‹ Le voyage du LevantChapitre 5 sur 32 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

sans emomhre, la période des guerres de religion. Emprisonné avec Sponde en i^S^y il mourut libre en iS9}f à Y âge de quatre-vingts ans. Celait un avocat de grande réputation, et il travailla à la réforme de la Coutume de Paris. Il avait épousé Marie de FlécelleSj fille de Philippe^ seigneur de Brégy et vicomte de Corheil; elle mourut le 22 janvier 1S78. Il eut de ce mariage un fils et quatre filles. — Le 14 juin 1^72, son frère Jean, qui avait titre de secrétaire du roi et était seigneur du Fresne, près Berny (aujourd'hui FresneS'leS'Rungis\ lui fit don de cette terre, à charge de substitution. Cest ainsi que le jeune Philippe, né en ij^i, put porter le titre de seigneur du Fresne. Ses armes étaient (( d'aT^ur à un chevron d'or, accompagné en chef de trois étoiles d'argent mal ordonnées et en pointe d'une rose d'or, tigée et feuillée de même. Supports : deux levrettes au naturel *. »

Les détails que nous venons de donner sur les idées religieuses des Canaye ne sont guère en accord avec ce que raconte le Minime Robert Regnault. A l'en croire, notre Philippe aurait été élevé par son père dans la religion catholique, et cest contre la volonté formelle de celui-ci qu'il se serait fait huguenot. Il cite même à ce sujet un texte dont Philippe lui-même serait l'auteur : (c A l'aage dequin^ ans {cest-àdire vers 1^66], je fus séduit par la fréquentation de quel-

I, Ce sont là sans doute les armes de la seigneurie de Fresne y car celles des Canaye de Paris étaient : « d'a:(ur à trois canes d'argent, celle de la pointe nageante dans une mer de même » . On trouve indifféremment les orthographes Fresne et Fresnes et les fortnes de Fresne et du Fresne; en latin Fraxineus.

INTRODUCTION xi

ques miens parens et amis hérétiques^ si bien que corrompu et fasciné par les livres qu'ils me mirent en main^ fembrassay Vhérésie de Calvin, contre la volonté de mes père et mère... Car la fausse persuasion de la pureté de cette nouvelle opinion me transporta jusque là (j'ay horreur de m'en souvenir^ que, quitant rÉglise^ je quitay en mesme instant ma maison paternelle, comme C enfant prodigue, et en fus absent près de dix ans entiers, vivant tousjours avec les hérétiques qui me faisoient accroire que festois bien heureux d^estre aux mauvaises grâces de mon père, pour la profession de V Évangile. »

fe sortirais du cadre d'une simple introduction à un document géograplnque, si f entreprenais ici la critique de ce morceau. Qu'il me suffise de dire que, dans sa relationde 1^72-^), il ne signale jamais le moindre dissentiment entre lui et son père, dont il parle toujours avec le plus grand respect {par contre il ne nomme jamais sa mère), et il dit positivement: a y avais obtenu congé de Monsieur mon père de parcourir toute l'Allemagne et l'Italie. » Ce n'est pas le langage d'un ce enfant prodigue », qui se serait, « contre la volonté de ses père et mère », enfui de la maison paternelle.

D'après son biographe, Camye aurait commencé ses voyages par r Allemagne, par ce que r Allemagne était le berceau de r hérésie. De là, il partit visiter l'Italie, où il semble avoir séjourné longtemps. Nous n'avons pas de détails sur ces deux voyages. La relation que nous publions prouve seulement qu'il connaissait, entre autres villes italiennes, Naples, Padoue, Mantoue, Ferrare et Tréuise; qu'il était à Rome le 14 mai isy2,jour de l'avènement de GrégoireXIII;

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