‹ Le voyage de mon fils au CongoChapitre 12 sur 68 · ENTRÉES · texte numérisé non relu

ENTRÉES

Bifteck aux pommes frites.

Carottes à l'anglaise.

Poulet rôti au jus.

Asperges de Belgique.

Dessert et café.

Vin du Ilhin Liebfraumilch, Saint-Estèphe 1878, Champagne veuve Clicquot.

C'est tout à fait remarquable, et vous no croirez ccrtainouKMit pas qu"on puisse faire d'aussi beaux festins sur les a prés llouris » (pi'arroso le Congo. J'ai fait devant ma tonte une plantation de })almiers ([iii est d'un effet réussi. Poltier doit la photographier aujourd'hui; si l'épreuve est parfaite, je la joindrai à ma lettre. Nous espérons recevoir des nouvelles de vous dans quelques jours, ou au moins à Léopoldville, car le bateau qui est parti le G juin arrivera probablement à Matadi le 2 juillet, et la malle sera de snito expédiée sur Léopoldville, où elle arrivera a^sant nous, car nous comptons meltro vingt-cinq jours, comme

je vous l'ai déjà dit, pour monler: étant données les difficultés de la première mise en marche, ce ne sera pas trop.

Le tassement est long à faire ; il faut un certain temps [)Our que chacun se convainque bien (pu- (elles et (elles fonctions lui sont attribuées, et qu'il doit les remplir avec diligence et rapidité. Mais ça va déjà beaucoup mieux que les premiers jours, et je compte maintenant, si nous parlons le 27 juin d'ici, arriver le 22 ou le 23 juillet à Léopoldville ou Kincbassa: en nqjartir vers le l"août. pour être vers le 1" septembre

CHEMIN DE F El! DU CONGO.

aux Faits, où nous resterons: mais il est impossiI)Ie de le dire exactement, car on ne peut se faire une idée (pie lors(pi'on \ est. i-t à distance on se trompe très étrangement.

11 va eu deux tirailleursassezgravement malades, (loiil mi (b's sergents: mais ce sont plutôt des accidents que la maladie du i)ays: ils ont tous eu plus ou moins la fièvre, mais ça ne dure pas longtemps, deux ou trois jours, au grand maximum. Maintenant l'état sanitaire est excellent. Je vous parl(^ beaucoup de cela, car je suis sur que tous ces détails vous intéressent. e( puis c'est ici no(re sujet habituel de conversation.

On a ra|ip(U'(r du liau( Kassaï (afiluent du Congo) un agent de la

Société anonyme belge qui avait eu le corps traversé par une flèche, laquelle est passée à quelques centimètres du cœur. 11 était transpercé de part en part, et cependant il va mieux maintenant, et, sauf com- [dicalions, on espère le voir rétabli dans un petit nombre de jours.

J'ai interrompu ma lettre hier soir, et je la reprends aujourd'hui 21.

Nous sommes allés faire une excursion sur le chemin de fer (environ six kilomètres). Il suit les rives du Congo jusqu'à l'embouchure du M'poso et est pendant quelque temps à flanc de coteau. Pottier a fait plusieurs photographies que je ne pourrai mettre dans cette épître, mais que vous recevrez par la prochaine et que vous pourrez voir dans Vlllustmtion. Abonnez-vous à ce journal, et si vous avez occasion d'écrire à M. Marc, son directeur, dites-lui que Pottier, le photographe qu'il nous a envoyé, me donne toute satisfaction sous tous les rapports, et que je l'en remercie beaucoup. Tant que nous serons aux Falls, vous recevrez les épreuves qu'il fera; mais je vous demande de ne pas trop les communiquer, pour ne pas déflorer « mon volume ».

Je vous demande pardon d'écrire aussi mal, mais l'encre que nous avons ne vaut pas cher, et de plus elle est trop épaisse.

Je crois, du reste, qu'en route j'écrirai peu, mais vous recevrez le plus souvent possible de mes nouvelles. Nous n'enverrons de dépèche que des Falls: il n'y a. du reste, presque pas d'avantage à en envoyer, eu égard à la difficulté que Ton rencontre à les expédier et à la lenteur de leur transmission.

P. S. — Je vous (enverrai pas mal d'objets du bas Congo, ces jours-ci.

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