‹ Le voyage du Levant. Publié et annotéChapitre 37 sur 68 · Anadoli-Kavak · texte numérisé non relu

Anadoli-Kavak

plus que d'autres, il plante sous son ombre beaucoup de fleurs de toute espèce et de tout parfum. Et dans tous ses jardins il y en a une telle quantité de toutes sortes que, rien qu'à étendre la main, on cueille un bouquet mêlé et varié de toutes les couleurs qu'on puisse imaginer. Les allées sont bordées de cyprès si hauts que leur vue excite l'admiration ; mais elles sont étroites, car le Grand Seigneur se promène toujours seul. Derrière le jardin il y a des montagnes et forêts remplies de gibier de toute espèce, et surtout de sangliers, auxquels l'Empereur fait une guerre continuelle ; puis, en s'en retournant dans le jardin, ou bien il s'en va au bain qui est en haut du jardin, ou il se repose dans le pavillon construit dans la mer sur de grosses colonnes, tout revêtu, à l'intérieur, de porcelaines très précieuses et, au dehors, de marbres inestimables. Les fenêtres et les portes sont peintes à la persane ; elles ont été apportées de Tauris par le sultan Soliman : il n'y a qu'une colonne et un petit portique avec de très belles colonnes.

Enfin, (ne pouvant célébrer ce lieu plus que je ne l'ai fait), nous avions donné quelques aspres aux Imoglans1 du jardinet à celui qui nous avait ouvert le pavillon. Le seigneur Stanga nous conduisit dans un autre paradis appelé Chulabachia"1, c'est-à-dire jardin de la tour, qui n'est pas moins beau que

i. Ou Azamoglans. Voy. Nicolay, p. 83 : «De l'ordre et institution des Azamoglans ».

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