‹ Le voyage du LevantChapitre 31 sur 32 · Voy. Boue · texte numérisé non relu

Voy. Boue

5. C'est le Drin, près de Fotscha; reçoit la Tchiotina. Voy. Ramberti, f» 124 v».

nuit la pluie sur le dos. Tous les chrétiens de cet endroit ce sont faits Turcs et sont très ennemis des voyageurs. Cest là que réside le sandjak du Duché, qui a sous ses ordres toute la Servie*.

Le 22, nous montâmes par des chemins très étroits jusqu'à la cime d une montagne très haute nommée Conaz où il y a le caravansérail de Braha, dans un lieu solitaire et dangereux pour les caravanes ; ensuite nous descendîmes au bourg de Tschainitza*, plein de belles mosquées et de bons caravansérails recouverts de plomb. Nous y trouvâmes très grande abondance d'excellentes poires de bergamote, appelées en turc beiagmot^j c'est-à-dire poires de seigneur, à cause de leur bonté; et je crois que le nom français est dérivé du nom turc.

De là à Tasseliger*, bourgade située entre les montagnes et pourtant en terrain plat. Dans la mosquée on voit une belle fontaine faite avec art. Nous y restâmes un jour, à cause des lettres que l'IU. seigneur reçut de Constantinople*, dans un caravan-

1. « Et è ridotto al modo Turchesco, et è sotto al sangiacco del Ducato }>.

2. Tschanitza, près de la Drina, a une assez belle mosquée, dit Boue. 3- Bey-ermoudy.

4. Taschlidscha (ou Tachlidjé), « appelée ainsi deTasch, pierre, à cause de la quantité des rochers des environs ». Cette ville est située au fond de la vallée de la Tchiotina, entre des montagnes calcaires. Elle s*appelle aussi Pleoljé (Pleonie dans le texte de Chesneau, p. 9).

5. Le 30 nov., de Noaillcs avait reçu à Fotscha des lettres du roi, apportées par M. de Germigny; ces lettres affirmaient l'intention de con-, server Talliance turque. De Noailles envoya un janissaire à de Présault

sérail grand et obscur, recouvert de plomb, et bâti par un fils de Méhémet-pacha*.

Le 25, nous fûmes à Prepoli^gros bourg de chrétiens, où passe le fleuve Lim, et un peu hors du bourg nous vîmes une ancienne église chrétienne en ruines, un beau caravansérail et un marché bien pourvu de toutes choses.

Le matin suivant nous marchâmes par des vallons assez peu élevés, mais blancs de neige, et nous arrivâmes à S. Sava^ beau et grand monastère de caloyers servions; ils s'habillent et vivent à la grecque, mais ils sont Slaves et ignorent toute autre langue. On dit que ce monastère avait environ 20,000 écus de revenu, et autrefois le duc de Servie se faisait appeler de S- Sa va \ Nous y eûmes grand froid. Je me souviens que ces moines ne se servent pas de cloche,

pour lui faire connaître les instructions apportées par Germigny. La lettre de ConstanUnople dont parle du Fresne est sans doute la réponse de Présault, et c'est en effet le 23 janvier que M. de Noailles, qui venait de recevoir une nouvelle dépêche delà cour, envoya Massiot à Constantinople, avec un janissaire : Massiot devait demander le départ d'un ambassadeur turc pour la Pologne.

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