Castel Sant’Angelo au pied de la montagne de ce nom
3. Au lieu de la cité de Macédoine, il faut lire la cité de Manfredoine. Manfredonia, capitale de la Capitanate, est située au pied du mont Gargano, à trente-sept kilomètres de Foggia. Elle est défendue par un château et une muraille flanquée de tours. Elle fut bâtie en 1251, par Manfred qui lui donna son nom,
4. Barletta (Barulum, Barolum), dans la province de la Terre de Bari. On remarque à Barletta une statue colossale en bronze représentant, dit-on, l’empereur Héraclius. La galère vénitienne qui la transportait de Constantinople à Venise, fit naufrage sur la côte de Bari et la statue demeura sous l’eau jusqu'en 1491, époque où le sculpteur Fabio Alfano la restaura, et la fit dresser sur la place publique. Lautrec s’empara de Barletta en 1528, et cette ville resta au pouvoir des Français jusqu’à la fin de l'année 1529.
S. Bari (Barium, Baretum) est bâtie sur une langue de terre qui s’avance dans la mer. L'église de Saint-Nicolas dont la construction commencée en 1087, fut achevée et consacrée par le pape Urbain IT en 1089, attire dans cette ville une foule de pclerins.
6. Monopoli est une petite ville située sur le bord de la mer, à trente neuf kilomètres de Bari et à cinquante-cinq de Tarente. Elle fut fondée au ve siècle après la destruction d’Egaatia. Monopoli fut, à la fin du xve siècle,
Le mardy xxvine de May, nous voyons les haultes montaignes d’'Albanie qui est une partie de Grece. Et la est la premiere ville de Grece nommée Corphou.
Le mercredy vingt neufviesme jour de May, tout le jour, nous tournoiasmes les montaignes de Albanie qui sont haultes à merveilles et delaissasmes à main gaulche icelles, ésquelles y a des concavitez et des vapeurs desquelles s’engendrent grans nuées blanches : et puis après, tirasmes vers Barbarie à main dextre, entreposée en la mer.
La province d’Albanie est en trois parties divisée, car elle est grande province. La premiere partie est en la seigneurie et domination des Veniciens, la seconde est en la domination du Turc, la troisiesme est en la seigneurie des Albanoys pour les aspres montaignes qui y sont, car il y a de divers hommes parmy les roches et des diverses nations qui se tiennent en ce païs là ainsi qu’on nous dist. I]z ont gaige de ceulx de Liesde' pour aller en guerre; ilz ont bien
saccagée par les Vénitiens qui étaient venus au secours de Ferdinand II d'Aragon,
1. Je crois qu'il faut substituer le nom de Venise à celui de Liesde, qui ne présente aucun sens. Nous lisons dans la relation du voyage de Greffin Arfagart : « De là, nous passasmes le long des montaignes d’Albanye, lesquelles sont haultes à merveilles ; et veismes plusieurs cités qui souloient estre de la seigneurie de Venise, mais le Turc leur en a enlevé la plus grand part. Le pays d’Albanye est fort grand et est soubs la seigneurie de troys, c'est assavoir du Turc, qui tient plusieurs belles places, lesquelles souloient appartenir aux Venissiens, esquels lieux il prend le boys pour faire navires et galleres pour batailler contre les Crestiens qui est ung
vingt mille gens de cheval pour aller contre les ennemis de Turquie. Et se tiennent à ung lieu et partie d'Albanie que maintenant on appelle Chimere', là où il y a des montaignes fort terribles et estroictes.
Ledict jour, environ quatre heures aprés disner, il passa une navire Sicule avec certaines autres petites navires chargées de froument qui alloit à Venise. Il nous fut envoyé vers nous une espie pour sçavoir que c’estoit. Toute la nuict, nous eusmes bon vent, meilleur que n'avions à coustume; toutesfoys avoit aulcunes fouldres et illecebres qui volloient, mais ilz ne nous feirent point de mal. Jusques là nous ne eusmes nul mal, la grâce à Dieu.
Albanie a en longueur cccc. milles.
Le jeudy feste du Sainct Sacrement, trentiesme et penultime jour de May, estoyt le vent bien comme il estoit le jour de devant. Au soir, environ cinq heures, nous passasmes à main gaulche le scopule
grand domaige pour la Crestienté, car moyennant ce pays comme l'on nous disoit, il peult faire, tous les ans, grand quantité de navires sans lesquels il ne pourroit faire guerre. L’aultre partye appartient aux Crestiens aibanoys, lesquels se tiennent forts en ung certain pays de montaignes quasi inaccessibles et vivent de la guerre comme les Suisses à qui plus leur donne et tiennent la secte grecque pour ce que leur pays est commencement de Grece. Et la tierce partye est encores soubz la seigneurie de Venise en laquelle partie est une bonne cité nommée Corfehou... » Greffin Arfagart, Voyage de Hierusalem.
