‹ Le voyage du Levant. Publié et annotéChapitre 36 sur 68 · Roumili-Kavak · texte numérisé non relu

Roumili-Kavak

3. Noailles écrivait au roi, de Padoue, le i4novembre 1571 (Charrière.III, p. 217) : « Estant arrivé par deçà depuis huit jours le sieur de Germigny, que V. M. depescha en Levant pour me commander de procurer la liberté du seigneur Jacques (sic) Maleteste... ». Noailles croyait qu'on ne réussirait pas à obtenir ce point, mais il chargeait en même temps Germigny de renseigner les Turcs sur ce qui se passait à Venise et d'étudier les forces et les dispositions de la Porte. Le 8 mai, la délivrance de Malatesta était accordée, et le 8 juillet Germigny retournait en France.

des cavaliers français qui y sont ' , a obtenu du Grand Seigneur qu'on leur enlevât une partie de ce grand poids de chaînes; il leur a fait ouvrir quelques fenêtres et chaque jour leur fait l'aumône. En face de ces tours, sur la côte deNatolie, est un autre château bien garni d'artillerie2. Ces deux roches se peuvent comparer aux châteaux de Venise; car, bien qu'ils soient moins beaux, ils garantissent de ce côté la sécurité de Constantinople et ferment le passage à toutes les barques de la mer Noire.

De là, par faveur du seigneur Stanga, nous débarquâmes à Ibrahim- pacha, petit endroit délicieux élevé dans la mer ; séduits par son charme et par la ressemblance qu'il offre avec les fundamenti de Venise, nous y restâmes un grand moment à nous divertir en nous promenant par ces beaux jardins et en cueillant des fleurs bleues, jaunes, rouges, si jolies que par-dessus tout nous aurions désiré pouvoir en donner à celles qui auraient eu plaisir à recevoir un si beau présent de leurs discrets et fidèles amants. On peut à peine croire combien les Turcs ai ment les fleurs, comment ils en ont toujours à la main et au turban, et en font cas comme d'une chose sainte. Et le Grand Seigneur, s'il a quelque arbre qui lui plaise

1. Sans doute des Français qui avaient eu l'imprudence de combattre dans les rangs vénitiens à Chypre ou à Lépante, pendant que leur maître était officiellement l'allié du Turc. Le Grand Vizir se plaignit très souvent de ces faits.

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