladédicace.

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Que dit-il en adressant son livre au duc de Béjarî Que les arls et les talents qui méritent la faveur et les sympathies des esprits distingués, sont ceux qui ont assez de fierté pour ne point se ravaler jusqu'à se faire esclaves des caprices du vulgaire, las que por su nobleza no se abaten al servîdo y grangerias del vulgo. El un peu plus loin, bravant, dit-il, les jugements téméraires de ces Aristarques, incapables de se contenir dans leur petit domaine, et toujours prompts a prodiguer la censure et le blâme, par malice autant que par ignorance, il ose lui offrir un ouvrage dépouillé de tous ces ornements d'une érudition élégante qui parent les écrits des savants auteurs, aunque desnudo de aquel precioso ornamento de elegancia y érudition, de que suelen andar vestidas las obras que se componm en las casas de los hombres que saben , ose parecer seguramente en el juicio de algunos, que tio conteniendose en los limites de su tgnorancia, suelen condenar con mas rigor y menos justicia los trabajos agenos.

Que cela est finement et fièrement exprimé I Quel dédain pour la pédanterie scolastique et académique ! el quelle ironie dans cette phrase qui peint admirablement la manie de ces auteurs ridiculement épris de celte fausse érudition moyennant laquelle on se donne à peu de frais les apparences du savoir! Et comme cette entrée en matière annonce bien le dessein du romancier!

Que se proposait-il, en effet? De renverser

une tradition littéraire qui datait précisément de cette époque où florïssait la chevalerie. Mais il s'agissait moins de rendre ridicule la chevalerie , morte et disparue sans retour, que de mettre en évidence l'action pernicieuse d'une littérature sans racines dans la réalité, inutile puisqu'elle ne représentait rien de vrai, et dangereuse par les chimères et les mensonges qu'elle offrait en pâture à l'ignorance crédule et à l'avide curiosité.

Après l'Àrioste, le roman de chevalerie n'avait ni signification ni raison d'être. Le moyen âge enterré, la poésie chevaleresque devait finir, car elle n'offrait aux esprits qu'une image infidèle d'un ordre de choses suranné et aux imaginations, un idéal impossible. Les romans chevaleresques ne faisaient aucun bien et exerçaient une détestable influence : ces fictions invraisemblables entretenaient et développaient ce penchant à la rêverie, cet amour du merveilleux, celle croyance au surnaturel qu'il faut attentivement surveiller et contenir chez les races méridionales; car ce sont ces dispositions natives non réprimées qui, secondant la paresse intellectuelle, ont précipité les peuples de l'Orient dans les délices de la contemplation passive, c'est-a-dire dans ce narcotisme perfide dont la fin est l'abêtissement.

Deux éléments dominaient en Espagne :

la religion et la guerre qui absorbaient les forces vitales et l'âme de la nation. Il n'y avait à la rigueur que deux grandes car-

rières : les armes et l'Eglise. Celle-ci avail aussi sa milice, prêtres et religieux de tous les ordres, et ce terrible tribunal de la foi qui fonctionnait comme un conseil deguerre en permanence. La nationalité de l'Espagne n'étant que le résultat d'une guerre d'environ huit siècles contre l'infidèle, au nom de la religion et de la patrie, le sentiment national et le sentiment religieux étaient étroitement et indissolublement unis; ils finirent par se confondre, et une fuis l'indépendance reconquise, l'orthodoxie devint le symbole de l'unité. Les habitants de tous ces anciens royaumes de la Péninsule, qui n'étaient plus que des provinces d'une grande monarchie, s'arrogeaient d'un commun accord le titre de vieux chrétiens, et quoique divisés d'intérêts et de tendances politiques, par ce lien des croyances, ils ne formaient qu'une seule famille. Navarrois, Catalans, Asturiens, Galiciens, Basques, Valenciens, Aragonais, jaloux de leurs franchises, repoussaient ou ne subissaient qu'en frémissant le joug de la Castille; mais la haine des mécréants, légitimée jusqu'à un certain point par les souvenirs d'une si longue croisade, leur tenait lieu de sympathie. Ils haïssaient tous également Juifs et musulmans, et leur orthodoxie se manifestait par l'intolérance.