1. La Chimère est le nom donné à la côte de l'Épire, traversée par les montagnes de ce nom et qui sont les Juga Acrauceronia des anciens. C'est des montagnes de la Chimère que sortaient les Morlaques, les Uscoques et les Martalosses, qui, par leurs pirateries et leurs brigandages, semaient L terreur sur les côtes de l’Adriatique.
appelé Cavo Ducati', distant de Hyacinte cent milliaires. Cedict jour, passa une navire de Cordeliers qui estoient bien cinq cens venans du concile de Messine, cité de Sicile, allans à Venise; et fut tenu ledit concile le jour de la Pentecouste*. Le vendredy dernier jour de May, avions bonne fortune. Nous allasmes à une isle nommée Famoste près de Turquie et a une petite montaigne près et est contiguë de la mer; nous vismes un fort chasteau quasi inexpugnable lequel s'appelle Cephalonia et appartient aux Veniciens auxquels plusieurs maulx des Turcz sont faitz. Il y a tousjours audict chasteau cinquante gens d'armes pour le deffendre desdictz Turcs.
En la dicte isle il ya ung monastere grec nommé Sancta Maria’.
1. Le cap du Duché (Capo del Ducato) se trouve à l'extrémité méridionale de l'ile de Sainte-Maure. L'ile de Sainte-Maure, Zante et Céphalonie, formèrent, depuis 1362 jusqu’en 1484, u1 duché appartenant aux Tocchi.
2. Les délégués de tous les couvents de l’ordre de Saint-François s'étaient réunis à Messine au commencement de l’année 1532, pour traiter les affaires intéressant la communauté, C’est dans cette assemblée que Frà Mario de Messine fut élu gardien du couvent du mont de Sion. Calaorra, Historia cronolorica de la provincia di Syria e Terra Santa di Gerusalemme. Venise, 1694, page 402.
3. L'ile de Céphalonie est de forme triangulaire et son angle le plus avancé au scptentrion est le cap Guiscardo autrement appelé Capo Capra; à l’orient, elle regarde vers Chiarenza dans la Morée, et au nord l'isle de Corfü.. Toute l'isle est divisés en sept parties principales qui sont Argos- -oli, Liscuri, Finea, Erisso, Pilliro, Samo, Luceto dans lesquelles il y a plusieurs gros bourgs qui prennent leur nom des principales familles de leurs habitans et le plus petit de ces bourgs est de cinquante maisons. La République y tient pour gouverneur un noble Vénitien, en qualité de provéditeur, et deux autres nobles comme conseillers qui retirent les deniers
Juine.
Le sabmedy premier jour de Juing, dedans la mer vers Orient à main gaulche, nous vismes ung fort et puissant chasteau nommé Tornese', soubz la puissance du Turc, situé et assis en terre ferme, en une haulte montaigne, en la region duquel au meillieu de la mer est une cité à main dextre et ung fort chasteau, à laquelle ville ct cité nous allasmes environ
quatre heures après midy, et on tiroit la navire à barque, car elle estoit aterrée*.
Depuis Saligne jusques à Hiacynthus y a de lon-. gueur cinquante milles et de largeur xxx1°. C’est une
publics, chacun un mois, sous la dépendance pourtant du provéditeur. Leur charge dure deux ans. Céphalonie fut enlevée aux Turcs en 1499 par la flotte vénitienne unie à celle du roi Ferdinand d’Espagne. La ville est le siège d'un évêque et l’église cest une annexe de celle de Zante. Dans le xnr° siècle, elle fut érigée en évêché par le marquis Rizzardo de’ Rocchi, prince d’Achaie et de ces isles. En l’année 1479, il vint de la mer de Gallipoli dans la mer d’Ionie une grande armée ottomane qui envahit Céphalonie, possédée alors par un petit prince entre les mains duquel elle était échue. » Coronelli, Mémoires, etc., pages 149-151.
1. Castel Tornese est une forteresse bâtie sur le dernier promontoire du duché de Chiarenza dans l'endroit d’où l’on regarde vers la province de Belvedere, entre le golfe de Chiarenza et celui d’Arcadie. Elle est situce en un lieu fort élevé, à trois mille environ loin de Ja côte de la mer. Coronelli, page 49.
2. La dernière partie de ce paragraphe est rédigée d'une manière fort obscure, Il s’agit de l'ile de la ville et du château de Zante.
