‹ Le voyage de mon fils au CongoChapitre 24 sur 68 · DISSENSIONS ET DEPARTS. — UN ANCIEN ZOUAVE PONTIFICAL. — ADIEUX · texte numérisé non relu

DISSENSIONS ET DEPARTS. — UN ANCIEN ZOUAVE PONTIFICAL. — ADIEUX

8 octobre 1892.

Nous partons demain malin à six liouros. Tout est oml>all(''. et je ne trouve que ce moi'ceau de juipier, car tout le monde dort à la mission, et en cherchant je réveillerais la communauté. Comme 'y vous Fai annoncé, à la suite de regrettables incidents, X... s'en va. Y... a cru devoir en faire autant, et je ne me plains pas du départ de ce dernier, qui, ma foi, no me plaisait guère.

Je ne suis pas fâché de quitter Brazzaville et d'avancer un peu vers rinconnu. M. Dolisie vous enverra les deux procès-verbaux des convinsations de X... et Y... qui motivent leur départ. Je n'y ajoute rien pour l'instant, quitte à vous envoyer ces jours-ci quelques appréciations. Prol)al)lemenl, la prochaine lettre que vous recevrez sera datée de Banghi. Nous ne recevrons plus de lettres de vous d'ici quatre mois au plus tôt. Aussi, j'espère que vous continuerez à vous bien porter d'ici là. et que les nouvelles que je recevrai seront excellentes.

La santé est toujours dans le meilleur état, et, sauf les inévitables accès de fièvre qu'occasionne le moindre désagrément, tout est pour le mieux dans la meilleure des sanlés. Mes deux autres copains, Julien et Poltier, vont aussi très bien, et la navigation sur le Congo s'annonce comme devant être excellente. 1! n'y a pas de mal de m(M- à craindre, et nous III' Iroiivt'i'ons |»as la |diiii' a\;iiil iiiir iiiiilaiiii' de j(»urs. Dame! a[»rès. il

faut bien s attendre à la voir fréquemment et à se faire arroser régulièrement presque tous les jours. J'ai écrit au gouverneur (M. de Cliavannes) à Libreville pour m'excuser; loul est donc en régie de ce cùLé, et vous Itouvez dormir IraïKpiilIc.

Nous partons, (•nicicllcnicnt appu\rs par la colonie, et allons passer le [dus de traités possible au nom de la b'rance. Xous \errons jns(pi'on cela nous mènera. Kn attendant, vous pouvez vous ivassurer, Julien mecbargede vous le dire; nous serons très prudents, et je ménagerai le bis à maman, m' tenant [las du loid à servii' de bifleck e| de roaisbeef à MM. les antliropo[)bages.

Demain, a\anlde parti)-, nous assisterons à la nu'sse de Mgr Augonard, et recevrons, j'es[)ère, sa bénédiction, ce (pii ur pouri-a ([iw nous faire du bien et sanctitier un peu notre œuvre. J'ai dit à lévéque que vous eussiez été très contente qu'un missionnaire nous acconq)agnât, pour semer les premiers vestiges de la civilisation cbrétienne. Il m'a répondu qu'il aurait été ravi d'aller avec nous dans le Haut-Oubangbi, jusqu'aux Abiras, mais que, pour l'instant, il y avait trop à faire, et lui personnellement était trop occupé pour pouvoir y aller ; que, sans cela, il se serait fait un vrai plaisir de nous accompagner. S'il venait en France et à Paris, pendant mon absence, je serais très beureux que vous le vissiez, mais je ne crois pas qu'il vienn(\ M. Dolisie, au contraire, y sera proba- ])lement dans six mois. Il ira vous voir certainement; en tout cas, invitez-le. C'est un homme très sérieux, très poli et extrêmement bien

élevé.

Jacques.

Lettre de Mgr Augonard contenant la préeédente.

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