‹ Le voyage depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 16 sur 29 · Char · texte numérisé non relu

Char

COFFRET DE SAINT-LOUIS, Musée du Louvre (d’après nature

Dedenz et dehors painturé,

Couvert de drap de camocas (camelot) le voy bien femmes d’avocas De poures bourgeoys de villaige Qui l’ont bien; pourquoy ne l’arai-je,

A quatre roucins atelé ? (i)

Il fallait donc pour voyager à une femme de qualité, au quatorzième siècle, une haquenée et une voiture attelée lorsque le temps était mauvais : les petites bourgeoises en usaient bien de la sorte !

Les chars du moyen âge étaient généralement de très grande dimension et pouvaient contenir une dizaine de personnes. La couverture était placée sur une armature en bois, percée de trous latéraux, fermée par des rideaux ou bien sur des cercles ou des montants permettant de la rabattre et de la lever à volonté.

Les chariots d’honneur différaient peu des voitures de voyage, seule la décoration devenait plus importante.

Dans un manuscrit de la tin du quinzième siècle, on trouve une miniature représentant un triomphateur rentrant dans sa ville, assis sur un char surmonté d’un dais. Dans la main droite il tient une épée nue et dans la gauche, une corde au bout

(l) Poésies morales et hist. d’Eustache Deschamps, édit. Crapelet, un vol. Paris, 1832, p. 207. (Eustache Descharaps, écuyer des rois Charles V et Charles VI, châtelain de Fismes et bailli de Senlis, auteur de la Satire “ Le Mirou'ér de Mariaige ”, longue énumération des charges qu’entraîne le mariage pour un gentilhomme.)

de laquelle sont ses prisonniers attachés par le cou. Le corps du véhicule, qui paraît assez vaste, est couvert d’une tente ornée d’une crête d’épis avec bannières et pennons armoriés, décorés d’inscriptions et de franges d’or. Ces chars de cérémonie étaient peu employés ; le roi, la reine, les princes et les puissants feudataires de la couronne étaient seuls autorisés à y monter.

« La lictière de la royne de France estait adextrée « du duc de Bourbon et de Touraine secondement « et au milieu adextraient la lictière du duc de « Bourgogne et de Berry, et je vous dÿ que la lic- « tière de la royne estait très riche et ornée. »

Pour l’enterrement d’un prince , on portait le corps sur un chariot. Nous retrouvons dans une chronique consacrée à la mort du duc de Bourgogne, Jean-Sans-Peur, par Monstrelet, à la partie traitant des funérailles (15 septembre 1419) :

« Le corps gisait dans son chariot, recouvert « d’ung drap d’or et de pourpre. »

A la Renaissance, la forme des chars changea un peu en ce qui concerne les entrées ; on en fit deux latérales, entre les deux roues. Le char dont nous donnons la gravure page 127 est de cette époque.

Ce chariot, construit en sapin, existe encore. Les deux banquettes se regardent, elles peuvent donner place à trois personnes de chaque cote. Le plancher et les accoudoirs se recouvraient de tapis épais et de coussins mobiles. On aperçoit, au milieu de la caisse, la naissance d’un escalier en bois qui

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