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heures au cainpeuieiil. eu\iiuit à mie lieiiic au-dessus de la lli\ièi"e uoire (sur le cùlr franeais).
27 seplcnihre. — Parlisà (i heures 45. A|uvsa\oir fcucuiili-r une i-i\ iri'e ([u'uu api>elle la « Rivière bleue ». cl doiil les eaux sonl \erl clair, uoiis nous arrèluiis sur la rive fraucaisc. uu [»cu a\aul deux heures. J'ai voulu aller chasser: uiais celait uu Ici fouillis darhres (d de lianes eulrelacées que j'y ai renoncé, après avoir mis mes vêtements presque en compote. Le Djonê nous précède toujours de quelques heures, et nous ne l'apercevons prescjue jamais.
Le 28, réveil à cinq heures, départ à 6 heures 40, car il faut un certain temps pour plier et rouler nos tentes, embar(|uer le bois qui a été coupé la veille, ai»pareillcr et se mettre en roule. 11 y a des endroits où le Congo forme des coudes très brusques, et alors le courant devient d'une violence inouïe, si bien qu'a certains moments le bateau semble rester sur place, tellement sa marche est lente et pénible. Le courant du fleuve est d'ailleurs très violent partout, si ce n'est sur les rives où il se ralentit; mais au passage des coudes il lance sur la terre do véritables petites Aagues. Par moments même nous dansons comme sur l'Océan. La Dnchcsse Anne, qui suit à la remorque avec une dizaine de tirailleurs, reçoit les Ilots de tous les côtés et zigzague d'une façon effrayante, quand le courant se met de la partie.
Nous passons aujourd'hui devant N'Gantchou, village assez important près duquel se trouvait autrefois un poste français qui servait à communiquer avec le célèbre Makoko. Ce pauvre Makoko ! Il ne conqirend pas bien pourquoi on ne lui envoie plus d'étoffes comme jadis, quand on avait besoin de lui. Ce ianieux chef est une espèce de vieux singe, féticheur, qui avait pris beaucoup d'iidluence, grâce à sa femme, que Mgr Augouard appelle irrévérencieusement « Makokotte ». Celle-ci lui persuadait de laisser se battre les chefs trop inffuents de l'endroit, et elle appliquait si bien le précepte : « Di>iser pour régner », que Makoko devint le chef d'une grande partie de la hibu des Batékés dont je vous ai entretenue. Makoko est très imbu du [uestige de son autorité, et il a une coutume bizarre et singulièrement gênante : c'est de marcher sur la
pointe des pieds, car la plante de ses extrémités inférieures ne doit pas,
d'après sa religion, fouler le sol.
Un peu après N"Gantcliou, nous traversons le Congo et nous nous
trouvons, veis 2 heures 15, à court de bois. Aussi sommes-nous obligés
de nous arrêter à (piclipics Uilomèlres (deux on trois) de rendjoncbure
du Kassaï. sur la rive de l'Ktat indé[)endant du Congo. Nous trouvons
là plusieurs villages dont les chefs viennent nous vendre des [laiiis de manioc, des chèvres et des poulets.
Ce sont encore des Batékés avec des coiffures plus ou moins extraordinaires, .l'en ai remarqué un dont la tête était rasée, excepté aux environs de la ligne médiane, où ses cheveux formaient une touffe seml)lable en tous points à un casque de pompier de la Restauration. Ce jour-là, pour la première fois depuis le départ de Brazzaville, le fond de notre nourriture n'est pas du riz, et nous mangeons de la viande fraîche. Eh bien! je commence à être tellement habitué au riz, que les jours où il n"y en a pas, aux deux repas, je fais presque une tête. J'espère qu'à mon retour ce goût exagéré du riz m'aura
passé, car je ne crois pas que vous tiendriez beaucoup à avoir sur la
table deux beaux plats de riz matin et soir.