3. Il s’agit, dans ce passage, de la longueur et de la largeur de Pile de Zante. Saligne est le nom des Saline di Catestare, et Hyÿacinthus le nom ancien du port de Chieri. Cf. la carte de l’île de Zante, dans Coronclli.
noble cité et saincte dont toute lisle est appelée saincte. Il n’y a point de murs ne de portes, mais il y a ung chasteau pour sa deffense'. En ladicte isle y a plusieurs maisons et habitacles villaigeoïis et y a petis vins. 1] y a de là jusques à Venise 1x. c. milles et jusques à Rhodes sept cens. En ladicte isle y a plusieurs villaiges et mesmes ceulx desquelz les noms s'ensuyvent, lesquelz nous avons veuz : assavoir Gaytain, Bavato, Calipodo, Barquinado, Cutiminaria, Higraiato, Tragati, Pellussi Querry, Loy Sata, Musachi, Frotiti’.
Paniacea * est une belle terre, habundante de vins
1. L'isle de Gente a environ vingt-cinq lieues de long et quinze de large soubz la domination des Venissiens, laquelle a esté destruicte par les Turcs il y a environ cinquante ans et furent tuez tous les crestiens qui pour lors y habitoient. La principale ville s'appelle Castum laquelle est le port de mer sans murailles et est peuplée de crestiens grecz et de juifz payans tribut aux Venissiens. Pour les Latins, y a une eglise de laquelle un Augustin est curé sans autres prebstres latins. Mais auprès, sur la montaigne, est le chasteau tout ruyné auquel se tient le cappitaine avec ses gens, deputé de la seigneurie de Venise. Et auprès y a ung couvent de trois cordeliers. Voyage de Greffin Arfagart, {9 38.
2. Les noms des villages de l’île de Zante, doivent être ainsi restitués : Gaitani, Banato, Callipado, Hieracaris, Tragaki, Belousi, Kéri, Lithakia, Mousaki, Fioliti. J. Spon, dans la Relation de son voyage de Dalmatie el du Levant, a donné les noms des cinquante principaux villages de l'ile de Zante, tome I, pages 112 et 113.
3. Au lieu de Panacea, il faut lire Pianura. « Toute l’isle est divisée en trois parties qui s'appellent Montagna, Pedimonte et Pianura. La Montagna commence au levant du côté qu’est le port Chieri et fait le tour de toute l'isle du côté du midi et du couchant jusques au septentrion, ayant au milieu une très belle esplanade appelée Neruli au milieu de laquelie une grande quantité d’eau qui s’y amassoit formoit un lac avant que le noble Angelo Barbariso eut eu l’industrie de le faire seigner et dessécher ; à
A © de ee ue, À
et vignes assavoir de bon vin blanc ct rouge. En ce pays vient la regalice; nous en vismes et arrachasmes et se nomme le lieu Castum.
Castum' est lieu d'espace assez grant ct situé en une haulte montaigne; neantinoins est moult destruict et y a plusieurs petites maisons et deux paroisses bien petites. Laquelle chose est faicte d’iceulx à cause des continuels mouvemens de terre qui se font en ceste region, parquoy, si les maisons estoient grandes seroient en plus grand danger. Castum est port de mer et y a de riches marchans
présent, c’est une belle et fertile plaine de dix milles de longueur et quinze de largeur. Elle confine ses deux côtés à la mer, à son rivage et le bourg appelé Chieri, qui communiqne son nom au port, des eaux duquel naist la poix noire et il y a une opinion parmi les gens du païs qu’anciennement il y avoit là un lac tout entier de cette poix..…. Sur la partie appelée Montagua, sont les bourgs d’Ambelo, Chilomeno, Agelo, San Leo, Santa Maria et autres au nombre de neuf... Dans la partie appelée Pianura (plaine) qui est au nord de l'isle, sont les bourgs Gaani, Curculidi, San Quircio, Farcio & San Dimitri. Mémoires historiques et géographiques du royaume de la Morée, Negrepont, et des Places maritimes jusques à Thessalonique, recueillis par P. M. Coronelli, traduit de l'italien. Amsterdam, 1696, pages 162-164.
1. Il faut lire Castrum ou Castro au lieu de Castum : ce nom désigne le Castello, ou château d: Zante.
« Du côté que souffle le vent grec, il y a un château bäti sur une hauteur qui domine toute l’isle, où se tiennent le Recteur et le Commandant. Au pié de cette hauteur est le bourg qui, s'étendant deux milles le long du rivage de la mer, s'élargit à un demi-mille vers la montagne. On y voit un bon nombre de maisons qui appartiennent aux citadins ou aux marchans, artisans & mariniers. On y fait quantité de raisins de cabas, des vins d’une grande force et des huiles excellentes, en telles enscignes qu’une année portant l'autre, on tire de chacune de ces récoltes en vente, la somme de cinquante mille ducats. Coronelli, Mémoires hisioriques et géograbhiques du royaume de la Morée. Amsterdam, 1696, page 164.
dont les moindres ont ur navires sur mer. En ceste cité lorsque nous estions, feit son entrée monsieur le conte Angelus Barbaricus, proviseur deputé de la Seigneurie de Venise pour le gouvernement d’icelle ville, en laquelle entrée plusieurs choses se feirent en l’honneur d’icelluy.
