PREMIER COUPLET
Quand des le matin.
Du faucon mutin {bis) Sonne la clochette, Le comte soudain \ Le lance et le guette! | {bis) Si l'épervier tombe ) Sur une colombe, Ah! c'est bien cruel... mais, en somme, C'est un plaisir de gentilhomme! {bis) A cela près, Je m'y connais...
Le comte est un fort galant homme!
A cela près.
Je m'y connais...
Oui de tout le canton.
Mon niaitre Est peut-Être Le meilleur garçon!
DEUXIÈME COUPLET
Quand sur son chemin C'n sot, un faquin, [bis) Lui cherche dispute...
L'épée a la main.
S'entame une lutte; {bis) Par un coup de tierce Souvent il le perce.
Ah ! c'est bien cruel... mais, en somme, C'est le devoir d'un gentilhomme 1 {bis) A cela près, etc.
THÉRÈSE, approuvant. Ah!...
LE COMTE. Du reste, il est bon, loyal, esclave do sa [larolo !
THÉRÈSE. Alors, pourquoi le roi l'a-t-il exilé?
LE COMTE, en confidence. Paice qu'il avait fait un Noël satirique sur madame de Pompadour.
ACTt: i, SCIiNL IV.
JEANNE, avec curiosité. Qu'o?l-cc quo c'est quo inaLlumo do l'ompadour ï
LK COMTE. Une vilaine .fonimo... tiys-julio... qui...
TUK.iESE, l'interrompant (1). Ça no vous ro- {,'arclo pas, ManiSL-llo ! mais coUo fois, j'approuve fort M. lo coinlo !
JEANNE, paiement. Tu vois (juo lo diable n'est pas aussi noir... (juo lu le faisais !
Tiii;r\hsF, , avec un reste de doute . A la bonne heure! mais on ne le voit jamais à l'éi^lise, mùmo le dimanche !
LE COMTE. Il est si souilranl ! il racheté cola par des actes de charité.
THÉRÈSE. Vraiment?
LE CO.MTE, tirant des pièces d'or de sa poche. Voilà dix louis qu'il m'a remis encore hier, pour les familles les plus nécessiteuses.
JKANNK. Décidément, M. le comte Satan est un lres-di};i)e hommo !
LE COMTE. C'est moi qu'il charge do distribuer SOS petites aumônes... mais jo connais si peu le l)ays !..,
TiiÉnÈsi;, vivement. .\h ! vous ne pouviez pas mieux tomber !... Figurez-vous... nous avons la... au Cliam[)llour.... le pércGagnié... paralyti(juo... M. Hubert, treize enfants... et sa femme va bientôt lui en donner un quatorzième!
LE COMTE, lui donnant l'or. Oh ! Dieu! portezlui vile ceci, ma bonne madame Thérèse!
THÉRÈSE. (Juoi ! tout i
LE COMTE. (Jualorze enfants!... et paralytique! c'est si méritant!...
THÉRÈSE. Et vous voulcz quo Ce soit moi?
LE COMTE. Le bienfait aura plus do prix en passant par les mains de la vertu!
THÉRÈSE, bas, u Jeanne. Vous direz tout co quo vous voudrez... c'est un charmant garçon! (À elle-me'ine.) J'en rall'ulo, moi!... {Haut, et étant son tablier.) Je cours chez le perc Gagnié!
JEANNE, a mi-voix. Comment! tu me laisses seule ?
THÉRÈSE, avec confiance. Oh '... avec M. Hubert...
LE COMTE, lui souriant. Vou3 no vous défiez pas do moi, bonne tante!
THÉRÈSE, avec aplojhb. Non certes! {A part.) Malgré ça... je vais revenir tout de suite. (Elle sort par la droite. )