SCÈNE PREMIÈRE
VICTOIRE, assise à gauche, et travaillant à vne broderie. BOISFLEURV, sortant de la chambre à gauche, puis GERFAUT f.t AGLAE.
BOiSFLKunv, le chapeau à la main , k?» portefeuille Sdus le bras, et comme prenant congé Je madame Duvirnoti que l'on ne voit pas. — Il a un papier à !n rncjin. Oui, belle dame !... à huit heures précises!... pour le central! Ah!... à propos, je laisse sur votre guéridon !... ce sous se ng-privé! vous n'aurez que voire signature à y apposer, si l'affaire vous va... non?... c'est égal... Je laisse toujours ce papier. (// pose le papier sur le guéridon de droite , sous un pressepapier. A lui-vréme.) Avec une jolie femme, il ne faut qu'un caprice... d'ailleurs, Brignolet est
mon client aussi, el puisqu'il m'a chargé de celle atTdire...
GEnFAUT, entrant par le fond, avec Aglié. — A lui-même. — Victoire se lève et laisse la broderie sur la table (\). Belle maison !.., joliment astiquée, comme nous disons, nous autres, vieux marins. (A \'icloire.) lié! la bonne... ma nièce, madame veuve Duvernoy esl-clle visible?
VICTOIRE. Attendez donc !... je parie que monsieur est l'oncle de madame?...
GERFALT. Parblcu ! puisqu'elle est nfia nièce!
DOisFLELRY, à part. Ah ! très-joli !
VICTOIRE. C'est-à-dire l'oncle que madame attend... le capitaine...
GERFALT. I,c Capitaine de cabotage, Antoine Gerfaut, de Saint-Brieuc, Côtes-du-Nord.
I Vie. Gcr. Api. Bois.
M. BEAUMINET
VICTOIRE, à part. lin a-t-il des noms!... (Haut.) Ali! que maciaine va être conlenle !... voire chambre esl prèle dopiiis huit jours, ainsi que celle de madon.oiselle votre Hlle.
GERFAUT. Celle chère Laurence !.,. (Allant à Boisllcury, qu'il regarde a peine: Annonceznous, mon ami. [Aglaé retire son chapeau itson mantelct qu'elle donne à Victoire.)
BOisFLKiRV, qui s'uvariçait pour le saluer, à part (1 ). Hein ? Il me prend pour un domosliiiue ! VICTOIRE, ri'iut. Mais c'est le notaire de madame, M. Hoisfleury ! [Elle sort par la gauche, en emportant le chapeau et le mantelet.)
GERFAUT. Ah! Monsieur... pardon... je suis distrait... comment, à votre âge, déjà notaire?.,. AGLAÉ. C'est vrai... à Sainl-Brieuc... tous les notaires sont vieux !...
BOISFLEURY, la Saluant. A Paris... ils sont presque tous jeunes !...
Ar.LAÉ. Ces! bien mieux !...
BoisFLHURV. C'esl mon avis, Madein... {A part, la regardant.) Ah! trè-jolie ! toilette un peu province!... mais... [S'interrompant, et haut à Gerfaut.) Je vous laisse aux émotions de la famille... [Il remonte t redescend au milieu (2). Nous nous reverrons bientôt!... le contrat est pour ce soir, à huit heures, et je seiai exact ! car avec une charmante mariée comme madame Duvernoy, c'est une bonne fortune pour nous autres.
Air ; Du souper de Henri IV.
Chaque lieu que nous formons, Nous vaut un baiser, droit d'iiubainc!
Ce baiser, nous le réclamons Quand la future en vaut la peine.
Monsieur, si, par hasard, chez nous, Vous mariez nuidenioiselle, Âh! combien il me serait doux D'obtenii" votre clienlelle!
Monsieur... Mademoiselle... {Il sort par le fond.) AGLAÉ (3). Il est très-aimable, ce notaire-là...
très-aimable !
GERFAUT, allant a Victoire, qui rentre par la
gaucht (4). Eh bien ! et ma nièce, corbleu !... VICTOIRE. V'Ià Madame ! (Laurence en négligé
du matin entre par la gauche. — Aussitôt qu'elle
est entrée, Victoire sort par la gauche.)