‹ Le voyage de GrèceChapitre 4 sur 22 · HÉLÈNE OU LA BELLE GUERRIÈRE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE OU LA BELLE GUERRIÈRE

odorante, mais tous nous la respirions péniblement, pareille à quelque exhalaison funeste de marécages. C'est que la défaite inattendue, voilée comme une trahison, avait fondu sur les rêves généreux de la patrie. Ah! si l'on souriait encore parfois d'un espoir furtif, le sourire était triste et découragé, et quand les cœurs sereprenaient à battre plus fort, ils n'en étaient pas moins brisés. Du haut des balcons, de belles mains semaient encore les pétales de roses sur ceux qui allaient combattre, mais c'était comme on dit adieu aux cercueils aimés.

Cependant la légion épirote défilait toujours du même pas libre et rapide. Ces jeunes hommes avaient au moins la consolation de pouvoir mourir. Et savezvous que leur porte-drapeau n'était autre qu'une jeune fille de dix-sept ans? J'ai pu la distinguer assez malgré la nuit pour savoir qu'elle était belle avec ses cheveux dénoués, toute vigueur dans son corps

frêle, et capable avec ses yeux timides de regarder couler son sang. Elle fut depuis grièvement blessée la première au combat. J'appris qu'elle portait le nom d'Hélène, qui est celui d'une princesse grecque célèbre par sa beauté et ses dérèglements, mais aussi d'une Sainte grecque, mère du grand Constantin.

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