‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 227 sur 429 · I.ES MfcMKS. JKANNK, THraiÈSK, entrant par la · texte numérisé non relu

I.ES MfcMKS. JKANNK, THraiÈSK, entrant par la

gauche; 1'jqui;urs.

(Jeanne est très-pâle; elle porte le voile de mariée

et la couronne de fleurs d'oranger.)

LE coMTK, à lui-même. Comme elle est [)àle !... (Moment de silence.)

Jv.\yyE, émue et avec effort. Pardon... de vous avoir fait attendre, monsieur le comte! me voici... je suis prèle!...

LE COMTE, dune voix émue. Jeanne... je ne vousaipas vue... depuis que mon père... Jeanne, vous consentez donc... (En tremblant. ) à me confier voire sorl?

JEAN.NE. Sans hésiter, monsieur le comte!... [Avec un sourire.) Voire père... aurait d'ailleurs Jissipé toutes mes craintes, si j'avais pu en con- 5cr\er!... il m'a nommée sa fille... en me pressanl ■;ur son cœur!... il m'a répondu de vous... elce Jigno gentilhomme n'a jamais trompé personne ui!

LE cosiTE, a part, troublé. Mon père!...

tavan.m:s, 6j5, au comte. Il parait que lu as 3ué Ion rôle divinement!

LE COMTE, bas. Sur mon âme... j'en ai honte... l si josais...

CHABRiAC, bas, avec dédain. A ton aiso, lu peux incore l'avouer vaincu!...

LE CO.MTE, bas. Tais-loi!

JEA.N.NE, au comte. Je vous allcnds... Mo;iîur...

LE coiiTE, à haut' voi.T. Tout esl-il disposé?

(t) A. Jos la P.

TAVANNES. lui faisant des signes d'intcllitienc. Son Altesse Hoyale M. le prince de Conli \ipnt d'arriver avec sa maison !... Volro père... sps noliles amis sont places.

BAiiuEziEux, bas, a sa femme. Ça n'est pas vrai ! o'e>l un faux prince, c'est un faux père! lout est f.iux !

LA pnKsiDE.NTK. Commcnl! (On entend le bruxt de l'orgue.)

JKANNE, au comte, résolument. Voici ma main. Monsieur!

LE CO.MTE, (i part. Kile est froide ot glacée!...

LA fRÉsiDU.ME. Jeanne!... arrêtez?...

JEA.NNE. Marchons! {Le comte stupéfait hésite, Jeanne fait quelques pns en tenant la main du comte, qui semble se laisser conduire ;tout acoup^ comme épuisée par l'effort qu'elle vient de faire, elle jette un cri et tambe évanouie.)

Li; COMTE. Jeanne! Jeanne! revenez à vous!

iiiKiiESE, la soutenant. Chère enfant!... c'e-^i l'émotion.

LE COMTE. De l'air!... ouvrez tout. [Les portes s'ouvrent ; le duc de Mailly paraît entouré d'uutris seigneurs.)

TOUS. M. le duc de Mailly !...

i.E COMTE. Mon |)ere iii!...

LE DUC Ne devais-je pas assister à votre n)ariagp, Monsieur? n'ai-je pas juré à cette enfant que mon fils l'épouserait aujourd'hui môme?

LE COMTE, interdit. Ciel!... [Au duc.) Qu\ donc a pu vous inlruire?...

JEAN.NE, qui peu a peu est reoenue a elle. Moi, monsieur le comte.

LE DUC. Oui! au retour de celte prise du \oile. le prince cl moi, nous avons aperçu celle malheureuse enfant... (.Mouvement du comte.) Remerciez Dieu. Monsieur: en nous conduisant près de Jeanne, il vous a épargné un crime.

LE COMTE, regardant autour de lui. Le duc de Monlbazon, M. de Rohan ! tous ceux...

LE DUC, noblement. Tous ceux que vous avez invités... Leprini:e a pensé, comme moi. Monsieur, qu'un gentilhomme ne s'abaissait j.unais en réparant une faute... cl qu'il ne dérogeait qu'en faussant sa parole... Son Altesse attend à la chapelle avec son aumônier.

LE COMTE, regardant son père, puis Jaune, puis Chabriacet Tavannes, qui semblent l'engager a résister. Jeanne, la main !... Arrière toute mauvaise honte qui m'empochait d'être moi-même, et d'avouer mon amour pour la seule que j'aie jamais aimée.