Le dimenche 11° de Juing, je chantay messe en l’eglise Nostre Dame de Grace et communiquay le procureur, le cousin et Jehan de Paris'. En ladicte eglise a un curé Augustin. Au dessus de la ville de Castum a ung chasteau à main senestre. La maison du proviseur est ung petit couvent de r11 Freres mineurs, pauvre eglise et y a une ymaige de la Vierge Marie à main dextre et une paincture de S. Hierosme, et à la main senestre est S. Bernard et derriere est une paincture de S. Bernardin et aussi de S. François avec son libvre auquel est escript. Pater manifestavi nomen tuum omnibus hominibus. Et à main senestre, sur l’huys est escript : Leonardo Lauredano principe dicato regio prouisore.
En après, vismes la cité de Patras oùS. André fut martirizé, et là y a une abbaye de laquelle S, Anthoine fut abbé en l’ancien temps”. Cedict jour au
1. Charles Philippe, seigneur de Grandchamp, procureur de Robert de la Marck, Jehan de Bauni, cousin de Denis Possot, et Jehan Legros, marchand de Paris.
2. « Proche du cap de Rio on voit une montagne et, sur le haut, une forteresse au nord de laquelle est assise Patras, ville tres ancienne et le siège d’un archeveque...… Le païs qu’elle comprend dans son territoire avait, sous la domination des princes grecs, le titre de duché, qu’elle garda
soir, IX navires se partirent d'avec nous pour aller en Constantinoble et les aultres en Archadie, Alexandrie, Sirie et Tripoly; et demourasmes tous seuls, faisans le guet de paour du Turc. Le mardy quatriesme jour de Juing, après midy, feurent n1 voilles de nostre navire estendues au vent qui estoit bon et fort. Nous allasmes fort toute la nuict, nous conduisant le vent de Grece lequel est appellé le vent de Trois voyes. Cedict jour, nous passasmes devant une grant montaigne située en une isle qui est appellée le mont d'Arabie, là où il y a plusieurs villes et citez subjectes au Turc.
Le mercredy v Juing, nous passasmes à main gaulche près de la cité de Modon en la Morée, partie de Grece, c'est-à-dire ès parties des Mores de Grece; et est icelle ville subgecte au Turc; toutesfoys, le temps passé, estoit aux Veniciens, distant de Jante de cent milles. En après, vismes l’isle de Stago subjecte aux Veniciens, en laquelle Paris print Helene et la mena en Parentine comme devant a esté dit. Entre Arfone! et Modon, à main gaulche est une forte et puissante cité nommée Archadie*, appartenante au Turc ayant au meillieu d’elle ung puissant chasteau,
jusqu’à ce que le prince qui la possédait en l’an 1408, n'ayant pas assez de forces pour la soutenir et la garder, la céda pour une grosse somme à la république de Venise, sur laquelle les Turcs l'ont prise. » Coronelli, Mémoires, pages 44-45. Patras fut enlevée aux Vénitiens par les Turcs, en 1458. 1. Au lieu de Arfone, il faut, je suppose, lire Tornese. 2. Arkadia, sur la rive du golfe de Messénie, était la capitale de la province de Belvedere.
lequel est beau et y a de là jusques à Modon cinquante milles. Il y a une aultre cité nommée Coron! distant de la Cochona* xvurs milles. Item, une aultre nommée Naples de Romanic* dont viennent les bons vins de Romanie et est icelle cité distant de Modon deux centz milles et de la cité Camelerne cent
1. « Après que nous fusmes à Coron, nous veismes de loing l'isle de Stago en laquelle Paris ravit la belle Helaine.» Greffin Artagart, Voyage de Hierusalem, fo 44. Jehan Gachi, dans sa relation, donne également à cette île le nom de Stago.
2. On trouve, aux environs de Coron, dans l1 direction du nord-ouest, à peu près à la distance indiquée par Denis Possot, une localité portant le vom de Kokino. Mais je suppose qu'il s’agit ici de la ville de Colokina l’ancienne Gytheum, située pres de l'embouchure de l'Eurotas au fond du golfe de Laconie. Cf. De la Guilletiere, Lacédémone ancienne et moderne, Paris, 1676, pages 47 et suivantes.
