T. III, p. i
3. Le brevet (Regnault, p. f) fut expédié à Sedan le 21 oct. Mais dès le 20, Henri IV écrivait au duc de Wurtemberg (t. III, p. J02) : «J'ay advisé d'establir pour mon ambassadeur ordinaire vers vous tous le sT de Fresnes... qui est par delà ». Au même, du 26 oct., p. JOJ.
4. Au landgrave de Hesse, 20 juin 1393 (t. III, p. 806) : «... entre lesquels j'ay fait choix du s' de Fresnes... mon ambassadeur prés les princes protestans de V Empire, tant pour la singulière affection qu'il a toujours eue à mes affaires, que pour la suffisance et expérience qu'il s'est acquise par le continuel maniement d'iceulx. Voilà pourquoy je luy mande fort expressément qu'il s'achemine près de moy au plus tost qu'il luy sera possible. . . »
xk INTRODUCTION
Chambre mi-partie établie à Castres*, et, dans cette charge difficile, il se fit remarquer par sa modération et son impartialité'1. Il fit imprimer, en 1597, ^es Remonstrances et discours qu'il avait prononcés en la Chambre de l'Edit, discours gâtés par un insupportable abus de l 'érudition et de la rhétorique, mais où il expose fort bien le rôle que doit tenir la Chambre, sauvegarde de la liberté religieuse et exemple de tolérance :!. A cette même date il siégea, comme délégué de la Haute-Guyenne, à rassemblée protestante de Châtellerault. Entre temps, le roi l'avait chargé de conclure avec d'Epernon une trêve pour la Provence*. Puis il l'em-
1. Il était arrivé dans cette ville le 3 décembre 1594, « avec toute sa famille et en partit bientost pour aller trouver le duc de Montmorency à Montpellier, afin défaire établir la chambre my-partie pour le ressort du Parlement de Tholose » {Jacques Gâches, Mémoire sur les guerres de religion à Castres, Paris 1879, p. 431). Jl revint à Castres, comme président, le 16 avril 1393 (ibid., p. 453). Le président catholique était Pierre de Sabatier.
2. Voye^ Bibl. nat., ms. Fr. 3387, f° 64 : il notifie à Montmorency la joie causée par la signature de ÏEdit de 'Nantes et demande qu'on en hâte la publication et la vérification, 21 avril 1 598. — Fos 21 et 68 : sur l'assemblée des Eglises de Languedoc et Haute-Guyenne, 10 avril 1399. Ibid., 3562, f° y 3 : nécessité d'augmenter le nombre des catholiques delà Chambre, 1 S sept. 1398. F0 38 : la compagnie n'est pas payée de ses gages, 18 sept. 1399. Il y eut conflit entre du Fresne et l'évêque {août 1399) pour savoir lequel d'entre eux devait présider la dispute entre le P. Gonteri et le ministre Gigord {Gâches, p. 466).
3. A Paris, par G. Périer, 1398, in-40. Recueillis par S. Bonencontre, à Mont au ban, 1397.
4. Lett. miss., t. IV, p. 368, S juin 1393. En 1396, du Fresnes lui envoie l'arrêt du Parlement de Bordeaux sur l édit de paix de 1377, ibid., p. 628. Le 18 août 1600, le roi l'envoie auprès de Rosny pour régler une question de résignation d'office au Parlement, t. V,p. 279 et 2S0.
INTRODUCTION xxi
ploya dans la guerre de Savoie1, et enfui le désigna pour aller à Marseille, en compagnie du connétable et du chancelier, assister au débarquement de la nouvelle reine de France, Marie de Médias".
L'ancien huguenot avait imité son roi et s'était fait catholique. Choisi par Henri IV pour être l'un des juges de la célèbre dispute de Fontainebleau, il se déclara convaincu par les arguments que du Perron opposait à du Plessis- Momay; il abjura entre les mains de l'évêque de Paris, et sa femme Renée de Courcillon l'imita. La conversion d'un si haut personnage fit grand bruit, et le pape adressa un bref aux deux époux, le 12 octobre.
Ce n'est pas ici le lieu de rechercher si cette conversion fut sincère, ou si, comme l'en accusèrent ses anciens amis, et en particulier Casaubon3, elle fut le prix anticipé dont il paya son ambassade à Venise. Ce qu'on ne saurait admettre avec Regnault, c'est qu'il pensât à se convertir depuis quatorze ans : le même Regnault ne dit-il pas qucTOrganc, publié onze ans seulement avant la conversion, est une œuvre toute huguenote ?
Sincère ou non, le nouveau catholique eut ce mérite rare de rester tolérant. Qu'il écrive à des réformés, comme le ministre de Fages et ses anciens collègues de Castres, Boucaud et Fignoles, ou à des jésuites comme le T. Gon-