‹ Le voyage du Levant. Publié et annotéChapitre 41 sur 68 · Eyyoub Enssary. (Notes de M. Schefer · texte numérisé non relu

Eyyoub Enssary. (Notes de M. Schefer

VOYAGE DU LEVANT irr

mais sans aucune autorité certaine. En ce bourg on fait du lait caillé ' aussi délicieux qu'à Padoue.

De là, montés en barque, nous allions vers la maison, joyeux au delà de toute expression d'avoir vu toutes les choses dont la seule renommée (et non désir de gain ou commandement de roi)nous avait poussés à un si grand voyage. Puis en considérant toutes les qualités de ce port, il ne nous parut moins digne d'éloges ou d'admiration que rien de ce que nous avions vu auparavant, tant pour sa grandeur, car il est long de 40 stades, que pour sa sûreté et commodité pour les plus grands bateaux du monde, qu'on y peut décharger au moyen d'une seule planche mise en terre, et pour la grande quantité de poissons qu'il nourrit: si bien que les dames de leurs fenêtres les pèchent tout à leur aise.

Ce port est aussi fort remarquable à cause de l'arsenal; ce n'est pas l'industrie humaine, mais la nature qui l'a choisi comme la plus commode et sûre station de galères ou navires qui soit au monde: on les construit sur le rivage même, et à peine sontils terminés qu'avec la plus grande facilité on les lance à la mer. Il y a environ deux cents voûtes séparées, sous chacune desquelles on peut faire une galère, comme cela se voit à l'arsenal de Venise2. Mais

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