‹ Le voyage du Levant. Publié et annotéChapitre 22 sur 68 · Doubnitza, « ville ouverte bulgare et turque · texte numérisé non relu

Doubnitza, « ville ouverte bulgare et turque

pour le pays. Et telle était la beauté de ce site qu'en dépit de toute la fatigue du voyage, de toutes les peines et de toutes les disgrâces éprouvées, elle nous invitait à chanter et renouvelait en nous le souvenir des jeunes filles que nous avions quittées; souvenirs qui jusqu'alors, à cause des grands froids et des neiges épaisses, vivaient presque glacés, cachés et renfermés au fond de nos cœurs.

Cependant nous n'y fîmes pas un long séjour, mais à cheval dès l'aube, nous traversâmes une belle plaine, puis nous montâmes sur une autre plus large que la première, mais très neigeuse, en haut de laquelle nous trouvâmes Samacov, grande ville où Ton travaille très bien le fer pour les ancres et autres usages'. Là nous joignit un oulak2 envoyé par Hassan-pacha à Constantinople, lequel était venu en quatre jours de Venise à Castelnovo, et de là à Samacov en sept jours, tuant sous lui tous ses chevaux à force de courir. Cette extrême célérité m'a paru digne de mémoire et d'éloge. Cet homme nous fit une bonne peur, car il affirma que le roi de France était entré dans une ligue avec les Vénitiens3. Mais le seigneur ambassadeur, s'ap-

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