TRISTESSE DANS UN JARDIN
Icinont ce que dit Stendhal dans sa Vie
(( Je sais que lorsque l'on n'a pas une connaissance personnelle de tout ce qui se passait dans une armée, il est téméraire de blâmer un général de ne pas avoir osé entreprendre telle marche ou telle manœuvre qui, de loin, semble facile. »
...Les jeunes filles se répandent à travers le jardin ; en cueillant des bouquets, elles folâtrent. Pourtant à les bien observer, leur âme porte si lourdement la gravité des circonstances qu'à chaque minute un air de veuvage vient glacer sur leurs figures de gamines l'essai de la plus modeste gaité...
Au loin, mais si proche de notre vue à cause de l'air subtil, se dresse l'Acropole d'Athènes.
Il m'a semblé qu'elle souriait d'être outragée depuis tant de siècles...
La nuit vint. On fit briller les lumière» dans la salle à manger, et la faim humilia nos douleurs morales. Nous dinàmes d'assez bon appétit.
Après le café, les controverses reprirent ; puis, l'heure de se retirer ayant sonné, je demandai la permission de passer la nuit dans le jardin.
Je m'étendis sur un banc de pierre, le regard perdu dans les sublimes profondeurs du ciel attique, et comme l'endroit où je me trouvais n'était point si éloigné de Colone, les rossignols de Sophocle accompagnèrent de leurs chants mes réflexions pendant cette veillée d'amères délices.