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SILHOUETTE DE DUMOLLET PAR U.N .\RT1STE AMATEUR

damesde la bourgeoisie parisienne ou provinciale, sans que Dumollet eut réussi à se décidera temps; toujours par la faute de son caractère légèrement timide et tout à fait irrésolu, il avait dit oui trop tard, parfois juste trois mois après que la demoiselle en avait épousé un autre. Mais celte fois-ci, c'était sérieux, le mariage, décidé depuis deux ans, se ferait!

11 y avait eu échange de portraits.

M. Dumollet ne pouvant adresser à sa future le portrait de Pinxit, trop encombrant, avait envoyé son profil en silhouette, découpé à la lueur d'une lampe par un artiste amateur, et le père de la jeune fille avait répondu par l'envoi d'une déhcate miniature. Les deux fiancés se. convenaient. Il n'y avait, plus qu'à partir pour Saint-Malo, car la fiancée de Dumollet, sa jeune cousine Estelle Valsuzon, habitait cette cité fameuse, mais éloignée.

Là était la difficulté. Dumollet ne se sentait pas né pour les grands voyages, il n'eût jamais songé à découvrir l'Amérique ou à chercher si oui ou non il y a

un pôle Nord ; la lecture de l'histoire des naufrages dans les soirées d'hiver lui suffisait. Toutes les émotions, les impressions et sensations des grands navigateurs, celles des naufragés ballottés sur des radeaux, et celles des explorateurs mangés par les sauvages, il se les donnait ainsi, sans

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danger ni peine. Il était donc fort casanier, Lien qu'absolument libre de sa personne, de par sa qualité de rentier jouissant d'un respectable revenu

Le Voyage de M. Dumollef.

de dix-huit cents francs, qui lui permettait d'habiter un joh petit appartement de garçon, à deux pas du boulevard, et de cultiver en toute tranquillité un délicieux talent de flûtiste.

Oh ! sa flùlc. Quels succès elle lui avait déjà valus dans le monde !

Dans ses plus lointaines excursions, Dumollet n'avait jamais été plus loin que le sauvage bois de Boulogne, ou que le village de Montmartre perché au nord de Paris sur une montagne couronnée de pittoresques moulins à vent.

Au delà, pour M. Dumollet, c'était l'in-

connu, l'étranger, presque les pays sauvages.

Certainement, chaque jour, des diligences, des

coucous, des pataches, des berlines, des malles-poste emportaient vers ces

contrées inconnues de harJis voyageurs et même des voyageuses, mais

Dumollet frémissait à la seule pensée de s'embarquer dans ces véhicules pour

voguer du côté desxivages bretons.

Et cependant là-bas, là-bas, Estelle depuis deux ans, s'ennuyait peut-être-

Enfin depuis quelques mois, Dumollet faisant appel à tout son courage, avait pris une résolution. C'était décidé. Il partirait. Pendant tout l'hiver il avait tenu conseil avec ses amis, instrumentistes amateurs qui se réunissaient chez

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