TOUS LES TROIS
Air : Il faut soir et matin. (Cerveau fùlé.) 0 moment eucbauteur!...
Dans mes bras je vous presse...
Jour de joie et d'ivresse Qui double mon bonheur!
GERFAUT, gaiement. Présens à l'appel !... comme nous disons nous autres, vieux marins!
LAURENCE, lui seri'ant la main. Que c'est donc aimable à vous, d'avoir fait une si longue route, pour assister à mon mariage!... {En disant cela, elle s'assied avec Aglaé sur la causetise.)
GERFAUT. La K>elle affaire ! de Saint-Briouc à Paris, c'est une course d'omnibus aujourd'hui.
AGLAÉ. D'ailleurs, mon père a l'inlcnlion de se fixer pour quelque temps dans la capitale.
LAURENCE. Vrai, mon oncle?
GERFAUT. C'est-à-dire que c'est Aglaé.-. (A Laurence.) La vérité est qu'elle veut absolument se marier.
AGLAÉ, d'un ton de reproche. Ah ! jiupa '...
GERFAUT, se reprenant. Non ! l'expression est trop forte... elle grille d'être mariée. Mais il n'y a plus de jeunes gens en province... ils viennent tous à Paris, il faut bien les relancer au gUo !...
AGLAÉ. Et voire futur, ma cousine, esl-il bien ?
LAURENCE, souriant. Très-bien ! trente ans... (le bonnes façons... une jolie fortune, puis galant, chaque malin il m'apporte un boucpiet de violettes!... (Elle montre nn petit bouquet de violettes placé sur la console.)
GERFAUT. Mais Ça irait parfailemcnt à Aglaé, çà!...
LAURENCE. Plaît-il? mon fiancé?
AGLAÉ. Papa !
GERFAUT. Oh! c'est une distraction !.,. je veux dire qu'il nous en faudrait un tout pareil, puis-» qu'il possède tant de qualités...
LAURENCE. M. de Bemaclie en a une du moins que j'apprécie par dessus tout.
AGLAÉ. Il est sentimental?
LAURENCE. Il est architecte.
AGLAÉ. Architecte!
GERFAUT. Bon !
LAURENCE. Je lui confie à la fois le soin de mon bonheur et celui de ma maison ! je l'ai déjà chargé de faire les rentrées, de renouveler les baux, et ce malin même, armé de mes pouvoirs, il a dû se présenter chez mes locataires!
GERFAUT, avec un geste de dédain. La belle affaire !...
LAURENCE, Se levant. Ah ! c'est que vous ne savez |)as, mon oncle, ([uel est le sort d'une pauvre femme qui a le malheur d'être proprié-
Ger- Lau. Agi.