Ces persécutions légalement organisées pour la défense de la foi, qui révoltent notre raison, étaient à leurs yeux comme de justes représailles après la victoire. Les descendants des Juifs et des Maures, qui finirent

par être exterminés ou expulsés, n'étaient tolérés sur le sol de la patrie reconquise que pour prolonger le triomphe et la vengeance des vainqueurs. Le peuple ne ressentit jamais un mouvement de pitié généreuse pour ces victimes destinées à alimenter son fanatisme. Les vaincus étaient toujours des ennemis. De là cette religion militante et toujours prête à l'extermination ; de là l'autorité sans égale de celte milice religieuse qui formait la grande armée de la foi, casernée dans des milliers de couvents; de là ce respect mêlé de terreur qu'inspirait cette cour martiale qui condamnait sans appel au déshonneur ou au feu , et dont les fonctions étaient réputées saintes. On disait le Saint- Office, la Sainte-Inquisition, et chacun tremblait à ces noms redoutés, car tout le monde pouvait être justiciable du tribunal de la foi, d'une juridiction autrement étendue que celle de la Santa-Hermandad, expressément instituée par les rois catholiques pour la répression du brigandage.

Sans doute la politique fut pour quelque chose dans l'institution du Saint-Office ; mais il faut reconnaître que l'institution était éminemment nationale et qu'elle se développa et prospéra naturellement comme une plante dont le germe est éclos dans un sol favorable. L'inquisition prit racine en Espagne au moment où se levait sur l'Occident l'aurore de la Renaissance. Aussi pendant que la Renaissance illuminait et réchauffait l'Europe, l'Espagne ne reçut que quelques rayons de

chaleur et de lumière, et à demi engourdie elle resta dans le crépuscule. Le seizième siècle écoulé, elle retomba fatalement dans les ténèbres et la torpeur. Les congrégations et corporations religieuses dominaient dans les Universités, et l'esprit de rénovation et de réforme eut à peine le temps de se manifester par quelques tentatives impuissantes.

La scolastique menacée par la science, s'affermit sur son trône et reprit toule son autorité sous la protection du Saint-Office, et en même temps que le pouvoir ecclésiastique étendait au loin son domaine et organisait une sorte d'autocratie religieuse, la théologie du moyen âge régnait sans rivale dans les écoles et domptait tous les esprits.

Le génie scientifique qui s'était affirmé avec tant d'éclat en plein treizième siècle, sous le règne d'Alphonse le Sage, le génie scientifique ne fit que se montrer en Espagne au seizième siècle, et il n'a laissé sa trace

Sue dans des travaux très -remarquables de brte érudition. Le génie critique fut promptement étouffé, et l'inquisition mit un frein à la curiosité des linguistes et des investigateurs, en les condamnant à des recherches stériles. Les grammairiens et les humanistes étaient persécutés pour si peu qu'ils fussent enclins à mettre le savoir acquis au service de la raison : il suffit de citer Antonio de Lebrija, le restaurateur des bonnes études en Espagne, sauvé à grand'peine par le toutpuissant cardinal Ximénès, et à la fin du seizième siècle, Francisco Sanchez de las

Brozas, le commentateur de Juan de Mena et de Garcilaso, l'auteur de la célèbre méthode latine, si connue des savants sous le titre de Minerva, mort, en quelque sorte sous la griffe de l'inquisition.

Si les grammairiens et les humanistes couraient risque de la vie comme libres penseurs, qu'on juge des dangers auxquels s'exposaient les esprits qui agitaient des problèmes autrement graves que les questions de grammaire et de rhétorique. Aussi n'y a-t-il pas un grand nom parmi cette élite brillante qui fut l'honneur des lettres espagnoles sous Charles-Quint et les trois Philippe, pas un nom célèbre dont la trace ne se retrouve dans les archives du Saint-Office. On était suspect par cela même qu'on était réputé capable de penser. Aussi voit-on, non sans s'indigner, les esprits les plus éminents, forcés de cacher leurs talents, de les dissimuler, de les détourner de la véritable voie. Les mieux doués s'empressaient de démentir leur vocation, et à moins de se condamner a l'inactivité, ils étaient obligés à une sorte d'hypocrisie intellectuelle- Les

filus forts mutilaient leur cerveau ou le paraysaient. La raison et le jugement portaient ombrage aux défenseurs de la foi orthodoxe et n'étaient point de mise dans les ouvrages de l'esprit. On ne laissait libre carrière qu'à l'imagination et à la subtilité, si bien que le génie prodigieusement actif et inquiet de la race (animus inquies , avait dit Trogue- Pompée),'ne pouvant s'appliquer aux choses

réelles, se consumait en efforts stériles et se dépensait en frivolités.

