H.M.S. L.II.N.S
Les Romains connurent certainement, pendant la période gallo-romaine, tout au moins, une voiture de poste assez semblable à nos omnibus. Sur un bas relief en marbre provenant d’un tombeau de Vaison et conservé au musée d’Avignon, on remarque une voiture à quatre roues rayonnées, la caisse est couverte, et, par une portière, on aperçoit un personnage assis, tandis que sur le véhicule, une sorte d’impériale supporte plusieurs voyageurs. Le harnachement du cheval présente ceci de particulier que son collier s’élève en deuK montants gracieusement recourbés en avant, dans une forme qui rappelle celle du collier de cheval russe, placé au milieu des trois bêtes d’attelage d’une troïka.
Ausone (Décius Magnus Ausonius), écrivain renommé qui devint le professeur de Gratien, le fils de l’empereur Valentinien, vers 365 après J.-C., a laissé quelques récits qui sont fort estimés. Attaché à la cour, il fit à la suite de l’armée une campagne contre les Barbares de la Germanie et, au retour, il reçut pour sa part de butin une jeune captive blonde, aux yeux bleus, pour laquelle le précepteur, qui n’était plus jeune, fit bientôt des vers galants : « Captive, puis affranchie,
« dit-il, Bissuba règne sur le bonheur de celui « dont elle était la proie par le sort des armes. » A la fin de cette poésie qui, du reste, est infiniment gracieuse et délicate, il vante à sa maîtresse les délices de sa maison de campagne située près la ville de Saintes, en ajoutant qu’il est facile de s’y rendre de Bordeaux (son pays), par la voiture qui transporte les voyageurs et ce, moyennant argent.
Cette courte citation vient appuyer notre description de la voiture du tombeau de Vaison et nous paraît démontrer victorieusement qu’à l’époque de leur puissance expirante, les Romains avaient trouvé mieux que le char antique découvert, qui exposait le voyageur à toutes les intempéries des saisons.