‹ Le voyage de GrèceChapitre 15 sur 22 · REVERIE · texte numérisé non relu

REVERIE

.. .C'est un coin aimable et solitaire des bords de la Seine, là où l'autre jour je m'assis pour me souvenir de la Grèce.

Certes, à sa source comme à son embouchure, le long de son parcours la Seine est toujours la Seine, c'est-à-dired'une noblesse déliée, d'une gravité pleine d'élégance ; pourtant je n'aime guère à me la figurer trop éloignée de

Paris .

Si quelque chose pouvait contredire la pensée du philosophe qui a dit : a La Nature ne se connaît point ; elle n'est belle que pour une intelligence qui la contemple », ce serait l'harmonie avec laquelle la Seine suit ses rives.

J'ai VU rArno couler opaque et verdàtre. X'est-il pas comme le miroir des violentes armoiries des Giantigliacchi ?

E com' io riguardando tra lor vegno, In una borsa gialla vidi azzurro, Che di lione avea faccia e conteçrno...

Le Tibre est pareil aux portiques romains. Il est noble sans grâce.

J'ai vu le Rhin. Pendant plusieurs mois, j'ai habité une chambre dont la fenêtre s^ouvrait sur le fleuve. Longtemps j'ai aimé les Elfes ; et maintenant cet amour est mort. . .

La contemplation de la Seine et la lecture répétée du vingt-quatrième chant de V Iliade enseignent le mieux ce que

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