Les théologiens, ces gardiens de la foi, touchaient à l'extrême folie par les excès du mysticisme et à l'immoralité profonde par les raffinements de la casuistique. Intellectuellement parlant, l'Espagne était tenue au régime et il n'était point difficile de prévoir qu elle périrait d'inanition.

Tel était l'état des esprits du temps de Cervantes. Ce grand homme, né assez tôt pour contempler dans tout sou éclat la gloire nationale, suivait des yeux, sur sou déclin, l'inévitable décadence de la puissance espagnole, et voyait s'évanouir comme un songe cette fausse grandeur qui n'était qu'apparence et mensonge. Nul ne sentit mieux que lui le vide de cette littérature si pauvre et si stérile malgré sa pompe et son incomparable fécondité. La vaine gloire ne pouvait lui faire illusion. De même que les forces effectives manquaient a cette monarchie qui poursuivait le fantôme d'un nouvel empire romain, de même la substance manquait à ces productions de l'esprit qui se multipliaient sous toutes les formes. L histoire d'Espagne qui, dans cette brillante période, ressemble à la fois à un horrible cauchemar et à un roman d'aventures, l'histoire ressemblait fort à la littérature nationale. Si les projets des gouvernants étaient irréalisables et insensés, les imaginations des écrivains étaient monstrueuses et en dehors de la réalité. La lecture des livres qui se publiaient alors,

menait tout droit à la folie. Don Quichotte avait perdu la raison à force de lire des romans et des poèmes d'une forme agréable et souvent très-belle, mais complètement dépourvus de bon sens et de vraisemblance.

Jamais il n'y eut de critique plus ingénieuse que celle des ouvrages qui composaient la bibliothèque de l'ingénieux hidalgo. A quelques exceptions près, le curé condamne au feu tous ces nicits extravagants, toutes ces fades pastorales qui faisaient alors les délices des oisifs et l'envie des beaux esprits. L'exécution est sommaire. On fait grâce seulement à quelques livres qui se sauvent par l'excès du ridicule, et dont les auteurs sont accablés d'éloges ironiques.

Parmi les poèmes, trois ou quatre seulement échappent au bûcher, parce qu'ils célèbrent de» événements mémorables de l'histoire nationale. Celte exception remarquable n'étonnera point ceux qui savent que le roman de Don Quichotte a été tiré en quelque sorte des entrailles delà nation.

Tout en inventant beaucoup, l'auteur s'est inspiré de la tradition populaire. De là ces légendes nombreuses et ces proverbes qui sont le fonds même de la littérature du peuple, et qui ont contribué, non muins que l'exacte description des lieux et la profonde observation des mœurs et des usages, à faire de Don Quicholte le meilleur livre à consulter pour la connaissance de l'Espagne.

Cervantes a fait véritablement une épopée nationale, un poëme en prose qui est à la

fois l'Iliade et l'Odyssée des Espagnols. A ce point de vue, il est unique et incomparable ; car aucun de ses prédécesseurs n'avait tenté ce qu'il a réalisé.

L'archiprêtre de Hita avait esquissé un tableau très-ressemblant, mais réduit, des mœurs du quatorzième siècle. Les auteurs de la Célestine agrandirent le cadre et firent le portrait de la société du siècle suivant.

L'auteur de Lazarille de formés, en plein seizième siècle, entremêla de mordantes satires l'épopée de la misère et de la mendicité, et son inimitable miniature fut le vrai modèle de Guzman (TAlfarache.

Cervantes, venu a temps pour profiter de ces exemples, fit l'histoire complète de la société espagnole , et sous le voile transparent d'une fable ingénieuse, il montra le bon sens national gravement compromis par des guides spirituels qui, perdant de vue la réalité et le positif, le bien et le vrai, s'obstinaient a poursuivre des ombres et des fantômes. S'il est impitoyable pour les livres de chevalerie, il ne se montre pas moins sévère pour les pastorales, qui faisaient concurrence aux romans, et qui n'allaient à rien moins qu'a altérer la vérité des tableaux de la nature et la réalité de la vie des champs. Remarquons que lorsque Don Quichotte, vaincu et humilié, est obligé, par son serment, de renoncer à l'exercice de la chevalerie errante, il conçoit le dessein de se faire berger. Après avoir rôvé une existence impossible , comme chevalier, il songe sérieu-

sèment à donner à sa vie le charme illusoire d'une idylle ou d'une églogue, tourmenté qu'il est de celle soif de l'idéal, qui était proprement la maladie du temps, et qui se traduit toujours en aspirations inutiles et impuissantes.

