Youghourt (Note de M. Schefer
2. Geuffroy (f° P, III) : « Hz ont tant de boys pour faire navires qu'ilz veullent et de bon '>. Barbara, p. 305 : « E potrebbe con molta facilita far molti altri corpi di navi d'ogni génère per l'abbondanza deilegnami che trae
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ce qui est le plus merveilleux dans ce port est que la nature l'a placé de telle façon que les bateaux peuvent entrer et sortir par tous les vents sans rames ni voiles, portés seulement par le cours de l'eau, laquelle dans le Bosphore monte sur une rive et descend sur l'autre. Et tous les jours nous voyions dans ce port des barques aller et venir du golfe de Nicomédieet d'autres lieux voisins, ayant toutes le vent favorable: chose à faire perdre certainement la tête à un Aristote.
Et comme à ce moment le Grand Turc préparait saflotte1, l'arsenal était tout plein, et l'on voyait tant de galères, galéasses, caramoussails et autres vaisseaux de toute espèce dans ce port, qu'il ressemblait à une grande forêt d'arbres que quelque tempête aurait dépouillés de tous leurs ornements. Le Pacha delà mer qui se nomme maintenant Ali-pacha (mais d'abord il s'appelait Vlachi Ali, ce qui veut dire Ali le renégat)"2, y tient son divan, où l'on voit continuelle-
dal Mar maggiore. E si è veduto, che quando gli fu data la gran rotta, in sei mesi rifabbrico cento venti galère, oltre quelle che si trovavano in essere, cosa che essendo preveduta e scritta da me, fu giudicata piuttosto impossible che creduta . . » Arrès la défaite de Lépante, Sultan Sélim fit agrandir l'arsenal, auquel on ajouta huit cales voûtées (Hammer, t. VI, p. 430).
1. Dès le 8 janvier 1573 Présault avertissait Noailles « quele G. S. faict par terre et par mer plus grands préparatifs de guerre pour l'an prochain qu'on ait jamais veuz en cest empire ». Barbaro évalue à trois cents (dont quatorze mahones) le nombre de vaisseaux qui étaient à l'arsenal à la lin del'année. Nous reviendrons plus loin sur la marine turque.
2. Vlachi-Aly, ou Ucchiali, était un Calabrais qui fut pris par Dragut (Garzoni, p. 383). A la suite d'une querelle avec un autre esclave chrétien, il se fit Turc, fut nommé reis d'une galère et devint le favori dePiali.
ment compter et peser aspres et sultanins. A côté de l'arsenal le Grand Seigneur a un beau et grand jardin, ou comme nous dirions une vigne, où il va souvent pour se divertir. Nous débarquâmes vers le soir à Topana et de là nous montâmes à notre maison, aussi contents que brisés de la fatigue endurée à marcher si longtemps par cette chaleur, ayant vu Constantinople d'un bord à l'autre et de la première colline jusqu'à la septième et dernière.
Et maintenant je ne parlerai plus de colonnes ou de mosquées, mais de quelque sujet plus gai, pour nous remettre un peu de notre lassitude d'hier. Je raconterai donc les noces d'un très riche marchand pérote, nommé Scudi, qui prit pour femme une riche et belle jeune fille de sa cité. Comme je désirais voir les coutumes des Pérotes dans ces alliances, et que toujours la compagnie des dames m'a paru agréable, j'allai voir ces noces. A la porte de la maison se tenaient pour la garder quelques janissaires. Toutes les dames étaient réunies en une salle où il y avait des bancs pour les hommes comme pour les dames. Elles étaient toutes rassemblées en une troupe,
D*abord vice-roi d'Alger (Chamère, IILp. 185), il étaitgénéral de mer depuis 1572 (ibid., p. 251). Piali s'était pourtant plaint que son lieutenant l'eût abandonné en 1572 dans une tempête prés de Corfou et il avait essayé de lui ravir le généralat que Mehemed voulait donner à un neveu; mais ils échouèrent. Vlachi-Aly était d'ailleurs digne de la faveur dont il jouissait, « poichè egli è quello che ha rimesso in piede la milizia di mare dopo la roua, e ogni giorno attende con tutti li suoi assiduamente all'arsenale ».
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et les hommes occupaient une autre partie de la pièce. Ces Pérotes, habillées toutes comme si elles étaient issues des Royaux de France1, étaient assises autour du trône de la nouvelle épousée, sans se parler, ni rire, ni tourner les yeux à droite et à gauche comme font les autres femmes, mais avec une grande majesté écoutaient les chants et les sons d'une harpe grecque, qui me paraissaient pourtant plutôt funèbres qu'en accord avec le joyeux hyménée. La jeune mariée, à la façon des reines du Catay, était assise sous un baldaquin d'or avec une couronne en tête: elle semblait une Diane au milieu de ses plus gracieuses et chastes nymphes 2. L'éclat de ses perles, rubis et joyaux m'éblouissait si bien qu'à peine pouvais-je compter ou juger ses charmes. En outre, ses cheveux d'or pur retombant sur ses blanches et délicates épaules avaient je ne sais quoi des plus brillants rayons du soleil vers l'heure de midi, ces rayons que l'œil mortel ne peut guère regarder. Seulement je me rappelle qu'elle tenait les mains cachées sous un mouchoir qu'elle avait attaché sous sa poi-
i. Du Fresne fait ici allusion aux Reali di Francia. Ce célèbre livre populaire italien eut Je nombreuses éditions de son temps. D'après Pio Rajna (Ricerche intorno ai Reali di Francia, 1872, collection des Testi di lingua), la première édition imprimée connue de la compilation d'Andréa de' Mangabotti da Barberino est celle de Modène 149 1; puis viennent Florence, 1496; Venise, 15 11; Venise, 1532, 1537, 1546.
2. Postel, p. 14 : « ...l'habit brave des Perottes... Je ne veus point ici réciter la braveté des Perottes, car il me faudrait une Royne ancienne pour comparaison... » Voy. Nicolay, pi. 80 et 81, Femme et Fille d'estat grecque de Fera.