‹ Le voyage de mon fils au CongoChapitre 48 sur 68 · J avril · texte numérisé non relu

J avril

Pluie légère dans la nuit. Journée lourde et orageuse. 21°, 8 à six heures et demie. Toujours cette atroce maladie. Lutte entre \c pour el le contre.

15 avril.

Que je serais heureux à la Mission, sans cette obsession continuelle, et si j'avais une occupation qui m'atlaclud! Je crois que mon plus secret

désir est de rentrer. La maladie me le conseille. .Mgr Augouard et le docteur Cuneau me le conseillent aussi. Que faire?

Il a plu légèrement toute la nuit. La journée est belle, mais chaude. A huit heures, 28 degrés.

Ifi arrIL

Départ déhnilif de Julien pour la côte. Mieux sensible. Je fais mes pâques. J'essaye avec succès de marcher un peu.

1? avril.

Pluie et orage pendant la nuit. Je vais à Kinchassa pour régler le départ des charges et accomplir les formahtés de la douane. Je me pèse : 67 kilogr. et demi.

18 avril.

Déjeuner au poste avec le docteur. Légumes et viande. Mgr Augouard nous rappelle une curieuse réplique du boy de M. Dolisie à qui il avait dit de moi : « C'est un Français riche qui vient ici pour se promener », et qui répondit : « Oh! pas possible ; s'il était riche, il ne viendrait pas ici pour voler de lïvoire avec des soldats. »

Temps lourd et chaud. Première marche un peu longue.

19 avril.

Pluie dans la matinée. Journée couverte et orageuse. Toujours beaucoup de moustiques. Diarrhée continuelle et inquiétante, et malgré cela appétit excellent.

20 avril.

Il a plu toute la nuit, avec tornade hier soir. Ciel couvert. Visite au poste et longue conférence avec le docteur : De utilitate de remonter ou de redescendre.

21 ami.

Grande lutte entre le pour et le mii-iir. Le jxjdr dit île remonter : I" [)Our ne pas laisser Pottier tout seul et ne [uis paraître tout abandonner; 2" [)0ur essayer de faire une nouvelle tentative d'initiative personnelle: '.V pour ne pas avoir lair de trembler devant la maladie. Le contre dit : r remonter là-baut pour retrouver des bommes malades et incapables de marcber : 2" risquer un écbec qui juiira peut-être au prestige de la France ; 3° attraper définitivement la dysenterie pour rien : 4" n'avoir pas de second : ">" être au pouvoir d'une bande qui ne m'inspire plus aucune confiance. Rien que des ennuis.

La fatigue pbysicjue n'est rien, comparée aux tracas moraux qui m'amollissent. Et puis, })our remonter dans l'Oubangbi, il faudrait partir dans deux jours, ce qui n'est pas possible, ou attendre trois mois, et je ne puis pousser l'indiscrétion jusqu'à rester tout ce temps ici. Enfin la solitude me pèse horriblement. C'est décidé, je redescends.

Je fais part de ma résolution à Mgr Augouard et au docteur (ameau, qui l'approuvent.

Tous les soirs, des éclairs autour de la Mission, mais pas d'orages sur la Mission elle-même.

22 avril.

Pluie légère dans la nuit et très beau temps dans la matinée. Déjeuner au poste et explications sur le retour en France. Lettre à Potticr.

23 avril.

Un peu mieux. Excursion à Kincbassa sur le DjoiU'. C-onversaticm avec le major Parminster, (pii iw. parait pas anini.' de ])ons sentiments envers son souverain, le roi Léopold.

24 avril.

Décidément nous sommes encore dans la saison des pluies. Il a plu toute la nuit et toute la matinée. Néanmoins, à six heures et demie, la température est à 28°, 5. Je ne puis pas me rétaldir. .l'ai un jieu de fièvre pendant presque toute la journée.

25 aonl 1893.

Un an depuis le départ de Marseille. Que do choses depuis ce départ émouvant! JMais que de déceptions aussi, que d'ennuis! Et souvent aussi quelle malechance ! Décidément, l'Afrique est loin d'être un paradis rêvé, mais elle devient un enfer, quand on y va dans les circonstances oi^i je me suis trouvé. Depuis Matadi, que de désaj^réments! Pour ne citer que les principaux : la conduite de X... à Matadi, la dispute entre Julien et X... sur la route des caravanes, la suite de la route avec deux messieurs qui ne se parlent pas, l'arrivée à Brazzaville, la

radiation de X... et de V les emportements et les maladies de

Julien, la dysenterie pour moi, les hommes qui ne voulaient rien faire, et toutes les illusions tomhant une par une et n'étant remplacées par aucune espérance. Enfin le départ de Julien et, par suite, le mien ; puis encore, souffrances de la fièvre, de la veille.

l^epos à la Mission. Tem]>s ,i;ris et nuai^eux. Beau temps la nuil.

26 arril.

Toujours la diarrhée; heau lemps toute la matinée: soleil et ciel aux trois quarts couvert. Légère fièvre dans l'après-midi. Le soir, des orages menaçants sont aulour dn Pool, principalement du côlé de Linzolo. côté ouest-sud-ouest. A'ers neuf heures, commencement de la pluie

27 avril.

Toute la nuit, Forage et la pluie continuent presque sans interruption et ne s'arrêtent même que vers sept heures du matin. La traversée est remise; état un peu meilleur, temps assez chaud, reposa la Mission, j'ai le pied à moitié en compote et ne puis guère marcher. Les crancrans ont l'air de vouloir reparaître.

28 acril.

Un peu mieux. Temps couvert et brumeux dans la matinée.

Traversée à Kinchassa. Déjeuner avec le major Parminster et règlement de comptes ; retour en boat ; dîner à la Mission française. Le chef de station légèrement excité.

Beau temps dans la soirée. Après-midi de saison sèche. Légère fièvre vers onze heures du soir.

29 cwril.

Brouillard sur le Pool dans la matinée, assez beau temps dans la journée. Tornade ou orage vers deux ou trois heures, avec pluie et tonnerre très fort. Clôture du courrier pour France.

Eté le soir au poste dîner avec le ducteur. Départ probable dans le courant de la semaine prochaine.

30 acril (dimanche).

Légère pluie par giboulées dans la matinée. Le matin, pluie assez forte vers dix heures el demie. Uniformité assez désespérante de la vie à Brazzaville el isolement. Amélioration cadencée de mon état, i-établissement sérieux seulement en France.

Messe el s;dnt coninir (riiahiltidc \ ic lraii(|uilli'. mais un pcn nionolone.

I, 2, 3. — Insti'uments .'

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