‹ Le voyage du Levant. Publié et annotéChapitre 12 sur 68 · Sur Jacques Canaye, voy. l'Introduction · texte numérisé non relu

Sur Jacques Canaye, voy. l'Introduction

3. M. de Noailles avait envoyé Massiot en cour pour faire connaître au roi et à Monsieur l'état des négociations relatives à l'élection de Pologne. Le 28 novembre 1572 (Charrière, t. III, p. 322, n.), il écrit au duc d'Anjou, de Raguse : « Cependant le secrétaire Massiot est arrivé en ce lieu avec les lettres de Leurs Majestez et les vostres du vu» septembre... » Massiot sera encore employé par lui à d'autres missions de confiance ; le 23 janvier 1573, il le charge d'aller en toute hâte à Constantinople, avec un janissaire pour toute escorte; Massiot devait rassurer la Porte sur les intentions du roi Très chrétien et presser l'envoi d'un ambassadeu r turc en Pologne (ibid,, p. 352).

de M. de Noailles, évêquc de Dax1, ambassadeur à Constantinople ; il revenait de la cour et attendait un bon vent pour s'embarquer pour le Levant.

Alors, me voyant enlevée l'occasion d'aller à Valence, et déjà pourvu de tous les objets nécessaires pour faire un voyage, je projetai et résolus en un moment de faire le voyage de Constantinople, sans y être poussé de personne, mais non sans causes et raisons suffisantes. Les affaires de France étaient en telle disposition que celui-là me paraissait le plus heureux du monde, qui irait en une contrée où l'on n'entendît plus parler des misères de ce royaume. En outre, je croyais qu'ayant obtenu de monsieur mon père la permission de parcourir toute l'Allemagne et l'Italie, on m'estimerait homme de peu de cœur si, de moi-même et sans y être excité par autrui, je ne lui donnais à entendre le grand désir qui me brûlait de voir et connaître beaucoup de choses. En sorte que ce voyage, à mon avis, couronnait tous les autres d'une gloire et d'un contentement d'esprit non méprisables. Et je n'hésitais pas à me mettre à une si grande entreprise sans en parler à mon père, car je m'assurais que je serais revenu avant qu'il en sût rien ; et ainsi, quand il apprendrait mon retour, mon départ ne lui serait pas occasion de tristesse ou d'inquiétude. Et bien que cette entreprise fût par maintes gens traitée de pure folie, je ne voulais

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