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sage craqua. Hors du turban rouge, ses cheveux noirs se
répandirent à flots sur son épaule charnue :
— C'est mon amant, mon roi, et vous un chien. Ce que je raconterai à tous, c'est que je suis votre fille, que vous avez abusé de moi dès mes treize ans, que vous m'avez souillée, sale bouc que vous êtes, et que vous me forciez à partager votre lit immonde... Oui, je l'ai volé, ce diamant... Oui, j'en volerai d'autres. Des bijoux* beaucoup de bijoux, pour payer ma honte... Serre-moi, toi... Baise-moi... Je t'aime... Je t'aime... Je t'aime ! Allez maintenant prévenir la police... Nous vous tuerons ce soir et nous coucherons ensemble sur votre charogne !
A ces brusques révélations, Rabbas devint férocement blême. Il avança de quelques pas, tira de sa poche un poignard, le rentra, eut un ricanement sourd et sortit de la chambre à reculons, le poing tendu, le corps plié en deux.
— C'est notre mort peut-être, mais tu as eu raison, mi vida, et Mazaltob, les yeux au ciel, caressa son audacieuse maîtresse, dont la poitrine avait un rythme mêlé d'extase et de fureur. Abuser de sa fille, gentilshommes, quoi de plus dégradant? Elle est toute soupirante. Calme-toi, mis ojos... Nous allons vendre les pierreries et tâcher de nous enfuir tous deux sur un bateau, vers mon pays à moi, qui est chargé de soleil, de héros, de richesses, où tu habiteras un palais digne de ton corps splendide. Adieu, messieurs, nous quittons la villa
Il lissa sa moustache, salua cavalièrement, puis s'adressant à Schorel :
— Vous désiriez mon tableau, je vous le lègue. Qu'il vous rappelle un couple d'amants digne d'émouvoir les cœurs bien placés. Souhaitez-nous bonne chance, et, par le Christ, en route !