‹ Le voyage de mon fils au CongoChapitre 9 sur 68 · LES CHARGES. — A LA MESSE · texte numérisé non relu

LES CHARGES. — A LA MESSE

Boma, le 12 juin 1892.

Cette lettre-ci ne pourra pas contenir beaucoup de détails, car depuis que je vous ai écrit nous n'avons presque rien fait. Mais je pars demain matin pour Matadi; car j"ai reçu un mot de Julien me disant que tout était prêt et que dans deux ou trois jours nous pourrions remonter vers Léopoldville. Nos charges sont toutes en route, et, malgré les lenteurs occasionnées par VAIîCL'isa, qui a mis huit jours à débarquer tout à Matadi, ça marche assez bien. X... a, paraît-il, été un peu soufTrant, mais il est rétabli. Sliman a eu la lièvre, mais il va bien. Moi, je me porte à merveille, mais je ne me fatigue pas et no fais aucune imprudence. Nous serons probablement à Léopoldville vers les premiers jours de juillet.

Je profite de ce que VAlMssa part demain matin pour vous expédier ce mot, car je crois que vous en attendrez un autre pendant un mois au moins; à mesure (pie nous allons remonter, les communications deviendront plus rares et surtout bien moins régulières qu'ici, où, de temps à autre, il y a des correspondances avec le paquebot portugais direct pour Lisbonne.

Le temps est toujours assez beau et la tenqtérature très douce; nous avons, ce matin (dimanche), assisté à la messe ici, à la cathédrale, qui est, comme je vous lai dit, une petite chapelle en tôle. C'est probable-

ment la dernière fois que nous l'entendons avant notre grande tournée. Peut-être pourtant aurons-nous une occasion à Brazzaville, où sont les Pères de la Mission française. La messe était servie par deux entants de clucur, en rouge; c'étaient deux petits noirs qui avaient, ma foi, très bonne tenue et auraient pu en remontrer aux entants de chœur de Bonnelles.

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