VICARIAT APOSTOLIQUE
DE l'oubanghi (HAUT-coNcio FiiANÇAis). BrazzavilIc, le 0 oclohre 1892.
Madame la Ducuesse,
C'est avec le plus grand plaisir ([ue je viens m'acquilter d'une commission de la part de votre cber Jacfjues, qui, presque au départ de
Bia/.za\ill('. a loucoulrr le Ij'hh XllI. [x'iil NapL'iii' de la uiissioii. el lui a conlié la Icllrc ci-joiiilf.
Pendant sv[\[ semaines, j'ai en le |tlaisii- de dunnef l'Iiosidlalilé à M. Jacqnes, ainsi qu'à MAI. Jidicn el l'ollier, et je ne vous sur[)rendrai |tas en vous disant (|ue je n'ai eu ([u'à lue louer de l'amabilité et de 1 urljanilé de tous ces messunii'S.
La famine que nous suhissous de[»uis de longs nu»is n'a |»as [lermis ù notre Père éc(un)m(' d(^ traiter ces messieurs a\ec tout le luxe des ('dianq)s-Klysées, mais du moins l hospitalité était sincère et corcliale. Aux bons jours, des morceaux d'éb'qdiant ou d'Iiippopotame formaient les « pièces de résistance », et je dois tlire que M. Jacques était toujours le [iremier à s'accommoder gaiement de ces mets exotiques.
Le samedi 24 seidembre, fête de Notre-Dame de la Merci, nos trois botes se levèrent à ciu(j bcui'es du matiu pour assistera ma nnvsse, qui fut dite poiu" le succès du Aoyage et Ibeureux retour des voyageurs. A[)rès le déjeuner, nous descendînuis tous au port de Brazzaville, où tout le personnel de l'expédition était déjà entassé sur le Djoué t^iVOnrbaïKjki, deux canonnières du gouvernement, mises gracieusement à la disposition de M. le duc par M. Dolisie. Bientôt les sifflets des deux bateaux retentirent joyeusement, et toute l'expédition prit la route du haut fleuve, emportant les souhaits les plus sympathiques de tous les Français présents à Brazzaville. M. Jacques vous aura sans doute annoncé le dé[)art de ALM. X... et \ ... (pii sont eiu-ore sur la rive belge, ne sachant trop que faire. M. Julien est un nt»ble cœur (pii saura suppléer à tout el ({ui veillera fratei-nellemenl sur votre cher lils. Que pieu les conduise et les ramène tous sains el saufs près de vous, après avoir planté le drapeau de la h'rance an milieu de nou\ elles contrées.
Pendant son séjour à Brazza\ille, M. le duc, ^isilanl un jour notre cathédrale en conslruction. \onhit bien nu' [n'omettre deux \itraux de saint Jacques et de sainte Aniu'. I un en vcilre iu)m el I autre en son nom propre. Je saisis la |)résente occasion pour ^ous remeri'ier de votre oilVe généreuse, (pii. pendant de longues années, redira à nos pan\res noirs \(dre nom et \(dre cliarile. ,j'ose espérer t\\\i' nous aurez bii'il voulu donner à nu)n correspondant à Paris (.)L Couza, .'iO, rue Meslay)
vos armes ot les insci'i[>tions qui' je désirais voir iignr(M' sur ces vilniiix.
Si, dans le cours de son expédition, ou à son retour, M. Jacques avait besoin de quelque chose, vous pouvez être assurée, Madame la Duchesse, qu'il trouvera à Brazzaville des comrs d'amis qui lui rendront bien volontiers tous les services en leur pouvoir.
En qualité d'ancien volontaire de l'Ouest, pourrais-ji^ vous prier de présenter mes respectueux comphments à M. le duc de Luynes, en lui faisant connaître que le général de Charette m'a promis un anirl avec le concours de tous nos anciens compagnons d'armes?
Daignez agréer, Madame la Duchesse, l'expression du |»bis profond respect de votre très humble serviteur en N. S.
-f- Prosper Augouard,
Evèiiiio lie Sinila, \ieairo apostolique du Haut-Congo français.