3. Cette forte et marchande ville fut bâtie par Nauplis, fils de Neptune et d'Amimone, dans l'endroit le plus reculé du golfe, appelé communément de Napoli et, par Ptolémée, Argolicus sinus, sur la pointe d’un petit promontoire qui s'étend de deux côtés. Celui qui est vers la mer forme un port spacieux et tres seur et l’autre ôte aux passagers une grande commodité de leur commerce, parce qu'ils ne peuvent y monter que par un sentier étroit et escarpé qui est entre le mont Palamides et la marine. La ville est située là auprez, et, avec ses avantages tres considérables, elle tient de trois côtez, comme en bride, les ondes de la mer, et ses rivages sont si hauts et si escarpés que, dans des rencontres périlleuses, ils otent entièrement à l'ennemi toute commodité, non seulement de pouvoir faire prendre terre à ses troupes, mais aussi de pouvoir battre de ses galeres les murailles de la ville. Le port est fort spacieux dans son sein, mais il se resserre à l'entrée et les galeres n’y peuvent entrer qu'après avoir passé un canal où elles sont exposées au feu de l'artillerie. La ville est defendue d’une citadelle bien pourveue et qui, étant batie sur un ccueil environ trois cens piés avant dans la mer, ne peut être attaquée du côté de terre et les bois espais qui l’environnent la mettent à couvert de toute surprise... Elle n’a pas manqué non plus de titres honorables, car elle était autrefois un eveché qui reconnaissait Corinthe pour sa metropole et, aujourd'hui, elle est archeveché elle même et un des principaux. Elle est distante
milles'. Il y a de la cité appelée Malvasia* à Camelerne Lx milles et y a ung beau chasteau. Il y a une aultre cité nommée Saxemille* et y a de là jusques à Modon cinquante milles et toutes lesdictes citez
sont au pays des Mores au pays de Grece et n’y en a nulles aultres.
Description de la ville de Modon.
Modon est une cité* forte et metropolitaine en la
de cinquante cinq milles d’Athenes, soixante de Ministra, trente six de Corinthe. Coronelli, Mémoires, pages 107-111.
1. Camclerne est peut-être le nom défiguré de Calamatta dans la province de Belvedere.
2. Malvasia ou Malvoisie. La ville app:lé vulgairement Malvasia, que Ptolemée nomme Epidaurus Limera, et Baudrand, après d’autres, Monembasia, est située sur un rocher d’agréable prospect, dans la partie orientale de l’ancienne Tzaconie, région âpre et rude, mais neanmoins autant fertile qu'aucune autre du Peloponèse..... Elle porte le titre d’archeveché. Sa situation est tres avantageuse, car elle est batie sur le hact d'un rocher qui a ses fondemens dans la mer et est baignée tout autour des eaux de l’Archipel. — Elle est inaccessib'e de tous côtés, si ce n'est d’un, où elle est munie d’une triple muraille fort épaisse. Là est attaché un fauxbourg d’un assez grand nombre de maisons, fermé d’un iort rampart par où les habitans ont issue pour aller à la terre qui, se détachant du continent en forme de langue, lui est unie par un long pont de bois. Elle a aussi un port assez spacieux et qui est mieux gardé que la forteresse. Coronelli, Mémoires, pages 100-105.
3. La ville désignée par Denis Possot, sous le nom de Saxemille, est celle de Corinthe. Le nom de Hexamille (six mille) lui avait été donné à cause de la longueur de la muraille que l’empereur Manuel fit construire dans l’isthme en 1413. Elle fut détruite en 1424 par le Sultan Murad II, après le siège de Constantinople. Rétablie et fortifiée, en 1464, par les Vénitiens commandés par B:rtoldo d'Este, elle tomba la mème année aux mains des Turcs.
4. Elle est éloignée de Coron de dix milles, de cent vingt de Napoli de
province Hellesponte qui maintenant est appellée Morea. Elle est en la seigneurie de Grece prés de la mer et y a de là à Jante cent milles, comptant les montaignes. Les Veniciens l'ont tenue longtemps, mais depuis Liv ans, elle est subjecte au Tl'urc et tributaire, et est si forte que on dit qu’elle est imprenable. Aulcuns disent que le corps sainct Leon est en icelle cité, les aultres disent qu’il est encores vivant. Ceste cité fut prinse par trahison des Turcz, et les habitans de la cité aymerent mieulx brusler leurs femmes, enfans et lignée que d’estre subjectz au Turc et enchoir entre ses mains. Quoy voyans, lesdictz meschans Turcz firent faire des testes de chrestiens deux haultes tours, lesquelles sont appellées maintenant les tours des Martyrs, et pour ce leans, chascune nuict, les sainctes relicques sont decorées de la lumiere celeste.
Romanie et soixante-douze du cap de Matapan. Son assiette que la nature et l’art ont favorisée de plusieurs circonstances qui la rendent forte, est sur un promontoire avancé dans la mer de Sapienza, faisant front aux côtes d'Afrique ; aux piés est un seur et commode port où réside ordinairement le sangiac de la Morée qui est en grande disunction à la Porte pour son beau gouvernement... En 1124, cette ville fut attaquée et prise par le doge Domenico Michiele lorsqu'il revenoit pour la troisième fois de la Terre Sainte, triomphant des conquêtes qu’il avoit faites de Tyr et d'Ascalane dans la Sorie, de Rhodes, de Scio, de Samos, de Lesbos et d'Andro dans l’Archipel. Coronelli, Mémoires, etc., pages 52-58,
Bajazet arriva devant Modon le 11 juillet 1500. La ville était déjà investie par terre et par mer. Malgré le secours de Melchior Trévisan, la place fut emportée d’assaut le 10 août et les habitants furent passés au fil de l'épée.
