XANTHE
Xanthe au beau sourire repose auprès de son mari, dans le grand lit. Dans le grand lit aux courtines closes, son mari dort, d'un sommeil profond. Mais quel sommeil pourrait vaincre les paupières de la belle Xanthe ! Ne sont-elles pas gardées par le doux Désir, par l'Espoir plus doux encore !
— Seigneur, — fait-elle, réveillezvous. Vos amis vous attendent. Déjà les barques mettent à la voile.
— Belle, laissez-moi sommeiller un peu dans vos bras. Ce n'est que la pointe, la fine pointe du jour.
— Seigneur, — fait-elle, — réveillez-
VOUS. Vos amis vous attendent. Déjà les barques mettent à la voile.
— Ah ! belle, trop vous me pressez.
N'aimeriez-vous pas un autre ?
— Ah ! seigneur, si vous croyez cela, vous avez votre épée à côté de vous, coupez-moi la tête. Que ma chemise soit tachée de sang, que votre épée ruisselle de mon sang !
Il sourit. ]^e soupçon s'envole. Le voici debout. Le voici qui se vêt d'écarlate. Le voici qui chemine vers le port où les barques se balancent à l'ancre.
Tl fronce le sourcil. Le soupçon revient à tire-d'aile. Le voici qui chemine vers sa maison ; il trouve les portes verrouillées ; il trouve sa femme dans les bras d'un autre.
— Ah ! belle, levez-vous, et dites : qui de nous deux est le plus beau et le plus vaillant ?
— Ah ! seigneur, pour la beauté, pour
la vaillance, vous êtes le premier. Mais pour le baiser, c'est lui que je préfère. — Ah ! belle, priez pour vos péchés, car je vous couperai la tête. Votre chemise sera tachée de sang ; mon épée ruissellera de votre sans-.