‹ Le voyage de mon fils au CongoChapitre 14 sur 68 · J E V X E FEMME DU VILLAGE D A X C 0 L A · texte numérisé non relu

J E V X E FEMME DU VILLAGE D A X C 0 L A

Nous arrivons à notre première étape, après quelques montées et descentes caillouteuses, au bord de la rivière M'poso que nous traversons en pirogue. Nous avons traversé de même, les jours suivants, de nombreuses rivières: c'est ass(^/ ennuyeux, car axcc nue (•ara^all(' comme

la nôtre, on y porcl bien près do doux heures. Arrivos au Arposo, nous nous installons et attendons nos vivres; mais, par une raalechance extraordinaire, c'étaient les bordereaux qui avaient été distribués les derniers, et les porteurs ne sont arrivés qu'à quatre heures du soir; aussi crevions-nous de faim, et le malheureux chef des porteurs, dont c'était un pou la faute, a été accablé de reproches à son arrivée, tellement qu'il en est resté quelques heures complètement abruti.

Enfin, tout s'est calmé, et, le lendemain, nous sommes repartis à six heures précises. Cette étapi^ commence par Tascension d'une montagne de 560 mètres, dont la première rampe est si rapide qu'on Ta surnommée le « tombeau des blancs ». Nous l'escaladons, non sans souffler et suer: mais enfin, après trois heures de marche, on arrive en haut. Quelques tirailleurs tirent la patte, à cause de la lourdeur du sac dont ils ont perdu l'haljitude.

En haut, la vue est ravissante : on se croirait en Suisse, avec, en plus, des arbres immenses, des taches do verdure, paraissant au milieu des herbes, et un nombre incalculable de fougères poussant tout à côté de la route. 11 y a en haut du Palaballa, ou Palapalla, une mission américaine établie : mais nous ne nous y sommes pas arrêtés et avons continué en descendant, pour camper, vers midi, au bord d'une rivière appelée le Mséké.

Cette étape-là nous avait assez fatigués, mais, hélas! celle du lendemain doA'ait être encore plus éreintante. Il y avait six heures à peu près que nous marchions par monts et par vaux, ([uand nous sommes arrivés au pied d"une côte très longue et très rapide. Los hommes n'en pouvaient plus, mais il fallait absolument la franchir: il faisait très chaud ; midi, du soleil, pas d'aii-. cl lu côte dans une excellente position pour faire mûrir le raisin champenois le plus rétif.

Enfin, à force d'énergie. Julien enlève ses hommes et leur fait gravir la côte, et nous arrivons à un petit poste, qui s'appelle Congo di Lemba, où nous avons été très gentiment reçus par un sous-officier de l'Etat belge, lequel a fait de son mieux pour nous traiter selon ses ressources, qui, du reste, étaient maigres.

Le jour suivant, 3() jnin. 1 étape était plus facile: on descendait

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presque tout le temps, et la dernière heure s'est passée en pleine forêt. Cétait la première forêt africaine que nous voyions d'un peu près, et la première fois qu'on y pénètre on ne peut se défendre d'une grande émolion; ces grands arbres, avec ces lianes immenses qui les lient les uns aux autres, les lierres, les fleurs de toutes sortes; tout ça est merveilleux. Il fait très frais là-dessous et presque nuit.

Au sortir du bois, nous sommes arrivés à Loufou (ou plutôt Lufu,

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