Description de la ville de Coron.
Auprès de ladicte cité y a une aultre cité nommée Coron' fort riche et y a de là x1r milles, laquelle avec les terres assises auprès nuist fort 4 l’isle de Cipre. Le faulx traistre Turc permet aux Chrestiens estans là vivre en ladicte terre en la loy chrestienne moyennant grant tribut qu’il a d'eux. Les presidentz et maistres sont créez à sa volunté et obeïssent aux commandemens des princes. La y a des prestres grecz qui demeurent avec les Turcz. Ladicte ville Coron est assise hors la mer Adriatique, laquelle est une tresforte ville tant de tours que de murailles. Nous passasmes par auprès d’une isle nommée Caye*
1. Coron a son assiette forte et avantageuse dans la province de Belvedere, la plus fertile et la plus riche de ce vaste royaume et qui fait partie de l’ancienne Messénie à la distance de dix milles par terre et d’environ vingt par mer de Modon, au côté gauche du cap Gallo. Elle forme dans sa figure celle d’un triangle scalène, et d’un de ses angles, elle regarde une grosse tour bâtie sur un roc que les Vénitiens firent élever en l'an 1463 pour servir de magazin. Les autres deux côtés qui ne sont point mouillés des eaux du golfe de son mème nom laissent un assez grand espacé pour faire commodëtment le tour de la forteresse qui est ceinte d’un vieille muraille d’inégale épaisseur flanquée de grosses tours et à quelques pas loin, du côté de la Tramontane, il y a un fauxbourg de cinq cents maisons, Coronelli, Mémoires, etc., pages 58-59.
La ville de Coron capitula le 20 août 1500 : le sultan Bayezid y fit son entrée le même jour et partit après s'être arrêté pendant trois jours dans cette ville. Les revenus de Modon et de Coron furent affectés au trésor de la Mecque et de Médine,
2. Porto delle Quaglie, ou port des Cailles. Tous les voyageurs qui ont visité ou doublé le Brazzo di Maina ont fait mention du grand nombre
en laquelle a grant abundance d’oyseaulx de proye, comme de faulcons, autours, et aultres oyseaulx lesquels mengenssent les aultres, à la prinse desquelz toutes les aultres nations circonvoisines arrivent. Nous allasmes prés d’une isle nommée Cerine!, fortifiée de quatre chasteaulx, et incontinent aprés, per-
de cailles et d'oiseaux de proie que l’on trouve dans la partie méridionale du Péloponèse et dans les îles voisines.
« Tant que la Turme à force de tirer Gaigna la poincte et se veut retirer
Ouitre le cap au port de Porte Calle
Car là sitost ne fusmes arrivez
Que des haultz monts nous voyons derivez Grecz à foison descendans les vallées Portans barils pleins de calles salées
Ayant taxé la douzaine à un sol
Dont maint de nous en eut le ventre saoul C'est aussi la où les sacres legers
Sors et sagartz et sacretz estrangers
Après avoir passé Ja mer entière
Sont attrapez et pris à la panthière
Plus nous en fut d’iceulz porté à vendre Que nous n’avions d'argent pour despendre Combien que tant en estoit vil le preis Que pour l’escu aviez le sacre pris
Qui couste quinze et parfois vingt en France. »
Le discours du voyage de Constantinoble envoyé dudict lieu à une damoyselle françoise. Lyon, 1542, page 32.
1. Cerine est le nom d’une ville de l'ile de Chipre. Il faut substituer à ce nom celui de Cerigue ou Cerigo. « La première isle de l’Archipel au couchant est nommée aujourd'huy communément Cerigo. Elle est vis-àvis du golfe Laconico, loin de la Morée seulement cinq milles, quarante de l'ile de Candie et en a soixante de circuit. La ville, de même nom que l'isle, porte le titre de ville épiscopale, elle a été bâtie sur un rocher escarpé et dans une situation fort avantageuse, ayant du côté de la mer un terreplein bien muni de canons où l’on fait la garde, La République de Venise
dismes la couverture d’une part et d’aultre, tant que le jeudy vi Juing nous ne vismes point de terre.
Description de l'isle de Crete et cité de Candhe.