JKAN.NE. Qu'enleiKJs-jc?

LE COMTE. Merci, mon père!... merci!...

JEAN.NE. Armand!

LE COMTE, tcnlrcment. Non ! Ilubcr !... (ouj-^urs Hubert!

LE FAUCONNIER

JEANNE. Oh ! oui... (Avec un doux sourire.) El siirloui plus de pièges, plus de séduclion!...

LEcoMTK. Avec ta seule innocence, n'as-tu pas élé la plus forte?

JKANNE, à mi-voix. Plus de cabinet aux Heurs I

LE COMTE, vivement. J'y mettrai [le feu moimême.

LA pnKSîDENTE, êtourdimefit. Grâce du moins pour l'Amour et Psyché. {S'arrélanl brusquement en vo>jani les sourires des jeunes gens.) Oh !

BAHEEziEcx, tiK^Jaef. Iloin ?. .. L'Amour el^Psyché! (.-1 /nirf.) Comment sail-clle? (// reste rêveur.)

LA pnÉsiDENTE, Uas, à Darbezicux. Annoncez donc notre mariage...

B.VRDEziEi'x, préoccupé. Tout de suite , co-

lombe!... (i4 par/.) Qui diable a pu lui dire?... (Haut, avec solennité.) Monsieur le duc... Messieurs... permettez-moi de vous faire part, à mon tour, du mariage do... (Regardant sa femme.) l'Amour et Psyché !

TOUS, étonnés. Comment?

BAnBEziEux, se reprenant. Qu'est-ce que j'ai donc?... De moi et de ma femme!

Tors. Ah!,.. (Tout le monde salue laprésidente, qtit reçoit les compliments.)

BABUEziEux, rt^ceur, à part. C'est drôle!... l'Amour et Psyché! Ah! j'ai bien peur d'être l'homme de France le plus...

LE DUC Messieurs, la présentation de madame la comtesse de Mailly aura lieu demain soir, dans les grands appartements do Versailles. (^]urmure approbateur. — Le rideau baisse.)

FIN

lAGNY. - Imprimerie de VIALAT et C'o.

THKATRI: DKS VAUIf.TI^S

M. BEAUMINET

VAUDEVU.I.K KN l'N ACTK De nn, !llELE!i»VILLE et \AVlEn

Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le théâtre des VAHn^TI'lS,

le li avril isri".

AVIS. Nulle Iraduclion de col ouvrago no pourra ôlro fHilc sans laulorisalion expresse et par écrit desauk'urs iM de réditeui, qui se réservoiit on ou re lous los druils stipulés dans les conventions intervenues ou a intervenir entre la Fiance el les pays élrangers, en matière de propriété littéraire.

M. BEAUMINET

VAl DKVILLE EN UN ACTE

De !W1I. ItlÉLESVILLE et \4YIER

Heprést'iité, pour la pi'.'niière fuis, à Paris, sur le, tliéàlro dos VAUIKTÉS

le li avril isrio.

PERSONNAOFS ACTEURS.

BEAUMlNi: T MM. Arnal.

(iKUFAlT, capitiiinc de r;d)Ota(îP IIkczet.

ADUIKN DE nERNACIlE.architccto Villette.

«OISFIEL IIY , notaire Danternt.

MADAME LALRENOE DIVERNOY , joiinc veuve MH'* Alice Ozt.

AGI-AE, fille de Gerfaut Adèle.

VICTOIRE, feiiinie de chambre de Laurence Estiier.

Invités de< deux sexes, deux domestiques.

La scène se passe h Paris.

Toutes les indications sont prises de la pauche et de la droite du sportaleiir. Les pcrsonnapcs sont inscrits en tôte des scènes dans l'ordre qu'ils occiipoiit au ttiéûtre; Us changements de position sont indiqués par des renvois au bas des papes.

Le théâtre rcprésonlc un boudoir tlépant ornt- de vases du Japon et do chinoiseries. Porte au fond et portes hitérab's; choniincc a droite, deuxième plan, avec pendule et candélabies ; dans les encoij;nures, jardinières t;arnies de lleuis; chaises, fauteuils; a droite, devant la cheminée, une causeuse et un puendon avec papier, plumes el encre; a pauche, sur le devant, une petite table de travail avec une coibeillc à ouvrage el une broderie commencée; un cordon de sonnette ii pauche. Une console à i;auche, au deuxième plan, surmontée d'une glace.

Page 1