‹ Le voyage du LevantChapitre 15 sur 32 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

Turc. Pour toutes ces raisons^ la liste est longue des écrits sur le Levant qui parurent un peu avant ou un peu après le temps du voyage de du Fresne-Canaye *. Pour la seule année îS73, ^ous pouvons comparer le texte de notre auteur à celui de trois relations vénitiennes : celles de Marcantonio Barbaro, qui fut baylede 1^69 à 1^7), de V ambassadeur Badoaro, du sénateur Gar^^oni^ sans parler des relations allemandes de Gerlach et de Schweigef, qui étaient à Constantinople à cette même date.

Entre tous ces voyageurs, Canaye se distinguait par son extrême jeunesse : c'est à l'âge de vingt et un ans qu'il se décide à entreprendre ce voyage. Rien ne l'y forçait ; il n'était ni marchand, ni membre d'une ambassade; il part pour son plaisir, pour voir du pays'. Il avait le tempérament et l'âme d'un touriste; il écrit quelque part « que de faire deux fois une même route est chose insupportable à gens curieux » , ^/, plutôt que dt sy résoudre, il préfère courir les risques et subir toutes les incommodités d'une navigation dans V Archipel à bord d'un méchant bateau marseillais, et boire pendant de longs jours une eau poudreuse et nauséabonde, conservée en barriques depuis Stamboul.

Canaye était donc un esprit qui voulait et savait voir. Il est vrai que sa jeunesse même peut ôter quelque chose à

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