Le vendredy vis Juing, nous approchasmes près d’une isle nommée Crete en laquelle est une ville nommée Candie belle et bien forte en laquelle sont plusieurs eglises entre lesquelles celle des Freres mineurs est la plus belle. Le patron de l’eglise cathedrale est sainct Titus, disciple et serviteur de sainct Paul, ordonné evesque par ledict sainct Paul, et là est le corps de sainct Tite. Toutes les eglises de Grecz en icelle isle ont esté destruictes excepté les religions et aulcunes qui sont près des villes du costé vers midy qui ont esté laisstes pour la deffense de Candie et une chappelle de la Vierge Marie laquelle a esté miraculeusement deffendue, tellement qu’on ne la peult destruire, en laquelle par chascun jour, on dit les heures canoniales'. Les prestres
en a retenu la domination depuis la division de l'empire de Constantinople et elle y envoye tous les deux ans un de ses nobles en qualité de chaste- Jain et de provéditeur. Coronelli, pages 178-183.
1. Félix Faber (Schmidt) donne sur les églises de la viile de Candice, des détails que je crois devoir rapporter ici. « La ville de Candie, grande et bien peuplée, est remplie de marchands qui y viennent de tous pays. Elle s'élève sur un pli de terrain qui s’abaisse vers la mer et elle est défendue par une enceinte de muraill:s, par des tours et pardes fossés.
L'église cathédrale est dédiée à saint Titus, disciple de saint Paul et évêque ; on y conserve ses reliques. Il y a, en outre, une église métropolitaine gouvernée, depuis les temps anciens, par un archevëèque, ainsi que
grecs d’icelle isle portent des chapeaulx collez et verniz dessus, dedans rouges. I]z sont mariés et espousent leurs femmes par sacrement de mariaige et n'oseroyent habiter avec d’aultres sur peine d’estre degradez et d’estre privez de tout l’ordre et droit clerical. |
Les maisons sont faictes de pierre dure et sont voultées par dessus si bien qu’elles tiennent eaue et elle ne peut penetrer et va on par dessus comme és rues. Le pays est fort sec; toutes fois il y croist de bon vin comme Malvasie et Muscadet lesquelz sont là à bon marché. Raisins, figues et amandes sont meures en juing et les bledz en may et à bon marché. Il n’a point d’eau doulce qui n’en va querir à ung milliaire loing, et on la vend à la barillée x d.t. de la monnoye de Venise.
le constate une lettre écrite par Cyrille à Augustin d'Hippone. Celui qui en est aujourd'hui le titulaire est aussi patriarche de Constantinople. Les églises et les prètres de toute l'ile relèvent de éctte église métropolitaine. Quand on veut baptiser un enfant ou ensevelir un mort, on doit y chercher les sacrements. Les religieux dominicains possédent à Candi: un beau couvent situé près des remparts et donnant sur la mer dont on a la vue de la plupart des cellules. Les flots déferlant sur les écueils et les récifs viennent battre ses murailles qu'ils ne peuvent renverser, car elles sont construites sur les rochers et avant que les vagues n’atteignent les murs, leur impétuosité est amortie par les écueils; maïs celui qui n’est point habitué 4 ce spectacle et qui voit les vagues se précipiter, tremble qu’elles ne renversent les muraiiles... Les Frères mineurs posstdent aussi deux couvents situés, l’un dans la ville, l’autre dans le faubourg. Il existe aussi un couvent d’Augustins peu élo‘ené de l’hospice où nous descendimes. Les stalles du chœur de l’église sont en bois de cyprès fort bien sculpté; sur chacune d'elles on avait représenté un saint personnage, Notre-Scigneur Jésus-Christ, la bicnhcureuse Vierge Marie, les apôtres et
Il y a des personnes qui, par chascun jour, font le deuil d’ung trespassé par ung an entier, au matin, en la maison dudict trespassé. Iceulx brayent et crient si fort qu'il semble qu’ilz soyent hors de sens et tous folz.
Auprès de Candie, y a ung hermitaige en une haulte montaigne où monsieur sainct Paul preschoit, lequel fut enchassé des larrons et brigans et s’en alla à Rome.
On dit qu’il ya en l’isle de Crete xvir mille tant villes, chasteaulx que villaiges èsquels tant Chrestiens que Turcz, Juifz et Sarrasins demeurans, paient tribut aux Veniciens.
les patrons de l’église. Mais ces sculptures ont été mutilées par un iconoclaste. Un Grec hérétique s’introduisit clandestinement dans l’église et coupa le nez de toutes ces figures, Il dégrada ainsi un magnifique et saint travail. Les Grecs souillent nos églises toutes les fois qu’ils le peuvent faire. En haine des Latins, ils volent les vases sacrés et les sacrements toutes les fois qu’ils trouvent la voie libre. Le grand hôpital de Saint-Antoine se trouve dans le même faubourg. On y a établi, dans un vaste dortoir, des cellules destinées à recevoir les pèlerins qui reviennent de la Terre Sainte. J’y ai demeuré pendant quelque temps. Le supérieur était un Allemand de Landshut.