Cervantes sentit le danger. Les romans de chevalerie avaient gâté et corrompu les esprits.Les pastorales, qui présentaient l'amour de la jouissance et de l'oisiveté sous une forme encore plus aimable, pouvaient les énerver et les endormir dans un pernicieux

Juiétisme. Le roman chevaleresque avait rayé le chemin au mysticisme. Ramon Lui!, le vrai chef des mystiques espagnols, avait composé lui-même des récits romanesques avant de terminer par le martyre une vie d'aventures, entièrement consacrée à des entreprises aussi généreuses que folles. Au moment où Inigo de Loyola fut louché de la grâce, sa tête était remplie de fictions et de visions. Les livres de chevalerie avaient aussi troublé l'imagination de cet homme extraordinaire; et en renonçant à la carrière des armes, il se ut, comme Ramon Lull, le chevalier de la Vierge. Les hallucinations de sainte Thérèse, qu'on attribue trop légèrement à un état hystérique, reconnaissaient aussi pour cause la lecture de ces détestables livres dont elle avait nourri son imagination dans sa première jeunesse. L'influence de celte lecture est encore visible dans les confessions de cette femme célèbre, pour ne rien dire de ses autres écrits. Les auteurs

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mystiques n'étaient le plus souvent que des romanciers; ils poursuivaient l'idéal de la sainteté, l'amour pur, la possession de l'être adoré, et grâce aux rêves d'une imagination exaltée, ils échappaient a la rigoureuse discipline d'un dogme étroit et aride.

Le mal était grand, et quand on remonte à la cause du mal , on doit savoir gré à Cervantes de la rigueur de sa critique impitoyable.

Dans les romans de chevalerie, si pernicieux par leur influence, on trouvait du moins, non pas l'idée claire et nette, mais le sentiment du jusle. Dans ceux qui les remplacèrent immédiatement, c'est le faux qui domine et l'absurde; les choses les meilleures y sont gâtées par le raffinement; il n'y a dans ces insipides fictions, ni un sentiment vrai, ni une passion franche. Les romans chevaleresques avaient, ace que l'on croit, pénétré en Espagne par la frontière des Pyrénées. L'Espagne acquitta une dette contractée au moyen âge, en rendant à la France, vers la fin du seizième siècle, des bergers pour des chevaliers. L'épidémie des pastorales, née primitivement en Italie, et prodigieusement accrue par l'imitation espagnole, sévit en France avec une véritable fureur. L'Astrêe de d'Urfé donna le signal, et la pastorale allégorique devint bientôt le genre à la mode. L'allégorie pure finit même par absorber la pastorale, et se passa de cette vraisemblance qui pouvait seule soutenir des œuvres où tout était fiction. Bien

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plus, les bergers furent abandonnés pour des princes, et l'on vit sans étonnement celle innovation étrange, qui consistait à prendre les personnages historiques, voire les héros de la fable et de la mythologie, pour leur donner un r&le dans des intrigues insipides et des aventures amoureuses. L'histoire grecque et l'histoire romaine furent mises en romans. La contagion se répandit sans obstacles. Mlle de Seudéry et ses dignes rivaux, Gomberville, la Calprenède, Desmarels, donnaient le ton aux beaux esprits de la cour et de la ville; ils avaient des admirateurs sans nombre, et leur réputation était immense.

Et l'on viendra nous répéter encore que c'est par le bon sens, la raison, la mesure, que l'esprit français se distingue souverainement.

Il est vrai que les tendances et les mœurs du temps autorisaient ces histoires fictives et allégoriques, qui inauguraient dignement un siècle théâtral, d'une grandeur problématique, mais grand à coup sûr par l'immoralité profonde et l'hypocrisie. Un incurable érotisme était la maladie et l'idéal de cette époque, dont la littérature ne représentait au fond que niaiserie, vice et corruption.

Boileau fit justice à sa manière de ces héros de roman, si ridiculement travestis, et de ces auteurs prétentieusement médiocres qui, racontant, d'un style ampoulé des choses invraisembles, faussaient le sens commun et corrompaient la langue. La langue porte toujours la peine des outrages que l'on fait a la raison.

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