ILES DU CONGO. — UN CONCERT. — LA MISSION DE LIRRANGA. — EN AVANT
A bord du vapeur français l'Ouhaiiglti, sur le Congo et l'Oubanghi, du 24 septembre au 12 octobre 1892.
De Brazzaville à Banf/hi.
A CHKIIE MAMAN,
Nous sommes partis de Brazzaville le 24 septembre (samedi). Le
24 au maliu. nous nous sommes levrs à cinij lieui'es et nous avons entendu la messe. Monseif;n('nr nous a fail serAir un hou })elit déjeuner, |)()iir nons rrconforler a\aiil, le drparl,. Il nous a ensuite accompagnés jusqu'au [lort (»m les dnix hateauv de la ((donic. Vihiliaunhi ciAo Djoné, nous atleudaieiiL Ils éhiicul sous pression (d ponssaicnl depuis quelque lemps des sifMemenIs d'iniiialience. Aussi, à peine a\ons-nous eu le lemus de serrei- la main à Al. Dolisie. ipii. je ne sais si je vous l'ai dit, nous a donné, en \erln (\{'s |»on^oil■s (|iii Ini sonl conférés, le droil de passer des liailés el d(> faire |ias mal dacles uliles dans le Ilaul- Oubaiiglii. vers leqiiid nons voguons anjcnird'lini. A sept heures quinze, les deux haleanx soilaienl dn pml r\ nous qniUions Hrazzaville. en sahianl la foule iioinhrense (pii axail \oiihi assislei- à indre ilépai-|. Nous
étions tous los trois sur YOiibanfihi. .luli(Mi. Pollicr cl ui(»i. ;i\t'c [irosquc tous les hommes de troupe. Les aulros (uh(^ di/iiinc (Mi\irou) sont sur le Djoné. Nous aA^ons à bord avec nous un uu'canicicii cl Al. Tli administrateur de qualricme classe des colonies. (|ui (li'|triul dr Ui'a/./.avillc mènu> et qui doit aller régler certaim^s (|uestioiis à Han<;ln et sur le Congo.
Sur l'autre bateau, en didiors de nos dix liouiuics cl d'une Ircnlaine do miliciens sénégalais, ai)[>arlcuanl au Congo français, sont cinq Européens, dont un capitaine, un uu''canicien et trois agenls qui doivent remonter dans le Haut. La Duchesse Anne, avec une dizaine de soldats (pi'elle porte, est renior(piéc par XOubatKjhi.
Les deux bateaux ipii nous rcnu)nlcnl et conlicuucnt une [)arlie de nos charges méritent une descri[»lion. Us sont couslruits sur le même modèle. Le pont est surélevé avec le chargement d'environ cinquante centimètres au-dessus du niveau de l'eau. Le bateau cale environ un mètre à un mètre dix. Sur ce pont, ])resque tout l'avant est occupé par les machines et chaulï'eries. L'arrière contient une calune à deux places. Par conséquent, le pont où Ton j)eut circuler consiste pres(pie uniquement en une passerelle d'un mètre de large qui euloure toutes les dépendances. Tout à fait à l'arrière, est ménagée uiu' petite place où se trouve la table sur kupiellc on déjeune, dîne, lit et écrit. C'est là que nous nous tenons généralement durant la marche. Au-dessus <U\. [tout, un toit en t(Me sup[iorte uu petit ;dtri pour le timonier. C'est sur celte l)late-forme (pu^ sont jiicliés les bouiuies el une piulie de ceux (jui. le soir, fout ilu bois. C;ii- ces Iransporis sont cbaidl'es au l)ois: mais je \ous expli([nerai cela lout à l'iieiue.
Api'ès noire dépari de r>ra/./,a\ ille. assez éniolionnaid. je dois l"a\ouer, nous avons renu»ule le Pool du côte français: malgré cerlaiiis petits bancs de sable avec Icsipnds iu)us aAons eu (pu'hpics |iriscs de bec... ou plnléd de proue, tout s'est bien passé. Lue grande ilc csl située au milieu du Pool, tni peu plus rapprocliée cciieiidaul du côlé bançais, et (die domie un double accès aux bab'aux. (pii |tassciit iudilléremment par Tun ou l'autre bras |huii' remoidcr le (leuve. Le soir. n(Uis avons stojjpé el coucbé au banc du docteur lîalla}. à la soi-|ie (\\\ Pool.
Je vais vous donner exactement la composition et les occupations de la journée à bord de VOiibanfihi. Le matin à cinq heures, réveil; on embarque ; départ entre sept et huit heures, suivant la quantité de bois préparée ou celle qui reste à faire. Une fois en route, on regarde attentivement le paysage qui se déroule sous les yeux, qui s'etïace peu à peu derrière soi pour faire place à un autre, comme en une scène où les changements de décors s'opèrent à vue. Vers onze heures, on déjeune; ensuite on lit, on écrit ou l'on joue au jacquet. Puis, vers deux heures, la machine se ralentit peu à peu faute d'aliment. On arrête près de terre, quelquefois bord à bord, et nous débarquons. Les hommes de troupe dressent les tentes, et, pendant ce temps, l'équipage du bord, formé de noirs, se disperse en tous sens pour scier des arbres, fendre des bûches, et emploie presque toute la nuit à faire du bois pour le lendemain matin. A sept heures, nous dînons à bord et chacun va se coucher, pour recommencer le jour suivant. Maintenant que vous avez saisi la marche générale, je vais me contenter d'inscrire au jour le jour les faits saillants et de rédiger une sorte de journal de bord.
24 septembre. — Départ de Brazzaville à 7 heures 15. Arrivée au banc du docteur Ballay à 4 heures 45. Le Djoué campe au même endroit que
25 septembre. — Départ du banc du docteur Ballay à 8 heures 45. Arrivée au campement {Pointe dn palmier sec) à deux heures; le Djoué a pris Favance et campe plus haut que nous. Je suis allé à la chasse avec Pottier; nous avons aperçu un \illage en formation et de nombreuses traces d'éléphants. Je vois plusieurs singes, mais ne puis en tirer un seul. En fait de gibier, nous ne rapportons que deux poules, offertes par les indigènes, (-e sont encore des Batékés qui se montrent très aimables pour nous et sont stupéfiés par le tic tac d'une montre qu'ils viciuicnt tous, comme de grands enfants, écouter à tour de rôle.
20 septetiibre. — Partis \\ se|»t beiires. Heiicoutré deux biitenux descendants. Le Djoué prend sur nous nue gi';uide ;i\ance. Ai'ri\ée à {\i'\\\
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