Félix Faber fait aussi mention d’une conspiration ourdie par les Grecs de Candie en 1475, et qui avait pour but de livrer la ville aux Turcs. Elle achoua grâce à l’arrivée d'une escadre vénitienne dont le commandant fit arrêter et transporter les conjurés à Venise. Faber se plaint aussi que toutes les pharmacies de Candie soient entre les mains des Juifs. Il blime la facilité avec laquelle on y reçoit les Turcs ct les Sarrazins et il déclare que toutes les expéditions contre les Infidèles seront vaines si on n’extermine d’abord les Grecs. Evagalorium, éd. Hssler, t. III, pages 278 et suivantes.
Buondelmonte a écrit une description de l'ile de Crète qui a été insérée dans la Creta Sacra de Flaminius Cornelius (Cornaro). Venise, 1755, tome,
pages 77-109.
Nous vismes une isle nommée Scarpente en la fin de Crete’.
Jtem, une montaigne qui s'appelle Ida laquelle est si haulte que le sommet est veu presque attoucher les nues; de là, on voit facilement la Turquie, Rhodes, Barbarie et aultres terres tant loing que les yeulx peuvent regarder.
Le samedy vi de Juing, à main gaulche nous navigeasmes toute Crete et n'y avoit point de mer au costé dextre.
Le lundy x Juing, nous navigions petit à petit par Crete, car le vent n’estoit pas fort bon, mais faisoit petit vent et la mer s’enfloit et vismes des daulphins prés de la navire lesquelz saultoient, qui est signe d’avoir bientost tempeste, ainsi qu’on disoit. Ce jour mesmes, environ quatre heures après midy, survint ung grand vent qui poulsoit nostre navire en grande impetuosité, et dura toute la nuict, tellement que eusmes si grant cremeur que ne sçavions que faire, Aulcunes foys, la navire se eslevoit en hault comme jusques au ciel, aulcunes foys si bas qu'il sembloyt
1. Scarpanto, l’ancienne Carpathos. Elle est située entre les îles de Candie et de Rhodes. Il y avait autrefois, sur son côté septentrional, près de la mer, une grande et belle ville appelée Phianti, dont on voit encore les masures, et qu'on prétend avoir été Posidium. On y voit, présentement un château avec un faux-bourg, appelé aussi Scarpanto près du port de Tristano du côté d'occident et presque vers le milieu de l’ile mais un peu plus vers l’orient, où tous les magistrats et les habitans, qui sont Grecs et vivent à la gréque font leur séjour. Il y a dans cette île plusieurs hautes montagnes. Dapper, Description exacte des isles de Archipel. Amsterdam, 1703, page 172.
d'un
qu’elle cheust en abisme, en allant si fort que c’estoyt grand merveille. Les voilles estoient toutes desrompues et la navire clacquoit de tous costez et sembloit qu’elle fust toute brisée. Les poissons daulphins se gettoient tousjours en l’aer qui signifioient fortune mauvaise. Le vent n’estoyt pas droict, mais venoit de main gaulche, la navire alloit à sa volunté. Si Dieu ne nous eust gardez, nous estions periz et, le xi° jour, fusmes ainsi toujours menez.
Le mardy xt Juing, le jour Sainct Barnabé, d’ung mesme vent entrasmes au goulfe de Sathalie et estoient toutes les voilles tendues, là il y a ung peril pour les grandes tempestes qui y sont tousjours, et souvent y a des navires rompues et perdues. Laquelle chose craignant madame saincte Helene, mere de Constantin, revenant de Hierusalem gecta ung des clouz de Nostre Seigneur et aulcunes parties des relicques qu'elle emportoit dedans la mer, et subitement la tempeste fut apaisée.
Depuis Crete jusques à Cipre n’y a point de terre excepté l’isle de Natholie qui est à costé du goulphe entre Rhodes et Cipre.
En oultre, depuis Appulie n’y a point de terre à main dextre, jusques qu’à ce qu'on arrive en Cipre.
Le mercredy xn° de Juing, tout le jour, nous eusmes vent inoyen et ne vismes point de terre. Nonobstant, à main dextre, en ferme terre sont plusieurs citez et chasteaulx fort renommez en la terre de Turquie, à l'endroit desquelz nous passasmes. Assa-
voir, Gayderon", Cristiana *, Cavo Suberon’, Morea!, Cavo Scarpento’, Lindico*, Septicapi', Castelrouge*, Cavo Lidoli” et plusieurs aultres. Celle region jadis
1. Gayderon est l’ile de Gaïdaronissi située au sud de la Crète.
2. Cristiana, l'île Christiane. « L'ile qui est à prsent désignée sous le nom de Christiane est situte à cinq licuës au midi de l'ile de Satine, à deux grandes lieuës à l'occident de celle de Santorini et à dix ou onze au septentrion de Candie. » Dapper, Description exacte des ïsles de l’Archipel. Amsterdam, 1703, page 384.
3. Caivo Suberon est le Capo Sidero, le cap le plus septentrional de la Crète. Cf, Dapper, page 481.