DISCOURS DU MAIRE D'UZES
Messieurs,
Le conseil municipal de la ville d'Uzès, dans sa séance du 27 juillet, vota, à l'unanimité de ses membres, une adresse de sympathie à Mme la duchesse d'Uzès, à l'occasion de la perte douloureuse qu'elle venait de faire dans la personne de son fils aîné le duc d'Uzès, mort à l'âge de vingt-quatre ans, pour étendre sur le sol africain l'influence de la
France. Mon devoir en ce jour, comme maire de la ville d'Uzès, est de dire en ces quelques mots, sur cette tombe prématurément et si douloureusement ouverte, les sentiments de la population tout entière de notre cité, sans distinction de parti, sur cet enfant d'Uzès, mort au service de son pays.
Nous savons tous, en effet, que lorsqu'il s'agit de la patrie française, il n'y a plus de parti : toutes les opinions politiques s'effacent; nous l'avons vu en 1870, où tous les Français, sans exception, ont concouru à la défense du territoire envahi par l'étranger. Nous le reverrions encore si, ce qu'à Dieu ne plaise, nous étions dans l'obligation de défendre l'honneur de la France et son intégralité.
Aussi, sans crainte d'être démenti par aucun de mes concitoyens, en présence de ce cercueil, j'adresse, au nom de la cité tout entière, à Mme la duchesse d'Uzès, la vive part que nous prenons à la cruelle épreuve qui vient de la frapper, et, tout en manifestant les vifs regrets que nous cause la fin précoce de ce jeune homme enlevé, à la fleur de son âge, à l'affection de sa famille, nous sommes heureux et fiers, comme Français et comme Uzétiens, que le duc d'Uzès, issu de la plus ancienne famille du pays, soit tombé loin des siens et de sa patrie, au service de la France, en vaillant pionnier de la civilisation.
Les zouaves pontificaux vinrent à leur tour adresser à Jacques un dernier adieu par la voix de leur colonel le comte d'Albiousse.