‹ Le voyage du Levant. Publié et annotéChapitre 4 sur 68 · fév. (Lettt. miss., t. I, p · texte numérisé non relu

fév. (Lettt. miss., t. I, p

INTRODUCTION xvn

Italie*. Du Fresne devait conférer avec M. de Fhury, ambassadeur du roi auprès des Cantons'.

Il séjourna asse^longtemps à Lausanne, et c'est pendant cet exil quil fit la connaissance de François de la Noue, avec lequel il passa, dit-il lui-même, « huit ou neuf mois » \ Cest du Fresne qui, à Y insu de la Noue, publia les Discours de ce dernier, comme il Y explique dans une épître dédicatoire adressée au roi de Navarre, Je Ier avril i$8y. C'est aussi à Lausanne quil acheva une adaptation de ^'Organe d'Aristote; car sa dédicace au roi de France est datée de cette ville, le 28 février 1589*. C'est à tort que Regnault n'a vu dans cet ouvrage qu'un livre d'apologétique protestante ; c'est bien un résumé de Y Analytique et de la Dialectique d'Aristote, mais Y auteur ne se gêne pas pour dire que les malheurs de la France viennent d'ignorance et de faux raisonnement, et pour revendiquer les droits du libre examen ; ses exemples de syllogismes indiquent eux aussi, très clairement, ses tendances religieuses s. D'après

t. Regnault, p. 4. Peut-être le Minime a-t-il confondu dans cette phrase des faits relatifs aux années ijS6, ijSp et isyo.

2. Lett. miss., t. II, p. 183 : « Se présentant la commodité du s* de Fresne, présent porteur, conseiller au Grand Conseil de Sad. Mté, je Vay prié vous voir de ma part en passant. »

3. Epître dédicatoire des Discours de la Noue. — Hauser, François de la Noue, p. 139, et Rev. hist., t. LUI.

4. L'Organe, c'est-à-dire l'instrument du discours... le tout puisé de l'Organe d'Aristote... [à Lyon], par Jean de Tournes, in-f de yji p. Le privilège porte la date du 21 janvier 1574 (?). [Bibl. nat., lnv., R. 339].

y. Épître au roi. P. 319, 37 j, 487 et passim. — On cite également de lui une Responsio ad tractatum M. Zampini, 1588, in-S', que nous n'avons pas vue.

xvin INTRODUCTION

Regnault, il aurait encore composé une Physique et une traduction « des livres de Y Ame » d'Aristote. Mais a-t-il publié ces deux ouvrages ?

Henri de Navarre n'avait pas attendu son retour en France pour le nommer conseiller en son Conseil d'Etat, par un brevet signé à Saint-) rean-d 'Angêly, le 24 mai 1588. — Dès lors, il le chargea de missions nombreuses et délicates. Le ier janvier 1589, il ordonne à du Fresne d'aller rejoindre M. de la Tuilerie à Halle ou à Francfort; tous deux, sous la direction de la Noue, et avec le concours de Schomberg et de Casimir, devront emprunter de l'argent et lever des troupes pour le compte du roi de Navarre1. Le 8 août, le nouveau roi de France signait une procuration donnant à Sancy et à Canaye pleins pouvoirs pour contracter un emprunt, et en effet les Strasbourgeois consentirent à prêter 62,000 florins2. Puis Canaye dut accompagner Beauvoir en Angleterre; il s'agissait d'obtenir d'Elisabeth un prêt de 50,000 écus3. D'Angleterre, Canaye devait retourner en Allemagne, et s'entendre de nouveau avec Sancy pour faire

1. Voy., à cette date, une lettre à la Noue qui se trouve à la fois dans Amiraut, Vie de la Noue, p. 330 et (d'après une copie de la bibl. de Tours) dans les Lett. miss., t. H, p. 421, et une lettre à duFresne, ibid., p. 47$. Dans cette dernière, Henri écrit : « Mais je ne veulx oublier à vous remercier du livre qu'avec nus en lumière. . . » B. de Xivrey voit là une allusion aux Discours cfe la Noue; mais comment Henri accuserait-il si tard réception d'un livre paru le Ier avril ijSj ? D'autre part, il ne peut être question de l'Organe, achevé d'imprimer le 28 février 1589.

2. Lett. miss., t. FUI. p. jJ7- — Aux Strasbourgeois, 20 oct. is8$, ibid., t. III, p. 62.

3. Au grand trésorier d' Angleterre, même date, ibid., p. 60; à Walsingbam, ibid., p. 61.

INTRODUCTION xix

lever des troupes par Schomberg1. Henri pensait même à le charger d'une mission du même genre auprès du roi et des États de Danemark, comme il l'annonce dans deux lettres du 20 mars 1590*. Il paraît que du Fresne s'acquitta fort bien de toutes ces charges, car le roi le nomma, le 21 octobre 1591-, son ambassadeur ordinaire près de tous les princes protestants allemands3. Il resta en Allemagne jusqu'au milieu de 1393; la situation du royaume exigea alors que le roi réunît autour de lui tous ceux de ses serviteurs dont l'expérience pouvait lui être utile 4; du Fresne fut appelé à Dieppe, pour siéger au Conseil d'Etat, le 2) novembre. Le roi « lui fit don » de l'office de président au Parlement de Toulouse, par lettres de provision du 23 février 1594. L'année suivante, il fut nommé président de la

1. A Schomberg, 29 janvier ijpo, t. III, p. 130 : « le sT de Fresnes... quefavois, il y a quelques mois, envoyé en Angleterre, avec charge de passer après en Allemagne, pour s'y employer à mes affaires avec le sr de Sancy, m' ayant escript de Londres qu'il espère partir à cest effect dans peu de jours.. » T. III, p. 131, extraits d'une dépêche de Henri à de Fresnes.

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