SCÈNE V
Les mêmes, GOTHON, puis BERLINGUET.
JACOUKMNE, o Gothon, qui accourt au fond, avec un tablier et une cuillère à pâte. Qu'y d-t-ii , Gothon?
coTiioN. Oh! rien!., la chaise d'un voyageur qui \ienl do so briser à l'enlréo du village.
PHILIPPK (1). Comment! c'est là celte petite Gothon !.. qui est devenue si jolie'/..
GOTHON, le regardant en souriant. .\ volro service, monsieur rufficicr!
PHILIPPE, voulant l'embrasser. Alors, embrassemoi, mon enfant!
JAi;QUi LiNE, à Gothon. (l'est mon frère!
GOTHON, qui se préparait à se défendre avec sa cuiUére. Monsieur Philippe?., c'est différent!
JACQUELINE. Mais le bruit redouble...
GOTHON, remontant. Voyez donc. Madame, ce gentilhomme qui peste, jure et veut tuer le postillon (i}\
JACQUELi.NE, regardant. .\h! mon Dieu! c'est lui!..
^\ PHILIPPE
£ ( Ton mari?
^ i GOTHON.
'^J Vot* mari?
BERLINGUET , accourant (3). Madame...! Madame....! monsieur le marquis!., il est là... je l'ai enfin découvert!
jACQUixiNE. .\prè3 les autres... comme toujours !
PHILIPPE. Je vais donc lui couper les oreilles!.. ça m'épargnera le voyage de Pondichéry !..
JACQUELINE, vivement. Je te le défends... puisque le hasard me l'envoie... il ne faut pas qu'il m'échappe!
PHILIPPE, riant. .4hçà! voyons... est-ce que lu veux l'enlever?
JACQUELINE, gaiement. Pourquoi pas?., c'est mon bien... et à tout prix...(^ Berlinguet.)\'o[iS, Berlinguei,ne vousmontrez pas...il vousconnalt! loi, mon frère...
PHILIPPE. .Moi, ma compagnie est en marche pour Paris, ainsi...
JACQirELiNE. Oh! non, tu ne m'abandonneras pas!., j'ai besoin de toi!.. (Kii-ement.) reste !.. je l'ordonne... (Doucement.) je t'en prie!
PHILIPPE, cédant. Soit!., je vais dire au brigradier d'aller doucement et de faire une pause dans lous les eabarcls... comme ça, je suis sûr do les rattraper (1) !..
JACQUELINE. A merveille!., je t'enverrai mes ordres par Gothon, mon aide-dc-camp!
PHILIPPE, gravement. Oui, général!..
ENSEMBLE, à mi-voix.
Air: Marche des Moust/uetairen.
Surtout point d inipriideiice,
Sansbruiléloig,,""' """^ " l'z vous,
Conspirons en silence
Contre un ptrlidc époux!
{Ils xorteut, Philippe par le fond à (/auche, Jacqueline et (iolhon par la (janche , Hr.rlinyuet par le. pavillon, au ntomcnt où le marquis, (iorju et la mariée arrivent en désordre par le fond à droite.)