‹ Le voyage de GrèceChapitre 3 sur 22 · HELENE OU LA BELLE GUERRIÈRE · texte numérisé non relu

HELENE OU LA BELLE GUERRIÈRE

La nuit descendait lentement sur la ville. Les boutiques, les cafés commençaient à s'illuminer, quelques rares réverbères brillaient déjà.

La tin d'un crépuscule attique d'une couleur d'azur velouté, transparent et opaque à la fois, enveloppait les objets. Ce soir-là, marchant au milieu de la foule riante en son activité harmonieuse, j'avais plaisir à respirer librement la brise fraîchie et parfumée. Car les nouvelles qui nous parvenaient de la guerre étaient encore douces à entendre et tout l'idéal de la Grèce palpitait d'espérance. Soudain un bruit de pas emplit l'air. De tous côtés le peuple s'empresse avec force, mais à beaux gestes, et sans cette grossière précipitation que les masses d'hommes évitent rarement.

Pourquoi cet éclair dans les yeux des spectateurs, ce silence plein de cris de joie ?

C'est la légion épirote qui passe.

J'ai vu mille adolescents, droits, bien pris, lestes, rapides. L'enthousiasme recueilli, sans ostentation, qui les soulevait de terre en ce moment à travers les rues d'Athènes, c'était le sang de leurs ancêtres, les héros de Souli, le sang de ces vierges, de ces femmes qui se précipitaient jadis après chaquetour de danse, du haut des rochers de Zalongue, préférant la mort à la servitude, au déshonneur.

Hélas ! quelques jours à peine s'étaient écoulés et je revoyais la légion épirote traversant les mêmes rues })Our aller s'embarquer au Pirée. Comme la première fois, l'azur du crépuscule mourant était doux, la brise soufflait toujours

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